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Reconnaissance
du gouvernement tibétain en exil
Ministère de dépôt: Affaires étrangères
Question écrite Nº 27477 du 07/09/2000 avec réponse posée par HURIET
(Claude) du groupe UC.
M. Claude Huriet appelle l'attention de M. le ministre des affaires étrangères
sur la résolution du 6 juillet 2000 du Parlement européen sur l'avenir
du Tibet. Dans cette résolution, le Parlement européen " invite les Etats
membres à examiner sérieusement la possibilité de reconnaître le gouvernement
tibétain en exil comme légitime représentant du peuple tibétain si, dans
un délai de trois ans, les autorités de Pékin et le gouvernement tibétain
en exil ne sont pas parvenus à un accord sur un nouveau statut pour le
Tibet par le biais de négociations organisées sous l'égide du secrétaire
général des Nations unies ". Au moment où la France préside le Conseil
de l'Union européenne, il souhaiterait connaître la position du Gouvernement
français sur cette proposition précise et le délai dans lequel il pourrait
proposer l'application à ses partenaires européens. Cette proposition
lui semble en effet s'inscrire aussi bien dans le cadre du " dialogue
critique " que l'Europe poursuit avec la Chine, que dans celui d'une recherche
de solution pacifique et négociée à la question du Tibet.
Ministère
de réponse: Affaires étrangères - Publiée dans le JO Senat du 02/11/2000.
Réponse. - La position de la France sur la question du Tibet est bien
connue. Lors de la reconnaissance du gouvernement de la République populaire
de Chine en 1964 dans ses frontières actuelles, la France, comme la totalité
des Etats ayant depuis engagé des relations diplomatiques avec ce pays,
a reconnu que le Tibet faisait partie de la Chine. L'Assemblée générale
des Nations unies n'a pas contesté l'intégrité territoriale de la République
populaire de Chine en admettant ce pays, en 1971, à l'ONU. Le Dalaï Lama,
comme il l'a indiqué lui-même à plusieurs reprises et encore récemment
lors de sa visite pastorale en France en septembre 2000, ne revendique
pas un statut d'indépendance pour le Tibet, mais la garantie d'une autonomie
véritable, respectueuse de l'identité tibétaine. Une reconnaissance du
gouvernement tibétain en exil pourrait apparaître contradictoire avec
ces objectifs déclarés du chef spirituel tibétain. A la connaissance de
ce ministère, le Dalaï Lama n'a jamais formulé une telle demande, ni par
ailleurs sollicité la médiation des Nations unies pour nouer des négociations
avec les autorités chinoises. La France, comme ses autres partenaires
de l'Union européenne, est attachée à ce que des discussions s'ouvrent
entre les autorités chinoises et le Dalai Lama, prix Nobel de la Paix
en 1989 et personnalité internationalement reconnue pour son ouverture
et sa modération. Lors de la visite d'Etat en France du président Jiang
Zemin en octobre 1999, le Président de la République, qui se rend lui-même
en Chine en octobre 2000, a souligné tout l'intérêt qui s'attacherait
à l'ouverture d'un tel dialogue. La France attire régulièrement (Commission
des droits de l'homme de l'ONU, sessions du dialogue euro-chinois sur
les droits de l'homme, rencontres bilatérales, missions annuelles au Tibet
de notre ambassadeur) l'attention des autorités chinoises sur la préservation
de l'identité et de la spécificité culturelles et religieuses tibétaines
et le respect des droits individuels et collectifs. Enfin, la question
tibétaine figure parmi les sujets de préoccupation de l'Union européenne
définis dans les conclusions du conseil affaires générales du 20 mars
2000 et a été évoquée, fin septembre, à l'occasion de la dernière session
du dialogue euro-chinois sur les droits de l'homme.
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