III° SEMINAIRE EUROPEEN SUR LE TIBET
PLEINE AUTONOMIE POUR LE TIBET DANS LES TROIS ANS OU RECONNAISSANCE INTERNATIONALE DU GOUVERNEMENT TIBETAIN EN EXIL

Parlement européen - Bruxelles, 7-8 décembre 2000

Intervention à titre privé de Mme Cristina Funes-Noppen, Commissaire Spécial du Gouvernement belge pour la Coopération Internationale


"Je voudrais avant tout féliciter le Parlement européen pour la résolution adopté le 6 juillet dernier. J'espère que les parlements des Etats membres prendront rapidement leur responsabilités et feront leur cette résolution. Cette résolution, comme vous le savez invite le Secrétaire général des Nations unies à faciliter les négociations entre Pékin et le Dalaï Lama afin qu'elles aboutissent à une vraie autonomie du Tibet.

Il est important ici de rappeler qu'en effet la Région autonome du Tibet ne couvre qu'une partie du Tibet, l'Amdo et le Kam en sont exclus. Il est aussi important de rappeler que l'autonomie recherchée par le peuple tibétain, par son gouvernement en exil et par le Dalaï Lama est de nature bien différente de la soi disante autonomie régionale accordée actuellement par Pékin.

Il me paraît également important que le Parlement européen puisse non seulement informer le Secrétaire général des Nations unies de cette résolution, mais se fasse entendre d'une façon ou d'une autre devant l'Assemblée générale sur la question du Tibet. Il serait utile, je crois, que ce séminaire examine et réfléchisse sur la façon la plus appropriée de le faire, tant au niveau procédural qu'au niveau contenu.

Je souhaiterais lancer un appel aux médias dont le rôle est essentiel pour garder vivante une cause, de faire en sorte que l'opinion publique et que les femmes et les hommes politiques n'oublient pas le drame continu que connaît le peuple tibétain. Que les médias appuient l'initiative du Parlement européen et invitent tous les parlements du monde libre à adopter des résolutions similaires.

Dans les amendements présentés en début de séance par Olivier, je tiens à soutenir la proposition de créer un groupe de travail sur la réalité commerciale entre l'Europe et la Chine. Nombre de craintes de certains milieux industriels et politiques occidentaux d'antagoniser la Chine devraient logiquement tomber tout naturellement sur base des résultats objectifs des travaux de ce groupe. Le glissement de Pékin vers Delhi en tant que centre privilégié en Asie de nos intérêts commerciaux est non seulement souhaitable au niveau politique et au niveau des principes mais apparaîtra également couler de source sur base des résultats des travaux de ce groupe. Il me reste, Olivier, à vous remercier d'avoir organisé ce séminaire et j'espère que la prise de position courageuse du Parlement européen va finalement enclencher une réaction qui aboutira à des négociations effectives et à une vraie autonomie du Tibet."