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SIDA:
Un retard tragique par Gaetano Benedetto SOMMAIRE:
Les initiatives radicales pour promouvoir et solliciter le lancement d'une
campagne - correcte et efficace - d'information et de prévention
du SIDA. En 1983,
pour la première fois, certaines associations, parmi lesquelles
le FUORI!, convoquaient une conférence de presse sur le phénomène
du Sida; le prof. Aiuti faisait partie des rapporteurs. En mai 1987, un concours réservé aux agences de publicité était convoqué pour décider la campagne que le ministère aurait dû adopter. En avril
1988, les résultats des gagnants du concours étaient diffusés. Le 4 juin nous avons distribué devant de nombreux lycées des dix villes italiennes les plus atteintes par le phénomène du Sida un tract (que nous proposons de nouveau dans ce journal) et plusieurs milliers de préservatifs. Les villes concernées furent: Turin, Milan, Vérone, Padoue, Ravenne, Bologne, Florence, Rome, Naples et Bari. L'objectif
de l'initiative était claire: mettre ultérieurement en demeure
l'immobilisme du ministère et fournir une réponse concrète
au faux moralisme de ceux qui, jusqu'à présent, ont retardé
toute initiative publique. Nombreuses furent les polémiques sur l'opportunité d'utiliser ou non le terme "prophylactique" dans le cadre de la campagne ministérielle. Puisque toutes les agences de publicité interpellées ont jugé opportun de proposer un spot relatif à l'utilisation du prophylactique et puisque des messages dans ce sens avaient été sollicités au ministre par de nombreux groupes politiques, Donat Cattin avant de décider à jugé nécessaire de demander un avis à l'Institut supérieur de santé. L'Institut, intelligemment, a communiqué au ministre qu'il n'était pas opportun d'utiliser le terme «prophylactique» puisque le mot à utiliser est en effet «préservatif», celui-ci étant le terme que la plupart des gens comprennent. Avec notre tract les mots «préservatif», «pénis», «érection» ont finalement fait leur entrée, pas trop officielle, dans les écoles. Nous avons voulu présenter aux étudiants les indications fournies par l'American Medical Association. Ce n'est pas uniquement une provocation mais plutôt la tentative de favoriser certains comportements qui tout en étant élémentaires ont souvent lieu de façon impropre. Il est très fréquent, par exemple, de trouver des gens qui mettent un préservatif après avoir commencé un rapport et donc uniquement pour contenir l'éjaculation: cette habitude ne sert évidemment à rien dans la prévention du Sida. Voilà pourquoi un peu partout dans le monde il est devenu nécessaire de fournir des indications précises également sur les modalités d'utilisation du préservatif. Même
sans en venir à ce qui se passe au Danemark, où l'on diffuse
un spot dans lequel un couple d'adolescent montre comment utiliser correctement
le prophylactique, nous croyons que le monde des jeunes doit être
affronté avec des messages clairs et qui ne peuvent être
mal compris. En Italie, nous n'en sommes même pas aux demi-mots. "La politique inepte du gouvernement en matière de Sida est la première cause de la diffusion de la maladie en Italie, qui est devenue en trois ans le deuxième pays d'Europe après la France (de cinquième qu'elle était) eu égard au nombre de citoyens atteints du Sida (1750 cas et au moins 150.000 séropositifs)". Le Sida ne connaît pas de soins: la seule possibilité de prévention consiste dans l'information. L'absence d'une information correcte et sans tabou est donc un comportement criminel. Le ministre Donat Cattin s'est spécialisé dans des affirmations et des initiatives catastrophiques: il a d'abord empêché des campagnes d'information dans les écoles, craignant que l'on parle de «rapports anaux»; il a ensuite nié l'utilité de parler des préservatifs, car il ne sont sûrs qu'à 80-90% et car on aurait fait de la publicité aux sociétés qui les produisaient; il refusa ensuite de parler avec les associations des homosexuels, ne voulant pas parler avec des «pervertis»; après la constitution ultra-tardive de la Commission pour la lutte contre le Sida, il déclara: «A partir de maintenant celui qui attrape le Sida, c'est parce qu'il est allé se le chercher»; dans diverses circonstances il déclara qu'il existe deux façons pratiques de ne pas attraper le Sida: l'abstention ou la masturbation; il a déserté la Conférence de Londres contre le Sida et expulsé de la Commission le professeur Aiuti, très qualifié mais gênant. Dans les prochains jours nous déposerons une motion parlementaire dans laquelle nous demandons dans le dispositif des mesures et des initiatives concrètes et urgentes; et dans les prémisses nous parcourons de nouveau les négligences et les responsabilités du ministre de façon à solliciter un vote de désaveu politique de la part du Parlement. Mais notre
objectif politique est et reste une information directe, sans médiations
ni circonlocutions, s'adressant avant tout aux gouvernements, vu certaines
donnés qui font particulièrement réfléchir:
en Italie, 64,8% des malades du Sida sont toxicomanes, 69,5% des toxicomanes
ont entre 13 et 20 ans, plus de 70% de tous les cas de Sida enregistrés
dans notre pays concernent des jeunes de 20 à 29 ans. Il apparait
donc évident que l'enseignement secondaire, y compris la tranche
d'age immédiatement au-dessus de celle qui est la plus atteinte
et la plus exposée au phénomène de la drogue, apparait
comme un canal d'information fondamental et incontournable. Avec notre initiative nous avons voulu donner trois signaux précis: l'école doit être le terrain privilégié de toute campagne de prévention qui entend être sérieuse; il faut s'adresser aux jeunes de façon directe et avec des mots clairs: le problème de l'information sexuelle dans les écoles est désormais un argument à affronter de façon résolutive. A propos de cette politique réticente et hypocrite, la réponse de la RAI de diffuser le soir tard les émissions d'information sur le virus est éloquente; éloquente aussi la lettre de onze pages (qui est prête désormais depuis près d'un an) que le ministère de la Santé entend envoyer à toutes les familles italiennes. Le monde des adultes, et notamment des parents, est choisi comme médiateur de cet argument: parler de sexe aux jeunes est encore un tabou. |