| SÉANCE DU LUNDI 4 FÉVRIER
2002 Rapport Oostlander Trafic de drogue Dupuis (NI). - Monsieur le Président, chers collègues, samedi soir en Italie un jeune garçon de 18 ans, Alessandro Macioci, est mort. Il s'est suicidé en inhalant les gaz d'échappement de sa voiture, parce qu'il avait été accusé, Monsieur Oostlander, de trafic de drogue, la police ayant trouvé dans ses poches 2,5 g de haschisch. Tels sont les faits, Monsieur Oostlander, ce n'est pas de la littérature. C'est en ce sens que les polices de différents États membres de l'Union européenne interprètent la politique que vous nous proposez contre la grande criminalité et c'est en ce sens qu'est interprétée l'harmonisation que vous proposez. Cette harmonisation est, contre toute logique, une ingérence dans les affaires des États membres de l'Union européenne, c'est le déploiement de politiques absurdes - d'un pays comme la France, par exemple - et la contrainte pour des États qui, enfin, commencent à comprendre. Disant cela, je songe à l'État auquel vous appartenez, les Pays-Bas, dont vous n'avez pas approuvé la politique, mais aussi, aujourd'hui, à la Belgique, au Portugal, à l'Espagne, où des collègues du PP espagnol font, à Madrid, des expériences tout à fait intéressantes en matière de réduction des risques. Cette politique-là, évidemment, nous ne pouvons pas l'harmoniser. Ce que nous devons harmoniser, c'est toujours le pire, c'est une approche tout à fait libertine de la loi, Monsieur Oostlander, parce que vous, vous proposez des lois qui ne sont pas applicables. Les libéraux et les "libertaires" veulent des lois qu'il est possible de faire appliquer: mais vous c'est le libertinage avec la loi. Mais vous, depuis trente ans, votre politique a produit, jour après jour, des lois qui n'ont jamais été appliquées. Votre politique détruit en plus des pays entiers, comme la Colombie, la Bolivie, le Pérou, le Laos, la Birmanie. Ces pays sont littéralement détruits par votre politique prohibitionniste sur la drogue. Je crois que, au-delà des tapes amicales sur les épaules que je reçois de nombreux collègues, même du centre droit, Monsieur Oostlander, ces collègues se rendent compte que cette politique prohibitionniste est une politique criminogène, criminelle; ils se rendent compte qu'il faudrait adopter une démarche tout à fait différente. Votre rapport, même si vous essayez d'en limiter la portée, comme vous avez essayé de le faire dans votre commentaire initial, votre rapport va exactement dans l'autre sens. La Commission n'a pas à se mêler de cela. La Commission n'a pas été capable de dire non à M. Arlacchi, à sa gestion criminelle, pendant cinq ans, avec des agents du KGB qui se sont recyclés, avec des généraux russes qui ont fait des trafics: nous le savons tous, ce sont des faits que nous lisons tous les jours dans les journaux. Que la Commission s'occupe des choses dont elle sait s'occuper! Qu'elle commence à regarder dans les rapports de l'UNDCP, mais qu'on ne nous embête pas avec des propositions tout à fait absurdes comme celle-là. Je pense qu'il serait temps que notre Parlement ait le courage de faire preuve d'un peu moins d'hypocrisie, qu'il fasse ce que nos collègues Chris Davies et Marco Cappato ont fait récemment en Grande-Bretagne, que finalement nous démontrions, nous parlementaires, l'absurdité de ces lois. |