Le chef de file des manifestations de Tiananmen contre la levée de l'embargo sur les ventes d'armes




L'étudiant chinois Wang Dan, chef de file des manifestations de Tiananmen en 1989, a exhorté les dirigeants européens à ne pas lever l'embargo sur les ventes d'armes à la Chine, dans une interview au Financial Times publiée mercredi. "Le régime chinois continuant à défendre l'assassinat de manifestants étudiants pacifiques, l'idée que l'Union europénne pourrait décider que davantage d'armes soient disponibles me désespère énormément. Je ne peux qu'espérer que l'Europe entretiendra nos espoirs", dit Wang Dan.

Emprisonné pendant sept ans pour militantisme politique puis exilé aux Etats-Unis, Wang Dan avoue se demander pourquoi quelques dirigeants de l'Union européenne souhaitent lever l'embargo sur les ventes d'armes alors que le gouvernement de Pékin continue de refuser de dire "la vérité" et de "rendre des comptes" sur le massacre de la place Tiananmen le 4 juin 1989.

Wang Dan, qui prépare un doctorat d'histoire à Harvard, estime également que la situation des droits de l'homme en Chine se détériore. L'embargo européen à l'égard de Pékin avait été décrété en juin 1989 après la répression des manifestations en faveur de la démocratie. L'UE maintient son intention de lever à terme cet embargo, mais "il est trop tôt pour dire" si cette levée pourra intervenir avant la fin juin, a déclaré mercredi le Haut représentant européen pour la politique étrangère, Javier Solana. Le président français Jacques Chirac a assuré que la levée de l'embargo européen sur les ventes d'armes à la Chine "ne veut pas dire ventes d'armes" à Pékin, dans une interview au quotidien japonais Asahi Shimbun.