Droits de l'homme: Amnesty appelle l'UE à faire pression sur la Chine




Bruxelles. Amnesty international a appelé l'UE à exercer lors du sommet UE-Chine jeudi à Pékin "des pressions politiques afin d'aboutir à une amélioration concrète de la situation des droits de l'homme", massivement violés dans ce pays selon le dernier rapport qu'elle publie mardi.
"Les graves atteintes décrites dans ce nouveau rapport devraient inciter les dirigeants de l'UE à profiter de leur première rencontre au sommet avec le président Hu Jintao pour revoir de manière radicale la question des droits humains avec la Chine", affirme Dick Oosting, directeur du bureau européen de l'organisation à Bruxelles.
"Jusqu'à présent l'UE a été prisonnière des exigences de la Chine qui insistait sur le respect mutuel et le non affrontement en ce qui concerne les questions de droits de l'homme", estime-t-il.
"En dépit de six années de dialogue sur la question de la peine de mort, la Chine est toujours responsable de plus de 80% des exécutions à travers le monde", note-t-il ainsi.
"Les documents officiels prônant l'adoption de l'injection mortelle comme méthode d'exécution et saluant la création de "chambres d'exécution mobiles permettant de diminuer les coûts tout en étant très performantes" devraient alerter l'UE", ajoute-t-il. Le dernier rapport d'Amnesty dénonce en outre le recours persistant à la "rééducation par le travail" qui permet de maintenir en détention "des centaines de milliers de personnes chaque année sans inculpation ni jugement". La torture et les mauvais traitements "sont largement répandus et restent endémiques", selon Amnesty qui évoque également l'arrestation d'un nombre accru d'utilisateurs d'internet, qualifiés de "cyber-dissidents". Amnesty cite aussi l'intensification de la répression de la communauté ouïghoure à majorité musulmane dans la région autonome du Xinjiang, "sous couvert de mesures antiterroristes", ainsi que l'emprisonnement de nombreux moines et nonnes bouddhistes au Tibet.
L'organisation de défense des droits de l'homme s'en prend également au harcèlement des militants défendant les droits des malades du sida et critique la répression de la secte Falungong. Enfin, Amnesty s'inquiète du sort des demandeurs d'asile nord-coréens menacés d'expulsion vers leur pays et des récentes tentatives de l'administration de Hong Kong qui veut promulguer de nouvelles lois sur les actes de "trahison, sédition, sécession et subversion".