Lettre de demission de parlamentair européen, par Enzo Tortora

Monsieur le President,

Je veux reconnaître, avant tout, l’excellent rapport de la Commission: comme toujours il est, d’ailleurs, lorsque c’est notre collegue Donnez a en être l’auteur.

Et voici, Monsieur le President : j’ai dans cette lettre mes demissions de parlamentair. Je vous la consignerais, dans le cas où la résolution de la Commission Giuridique, autorisant la poursuite de mon procés, ne sarait pas adoptée par l’Assemblée.
Mais, j’en suis certain, vous allez, nous allons tous ensemble, permettre le droit, et non seulement le devoir d’un citoyen tel que je suis, d’ être acquitté, ou condamné, à partir du moment où la justice le poursuit.

J’ai deja dit comme les Radicaux, que j’ai l’honneur de répresenter dans cette bataille pour l’egalité des citoyens devant la loi, ne desiderent que cela : la possibilité de demontrer que chaque citoyen, parlamentair ou non, a le devoir, le devoir sacré, de se presenter devant ses Juges, d’exiger la Justice. Là, bien entendu, où l’Etat de Droit existe encore.

Les delits qu’on ma imputé, delits infames et infamants, n’ont rien à faire, du moins au debut (je le repète : au moins au début) avec des poursuites politiques.

Dans le respect plus grand de la liberté de chacun, je repète ici que les principes de l’immunité (institut crée pour defendre la Liberté, et non pour cacher des malfateurs) ne sont pas en cause.
Vous le comprenez très bien, j’en suis sûr.

Mais à mes collegues italiens, si vous le permettez, Monsieur le Président, je veux adjuter une prière particulière.
Aujourd’hui l’Italie ne regarde pas seulement à moi : elle regard, avec attention extrème, à vous aussi.
Quelque chose d’horrible, quelque chose de dangereux se passe dans nôtre Pays, à l’égard des lois, qui sont souvent à l’abri de procedures folles, à l’abris de criminels ainsi dits « repentis ».
Eh bien, mes chers collegues italiens : si cette situation est vrai, et elle est vrai, on la change en reconduisant la Magistrature à ses limites avec des lois, avec des reformes du Côde, et non avec des escamotages, des trucs, des inconcevables privilèges comme ceux de l’immunité qui deviendrait, dans ces cas, une authentique impunité.
Je vous remercie pour vôtre vote : je vous rappelle seulement qu’aujourd’hui, le 10 decembre, quelque chose peut changer, dans le style de faire politique dans notre Pays.
Nous en avons besoin : un extrême besoin.
Merci.

Enzo Tortora

Strasburgo, Parlamento Europeo : 10 dicembre 1984.