La RDPL vivement critiquée par l'ONU pour discrimination à l’encontre des minorités ethniques


MLDH

Paris. Le Mouvement Lao pour les droits de l'Homme (MLDH) et la Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’Homme (FIDH) se félicitent des observations finales adoptées le 9 mars 2005 par le Comité pour l'élimination de la discrimination raciale (CERD) des Nations Unies. Le Comité critique la République démocratique populaire lao (RDPL) pour sa politique répressive à l'encontre des minorités ethniques et formule des recommandations afin que les libertés et les droits des minorités soient effectivement respectés au Laos.

Dans ses observations finales sur le respect par la RPDL de ses obligations au titre de la Convention sur l’élimination de la discrimination raciale, le CERD demande aux dirigeants de la RDPL de créer "une institution nationale des droits de l'Homme" en RDPL, de permettre "l'émergence d'ONG nationales indépendantes", de développer l'éducation et la formation professionnelle dans la langue maternelle des personnes appartenant à des groupes ethniques, de "veiller à ce que toutes les personnes jouissent de leur droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion, sans discrimination", et "d’introduire dans les établissements scolaires des programmes d’éducation aux droits de l'homme".

S'agissant de la situation des Hmong, le CERD se déclare "préoccupé par des allégations persistantes faisant état d’un conflit entre le gouvernement et une partie de la minorité Hmong" et "par des informations selon lesquelles des exactions seraient commises contre des membres de la minorité Hmong, en particulier par des allégations selon lesquelles des soldats auraient brutalisé et tué un groupe de cinq enfants Hmong le 19 mai 2004".

Le Comité invite la RDPL à "trouver au plus vite une solution politique et humanitaire à cette crise, et créer les conditions nécessaires à l’ouverture d’un dialogue avec ce groupe", et à "permettre aux organes des Nations Unies de protection et de promotion des droits de l’homme d’accéder aux régions dans lesquelles des membres de la minorité Hmong ont trouvé refuge".

Le MLDH, qui a été invité par la FIDH à assister à la session du CERD à Genève, partage totalement les préoccupations du Comité de l'ONU et appelle à nouveau les dirigeants de la RDPL à respecter les droits fondamentaux du peuple laotien, y compris les droits des minorités ethniques, et à arrêter immédiatement la répression contre les populations lao-hmong, pourchassées dans la jungle laotienne depuis 1975.

Nous espérons que la récente coopération des autorités laotiennes avec le CERD sera suivie par la mise en œuvre pleine et entière des recommandations adoptées par cet organe des Nations Unies. C’est une étape indispensable à une meilleure protection des minorités au Laos. Nous appelons également la communauté internationale à se faire le relais des préoccupations exprimées par le CERD.

(L'intégrale des conclusions du CERD consultables sur les sites http://www.un.org ou http://www.mldh-lao.org)