Tina Lagostena Bassi.
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La communauté internationale accentue sa pression sur le pouvoir ukrainien
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- 24/11/2004
- Le Monde
La Commission électorale centrale doit rendre les résultats définitifs de l'élection présidentielle, mercredi 24 novembre, en milieu d'après-midi. Les Etats-Unis, l'Union européenne et l'OSCE ont fait part de leur profonde inquiétude et demandent aux autorités ukrainiennes de reconsidérer la victoire annoncée de Viktor Ianoukovitch. L'opposition refuse de négocier tant que le pouvoir n'aura pas admis l'existence de fraudes. Elle craint aussi un "coup de force" de la part du gouvernement.
Pour la troisième journée consécutive, plusieurs dizaines de milliers de manifestants sont descendus, mercredi 24 novembre, dans les rues de Kiev pour clamer leur soutien à l'opposant Victor Iouchtchenko.
Les partisans du premier ministre, Victor Ianoukovitch, candidat du pouvoir, soutenu par Moscou, se sont réunis pour leur part près du stade du Dynamo de Kiev, mais en nombre beaucoup plus modeste puisqu'ils n'étaient que 1 500 environ.
Les premiers résultats communiqués donnent le candidat du pouvoir gagnant, avec 49,42 % des voix contre 46,69 % à Iouchtchenko. Alors que la Commission centrale électorale doit publier, vers 15 heures, les résultats définitifs du scrutin, la pression internationale s'accroît pour dénoncer les fraudes électorales massives.
M. BARROSO S'ADRESSE AUX AUTORITÉS RUSSES
Le chancelier allemand, Gerhard Schröder, a joint sa voix à tous ceux qui dénoncent le fonctionnement du scrutin. "Je ne remets pas en question ce qu'a dit l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), à savoir que des fraudes massives ont entaché le scrutin ukrainien", a déclaré le chef du gouvernement allemand.
Engageant les autorités ukrainiennes à ne pas proclamer les résultats tant que les accusations de fraudes n'auront pas fait l'objet d'investigations, les Etats-Unis ont pareillement contesté le déroulement de l'élection du dimanche 21 novembre, qui offre comme une réminiscence des affrontements de la guerre froide.
La question devrait dominer le sommet UE-Russie, prévu jeudi 25 novembre à La Haye. Le président de la Commission européenne, José Manuel Durao Barroso, a affirmé qu'il y exprimerait "haut, clair et fort" le désaccord des Européens avec le déroulement des élections en Ukraine.
"En faisant cette déclaration, nous avons l'intention que l'on trouve une solution, que l'on évite les violences, et donc cette déclaration doit être vue dans un esprit constructif. C'est ainsi que demain, nous transmettrons ce message aux autorités russes", a souligné M. Barroso. "Je ne parle pas seulement au nom de la Commission mais je pense interpréter également le sentiment général de toutes les institutions européennes et des Etats membres", a-t-il ajouté.
A Bruxelles, le Haut Représentant de l'Union européenne pour la politique étrangère et de sécurité commune, Javier Solana, a souligné que l'Ukraine courait un véritable risque de violences. "Ce pays est maintenant à la croisée des chemins. Nous ne pouvons exclure une explosion de violence", a-t-il dit devant la commission des affaires étrangères du Parlement européen. Pour sa part, le président de l'Organisation de sécurité et de coopération en Europe (OSCE), Solomon Passi, a appelé, mercredi 24 novembre, les autorités ukrainiennes à enquêter sur les irrégularités électorales en vue de les corriger. Il a, par ailleurs, appelé "toutes les parties en Ukraine à mener un dialogue pacifique et à s'abstenir de violence et de déclarations encourageant la violence". M. Passi s'est également déclaré "inquiet qu'aux deux tours de l'élection présidentielle en Ukraine, comme l'ont constaté les observateurs internationaux, les engagements pris auprès de l'OSCE n'ont pas été respectés".
Seule les autorités russes ont apporté leur soutien au candidat pro-russe. Après Vladimir Poutine, mardi 23 novembre au soir, c'est la Douma (chambre basse du Parlement) qui a exprimé, mercredi, "sa profonde inquiétude" à l'égard des "actions illégales" perpétrées par l'opposition ukrainienne. Les députés russes "expriment leur profonde inquiétude à l'égard des actions illégales des forces d'opposition en Ukraine qui peuvent conduire à des conséquences tragiques pour notre peuple frère", écrivent-ils dans un texte adopté à la majorité absolue. Six députés russes se sont abstenus de voter et aucun n'a voté contre ce texte adopté par 423 députés.
L'OPPOSITION POSE SES CONDITIONS
Face à l'ampleur de la contestation, le président sortant, Leonid Koutchma, a demandé à toutes les parties d'ouvrir immédiatement des discussions pour mettre un terme à la crise. "La farce politique qui est à l'œuvre (...) est très dangereuse et peut conduire à des conséquences inattendues", ajoute-t-il dans un communiqué.
L'opposition ukrainienne a exclu de négocier avec le pouvoir autre chose que les modalités de la passation de pouvoirs, rejetant de facto l'appel au dialogue de M. Koutchma. "Nous n'allons mener aucune négociation avec Ianoukovitch (le premier ministre pro-russe donné vainqueur de la présidentielle) et les gens qui l'entourent", a déclaré l'un des leaders de l'opposition, Mykola Tomenko, devant des dizaines de milliers de manifestants sur la place de l'Indépendance. L'opposition exclut toute forme de négociation tant que la commission électorale n'aura pas admis l'existence de fraudes massives.
M. Ianoukovitch a lui aussi écarté en substance la nécessité d'un dialogue avec l'opposition. "Il n'y a rien d'extraordinaire en cours. Nous devons continuer à remplir nos tâches constitutionnelles et poursuivre les activités de l'Etat", a-t-il dit, indiquant qu'il ne se soumettrait qu'à "une décision légitime" de la Commission électorale.
Le ministre de la défense ukrainien, Olexandre Kouzmouk, a appelé, mercredi 24 novembre, dans un communiqué, les forces armées, "à un moment aussi grave pour le pays", à garder leur calme et à "remplir leur devoir constitutionnel". Le ministre a également déclaré que l'élection présidentielle controversée de dimanche a respecté "la loi", dans un message adressé aux militaires ukrainiens.
RISQUE DE VIOLENCES
Les manifestations de Kiev, qui se déroulent sous la neige tombante, n'ont pour l'heure pas dégénéré en affrontements. Mardi soir, les partisans de l'opposition, ceints de foulards et d'écharpes orange, ont préféré renoncer à leur projet de marcher sur la présidence, aux abords fermés par les forces anti-émeutes. Mercredi, le ministre de la défense a certifié que les manifestations n'induiraient aucun mouvement de troupes.
"En dépit de toutes les rumeurs et de toutes les déclarations provocatrices, je veux vous assurer qu'il n'y a eu aucun mouvement de troupes ou d'équipements militaires non programmé et qu'il n'y en aura pas à l'avenir", déclare-t-il dans un communiqué.
Mais le candidat de l'opposition, Viktor Iouchtchenko, a accusé le pouvoir de préparer un "coup de force" contre l'opposition. "Le pouvoir veut contraindre le peuple à la soumission en employant la force. Il veut le faire en se servant de vous et de vos armes", a écrit l'opposant pro-occidental Viktor Iouchtchenko dans un message adressé aux "soldats, policiers, commandants et chefs des forces armées et de sécurité".
"J'en appelle aux commandants des forces de sécurité, vous avez la responsabilité de maintenir l'ordre public et d'empêcher une tragédie. Vous devez empêcher tous les hommes sous votre commandement d'utiliser la force contre le peuple", a-t-il ajouté.
Victor Ianoukovitch, a pour sa part récusé le bien-fondé de ces manifestations de rue. "Il n'existe aujourd'hui aucune raison pour que les gens envahissent les rues", a-t-il déclaré lors d'une réunion gouvernementale.
Pour la troisième journée consécutive, plusieurs dizaines de milliers de manifestants sont descendus, mercredi 24 novembre, dans les rues de Kiev pour clamer leur soutien à l'opposant Victor Iouchtchenko.
Les partisans du premier ministre, Victor Ianoukovitch, candidat du pouvoir, soutenu par Moscou, se sont réunis pour leur part près du stade du Dynamo de Kiev, mais en nombre beaucoup plus modeste puisqu'ils n'étaient que 1 500 environ.
Les premiers résultats communiqués donnent le candidat du pouvoir gagnant, avec 49,42 % des voix contre 46,69 % à Iouchtchenko. Alors que la Commission centrale électorale doit publier, vers 15 heures, les résultats définitifs du scrutin, la pression internationale s'accroît pour dénoncer les fraudes électorales massives.
M. BARROSO S'ADRESSE AUX AUTORITÉS RUSSES
Le chancelier allemand, Gerhard Schröder, a joint sa voix à tous ceux qui dénoncent le fonctionnement du scrutin. "Je ne remets pas en question ce qu'a dit l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), à savoir que des fraudes massives ont entaché le scrutin ukrainien", a déclaré le chef du gouvernement allemand.
Engageant les autorités ukrainiennes à ne pas proclamer les résultats tant que les accusations de fraudes n'auront pas fait l'objet d'investigations, les Etats-Unis ont pareillement contesté le déroulement de l'élection du dimanche 21 novembre, qui offre comme une réminiscence des affrontements de la guerre froide.
La question devrait dominer le sommet UE-Russie, prévu jeudi 25 novembre à La Haye. Le président de la Commission européenne, José Manuel Durao Barroso, a affirmé qu'il y exprimerait "haut, clair et fort" le désaccord des Européens avec le déroulement des élections en Ukraine.
"En faisant cette déclaration, nous avons l'intention que l'on trouve une solution, que l'on évite les violences, et donc cette déclaration doit être vue dans un esprit constructif. C'est ainsi que demain, nous transmettrons ce message aux autorités russes", a souligné M. Barroso. "Je ne parle pas seulement au nom de la Commission mais je pense interpréter également le sentiment général de toutes les institutions européennes et des Etats membres", a-t-il ajouté.
A Bruxelles, le Haut Représentant de l'Union européenne pour la politique étrangère et de sécurité commune, Javier Solana, a souligné que l'Ukraine courait un véritable risque de violences. "Ce pays est maintenant à la croisée des chemins. Nous ne pouvons exclure une explosion de violence", a-t-il dit devant la commission des affaires étrangères du Parlement européen. Pour sa part, le président de l'Organisation de sécurité et de coopération en Europe (OSCE), Solomon Passi, a appelé, mercredi 24 novembre, les autorités ukrainiennes à enquêter sur les irrégularités électorales en vue de les corriger. Il a, par ailleurs, appelé "toutes les parties en Ukraine à mener un dialogue pacifique et à s'abstenir de violence et de déclarations encourageant la violence". M. Passi s'est également déclaré "inquiet qu'aux deux tours de l'élection présidentielle en Ukraine, comme l'ont constaté les observateurs internationaux, les engagements pris auprès de l'OSCE n'ont pas été respectés".
Seule les autorités russes ont apporté leur soutien au candidat pro-russe. Après Vladimir Poutine, mardi 23 novembre au soir, c'est la Douma (chambre basse du Parlement) qui a exprimé, mercredi, "sa profonde inquiétude" à l'égard des "actions illégales" perpétrées par l'opposition ukrainienne. Les députés russes "expriment leur profonde inquiétude à l'égard des actions illégales des forces d'opposition en Ukraine qui peuvent conduire à des conséquences tragiques pour notre peuple frère", écrivent-ils dans un texte adopté à la majorité absolue. Six députés russes se sont abstenus de voter et aucun n'a voté contre ce texte adopté par 423 députés.
L'OPPOSITION POSE SES CONDITIONS
Face à l'ampleur de la contestation, le président sortant, Leonid Koutchma, a demandé à toutes les parties d'ouvrir immédiatement des discussions pour mettre un terme à la crise. "La farce politique qui est à l'œuvre (...) est très dangereuse et peut conduire à des conséquences inattendues", ajoute-t-il dans un communiqué.
L'opposition ukrainienne a exclu de négocier avec le pouvoir autre chose que les modalités de la passation de pouvoirs, rejetant de facto l'appel au dialogue de M. Koutchma. "Nous n'allons mener aucune négociation avec Ianoukovitch (le premier ministre pro-russe donné vainqueur de la présidentielle) et les gens qui l'entourent", a déclaré l'un des leaders de l'opposition, Mykola Tomenko, devant des dizaines de milliers de manifestants sur la place de l'Indépendance. L'opposition exclut toute forme de négociation tant que la commission électorale n'aura pas admis l'existence de fraudes massives.
M. Ianoukovitch a lui aussi écarté en substance la nécessité d'un dialogue avec l'opposition. "Il n'y a rien d'extraordinaire en cours. Nous devons continuer à remplir nos tâches constitutionnelles et poursuivre les activités de l'Etat", a-t-il dit, indiquant qu'il ne se soumettrait qu'à "une décision légitime" de la Commission électorale.
Le ministre de la défense ukrainien, Olexandre Kouzmouk, a appelé, mercredi 24 novembre, dans un communiqué, les forces armées, "à un moment aussi grave pour le pays", à garder leur calme et à "remplir leur devoir constitutionnel". Le ministre a également déclaré que l'élection présidentielle controversée de dimanche a respecté "la loi", dans un message adressé aux militaires ukrainiens.
RISQUE DE VIOLENCES
Les manifestations de Kiev, qui se déroulent sous la neige tombante, n'ont pour l'heure pas dégénéré en affrontements. Mardi soir, les partisans de l'opposition, ceints de foulards et d'écharpes orange, ont préféré renoncer à leur projet de marcher sur la présidence, aux abords fermés par les forces anti-émeutes. Mercredi, le ministre de la défense a certifié que les manifestations n'induiraient aucun mouvement de troupes.
"En dépit de toutes les rumeurs et de toutes les déclarations provocatrices, je veux vous assurer qu'il n'y a eu aucun mouvement de troupes ou d'équipements militaires non programmé et qu'il n'y en aura pas à l'avenir", déclare-t-il dans un communiqué.
Mais le candidat de l'opposition, Viktor Iouchtchenko, a accusé le pouvoir de préparer un "coup de force" contre l'opposition. "Le pouvoir veut contraindre le peuple à la soumission en employant la force. Il veut le faire en se servant de vous et de vos armes", a écrit l'opposant pro-occidental Viktor Iouchtchenko dans un message adressé aux "soldats, policiers, commandants et chefs des forces armées et de sécurité".
"J'en appelle aux commandants des forces de sécurité, vous avez la responsabilité de maintenir l'ordre public et d'empêcher une tragédie. Vous devez empêcher tous les hommes sous votre commandement d'utiliser la force contre le peuple", a-t-il ajouté.
Victor Ianoukovitch, a pour sa part récusé le bien-fondé de ces manifestations de rue. "Il n'existe aujourd'hui aucune raison pour que les gens envahissent les rues", a-t-il déclaré lors d'une réunion gouvernementale.











