"comizio in piazza del Popolo per il Si al refrendum sul Divorzio. Enorme banner con su scritto: ""per l'unità della famiglia SI"", palco e folla. (BN)"
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Les droits de l'homme au service de la stabilité en Chine
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A l'heure où la Chine est acclamée comme un futur "grand" sur la scène internationale - atelier du monde, homme dans l'espace, Jeux olympiques de 2008... -, il est des nouvelles que l'on aimerait ne plus devoir lire. Comme celle-ci : quatre jeunes intellectuels (Xu Wei, Yang Zili, Zhang Honghai, Jin Haike), à peine sortis de l'université, ont été condamnés, lundi 10 novembre, en appel à des peines oscillant... entre huit et dix ans de prison. Issus du milieu rural, ils s'étaient dressés contre les injustices que subissent les paysans chinois - racket fiscal, expropriations... - en se contentant de diffuser leurs textes par Internet. Quel intolérable attentat avaient-il commis ? L'un d'entre eux a-t-il réellement jeté l'idée, lors d'une réunion du groupe, de créer un "parti paysan", comme un mouchard l'a rapporté à la police ? Qu'importe. Dans la Chine de 2003, le simple fait d'évoquer cette idée a un prix : une décennie derrière les barreaux.
A l'heure où le G7 fait la cour à la Chine, il est une réalité que George Bush, Jacques Chirac ou Tony Blair devraient ne pas ignorer : on peut encore disparaître sans laisser de traces au cœur de Pékin, capitale hérissée de sièges de multinationales, bourdonnant de chantiers olympiques et où les délégations étrangères se bousculent comme s'il s'agissait de la Mecque d'un nouveau monde.
Où se trouve donc Liu Di, une étudiante en psychologie de 22 ans dont les proches sont sans nouvelles depuis un an ? Surnommée "Souris en acier inoxydable", Liu Di affichait sur Internet des textes d'inspiration libertaire où elle évoquait la "tyrannie en Chine", disait sa soif de "liberté" et de "vérité" et lançait - sur le mode de la pure provocation - l'idée de créer un "parti postmoderne" dépourvu "de règles, de dirigeants et d'organisation". Elle a été arrêtée par la Sécurité d'Etat. On n'en sait pas plus.
Pour avoir pris sa défense, Du Daobin, un fonctionnaire de la province du Hubei, vient lui aussi d'être arrêté. Est-ce l'escalade ? En réaction à sa détention, une pétition diffusée par deux démocrates connus - Yu Jie et Liu Xiaobo - a recueilli plusieurs dizaines de signatures. Quel sort les attend ?
La situation des droits de l'homme en Chine est un sujet qui ne fait plus guère recette. Elle a quasiment disparu des agendas diplomatiques. Autant l'image d'une Chine réduite à un goulag relevait de la caricature après 1989, autant la mise en scène d'une Chine superstar de la croissance économique et en voie de libéralisation est aujourd'hui trompeuse.
Il ne s'agit pas de nier d'incontestables avancées. La réforme économique a enfanté une classe moyenne urbaine qui élargit chaque jour davantage la sphère de ses libertés : liberté d'accéder à la propriété privée, liberté d'éduquer l'enfant où bon lui semble - dans une école privée chinoise ou sur un campus étranger -, liberté de voyager, liberté de culte (dans une Eglise reconnue par l'Etat), liberté de surfer sur Internet (hors sites interdits). Le droit des consommateurs se développe si vite que les plaintes d'usagers engorgent les tribunaux. L'homosexualité, qui n'est plus considérée comme "une maladie mentale", est tolérée à condition qu'elle ne s'affiche par sur un mode militant.
Le climat s'est à ce point décrispé que les étudiants chinois diplômés à l'étranger sont de plus en plus nombreux à retourner au pays, grisés par l'aventure économique qui s'offre à eux.
Toute la stratégie du Parti communiste (PCC) est d'offrir à cette classe moyenne, dont il a fait son nouveau socle social, une autonomie privée ou familiale propice à son épanouissement. La politique de l'enfant unique est moins autoritaire. Les conditions de mariage ou de divorce ont été assouplies. Obtenir un passeport qui donne le droit de voyager à l'étranger est désormais plus facile.
Mais toutes ces avancées sont confinées au champ de la liberté individuelle. Tel est le contrat social que le PCC cherche à faire avaliser depuis Tiananmen (1989) : jouissance privée contre silence public. Après un quart de siècle de réforme économique, la sphère des libertés collectives n'a en effet quasiment pas évolué. Sans doute la répression est-elle plus subtile, plus sophistiquée, plus sélective. Les manifestations de protestataires - retraités, chômeurs, paysans, riverains délogés par la spéculation immobilière - sont quasiment quotidiennes en Chine. La police ne tire pas pour autant sur la foule. Elle ne se livre pas davantage à des coups de filet collectifs. Mais elle prendra le temps d'identifier les meneurs et, pour peu que ceux-ci soient soupçonnés de mettre en place une organisation parallèle, ils seront foudroyés de très lourdes peines.
VIOLATION D'UN TABOU
Là est la ligne rouge à ne jamais franchir : prétendre contester le monopole de l'action publique dont le PCC entend conserver la maîtrise absolue. La violation de ce tabou porte un nom : "inciter à la subversion du pouvoir d'Etat",l'incrimination qui a remplacé depuis 1997 le chef de "crime contre-révolutionnaire". Ce toilettage cosmétique du code pénal n'a aucunement desserré l'arbitraire de l'Etat policier, puisque les deux formules sanctionnent les mêmes délits d'opinion ou d'association.
Qu'importe, dès lors, si les protestataires énoncent des vérités - telle la corruption des cadres locaux - que le gouvernement central va finir par admettre en purgeant les microclimats féodaux une fois la crise jugulée. L'important n'est pas que ces citoyens disent vrai. L'insupportable est qu'ils le disent trop tôt ou hors des canaux autorisés. Parce qu'il a défié les autorités de Shanghaï, mégapole aussi cosmopolite en économie que singapourienne en politique, l'avocat Zheng Enchong, défenseur de riverains expropriés par un promoteur longtemps protégé en haut lieu, a récemment été condamné à trois ans de prison. Motif : "violation de secrets d'Etat". Peu après, la municipalité de Pékin arrêtait des promoteurs ayant recouru aux mêmes méthodes musclées pour faire place nette à leurs futurs chantiers.
Une manière de reconnaître la gravité de la gangrène du secteur immobilier dont est victime le petit peuple expulsé de ses logis. Une manière de reconnaître finalement le bon droit des spoliés en colère de Shanghaï.
En Chine, des centaines, voire des milliers de personnes végètent ainsi derrière des barreaux pour avoir été plus rapides et surtout plus lucides que l'Etat-parti dans la divulgation des injustices de la formidable mutation sociale dans laquelle le pays est embarqué. En Occident, l'argument cynique selon lequel la transition chinoise requiert un pouvoir fort sous peine de sombrer dans le chaos s'est imposé comme le discours dominant. Diplomates et hommes d'affaires le tiennent désormais sans états d'âme.
Or ils se trompent : la nouvelle génération de militants civiques intimidés ou persécutés contribue à résorber des crises - sociales, environnementales, sanitaires, etc. - et non à les attiser. Comme l'a montré le scandale du sida dans le Henan, ils ne font rien d'autre que réparer les dégâts provoqués par une gouvernance locale déficiente et sans contre-pouvoirs. Dénoncer leur harcèlement est le meilleur service que l'on puisse rendre à la stabilité chinoise.
A l'heure où le G7 fait la cour à la Chine, il est une réalité que George Bush, Jacques Chirac ou Tony Blair devraient ne pas ignorer : on peut encore disparaître sans laisser de traces au cœur de Pékin, capitale hérissée de sièges de multinationales, bourdonnant de chantiers olympiques et où les délégations étrangères se bousculent comme s'il s'agissait de la Mecque d'un nouveau monde.
Où se trouve donc Liu Di, une étudiante en psychologie de 22 ans dont les proches sont sans nouvelles depuis un an ? Surnommée "Souris en acier inoxydable", Liu Di affichait sur Internet des textes d'inspiration libertaire où elle évoquait la "tyrannie en Chine", disait sa soif de "liberté" et de "vérité" et lançait - sur le mode de la pure provocation - l'idée de créer un "parti postmoderne" dépourvu "de règles, de dirigeants et d'organisation". Elle a été arrêtée par la Sécurité d'Etat. On n'en sait pas plus.
Pour avoir pris sa défense, Du Daobin, un fonctionnaire de la province du Hubei, vient lui aussi d'être arrêté. Est-ce l'escalade ? En réaction à sa détention, une pétition diffusée par deux démocrates connus - Yu Jie et Liu Xiaobo - a recueilli plusieurs dizaines de signatures. Quel sort les attend ?
La situation des droits de l'homme en Chine est un sujet qui ne fait plus guère recette. Elle a quasiment disparu des agendas diplomatiques. Autant l'image d'une Chine réduite à un goulag relevait de la caricature après 1989, autant la mise en scène d'une Chine superstar de la croissance économique et en voie de libéralisation est aujourd'hui trompeuse.
Il ne s'agit pas de nier d'incontestables avancées. La réforme économique a enfanté une classe moyenne urbaine qui élargit chaque jour davantage la sphère de ses libertés : liberté d'accéder à la propriété privée, liberté d'éduquer l'enfant où bon lui semble - dans une école privée chinoise ou sur un campus étranger -, liberté de voyager, liberté de culte (dans une Eglise reconnue par l'Etat), liberté de surfer sur Internet (hors sites interdits). Le droit des consommateurs se développe si vite que les plaintes d'usagers engorgent les tribunaux. L'homosexualité, qui n'est plus considérée comme "une maladie mentale", est tolérée à condition qu'elle ne s'affiche par sur un mode militant.
Le climat s'est à ce point décrispé que les étudiants chinois diplômés à l'étranger sont de plus en plus nombreux à retourner au pays, grisés par l'aventure économique qui s'offre à eux.
Toute la stratégie du Parti communiste (PCC) est d'offrir à cette classe moyenne, dont il a fait son nouveau socle social, une autonomie privée ou familiale propice à son épanouissement. La politique de l'enfant unique est moins autoritaire. Les conditions de mariage ou de divorce ont été assouplies. Obtenir un passeport qui donne le droit de voyager à l'étranger est désormais plus facile.
Mais toutes ces avancées sont confinées au champ de la liberté individuelle. Tel est le contrat social que le PCC cherche à faire avaliser depuis Tiananmen (1989) : jouissance privée contre silence public. Après un quart de siècle de réforme économique, la sphère des libertés collectives n'a en effet quasiment pas évolué. Sans doute la répression est-elle plus subtile, plus sophistiquée, plus sélective. Les manifestations de protestataires - retraités, chômeurs, paysans, riverains délogés par la spéculation immobilière - sont quasiment quotidiennes en Chine. La police ne tire pas pour autant sur la foule. Elle ne se livre pas davantage à des coups de filet collectifs. Mais elle prendra le temps d'identifier les meneurs et, pour peu que ceux-ci soient soupçonnés de mettre en place une organisation parallèle, ils seront foudroyés de très lourdes peines.
VIOLATION D'UN TABOU
Là est la ligne rouge à ne jamais franchir : prétendre contester le monopole de l'action publique dont le PCC entend conserver la maîtrise absolue. La violation de ce tabou porte un nom : "inciter à la subversion du pouvoir d'Etat",l'incrimination qui a remplacé depuis 1997 le chef de "crime contre-révolutionnaire". Ce toilettage cosmétique du code pénal n'a aucunement desserré l'arbitraire de l'Etat policier, puisque les deux formules sanctionnent les mêmes délits d'opinion ou d'association.
Qu'importe, dès lors, si les protestataires énoncent des vérités - telle la corruption des cadres locaux - que le gouvernement central va finir par admettre en purgeant les microclimats féodaux une fois la crise jugulée. L'important n'est pas que ces citoyens disent vrai. L'insupportable est qu'ils le disent trop tôt ou hors des canaux autorisés. Parce qu'il a défié les autorités de Shanghaï, mégapole aussi cosmopolite en économie que singapourienne en politique, l'avocat Zheng Enchong, défenseur de riverains expropriés par un promoteur longtemps protégé en haut lieu, a récemment été condamné à trois ans de prison. Motif : "violation de secrets d'Etat". Peu après, la municipalité de Pékin arrêtait des promoteurs ayant recouru aux mêmes méthodes musclées pour faire place nette à leurs futurs chantiers.
Une manière de reconnaître la gravité de la gangrène du secteur immobilier dont est victime le petit peuple expulsé de ses logis. Une manière de reconnaître finalement le bon droit des spoliés en colère de Shanghaï.
En Chine, des centaines, voire des milliers de personnes végètent ainsi derrière des barreaux pour avoir été plus rapides et surtout plus lucides que l'Etat-parti dans la divulgation des injustices de la formidable mutation sociale dans laquelle le pays est embarqué. En Occident, l'argument cynique selon lequel la transition chinoise requiert un pouvoir fort sous peine de sombrer dans le chaos s'est imposé comme le discours dominant. Diplomates et hommes d'affaires le tiennent désormais sans états d'âme.
Or ils se trompent : la nouvelle génération de militants civiques intimidés ou persécutés contribue à résorber des crises - sociales, environnementales, sanitaires, etc. - et non à les attiser. Comme l'a montré le scandale du sida dans le Henan, ils ne font rien d'autre que réparer les dégâts provoqués par une gouvernance locale déficiente et sans contre-pouvoirs. Dénoncer leur harcèlement est le meilleur service que l'on puisse rendre à la stabilité chinoise.
Iscrizioni e contributi 2012
radioradicale.it
2012-02-09 12:32:10 L'amministrazione della giustizia, la responsabilità civile dei magistrati, il caso Tortora, Napoli, i referendum radicali della primaversa 86
2012-02-09 08:57:55 Notiziario del mattino
2012-02-08 23:51:37 Collegamento di Marco Pannella
2012-02-08 21:53:31 Collegamento con Marco Pannella sulla posizione dei parlamentari radicali sul decreto "svuota carceri"
2012-02-08 18:01:59 Marco Cappato è ospite di "Pane al Pane" in diretta da Radio Lombardia e Milanow This month back on time...
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