Georges Frisque : « Dutroux ment... »

RENÉ HAQUIN
Le Soir

Moins d'une semaine après l'arrêt de renvoi de Dutroux, Martin, Lelièvre et Nihoul aux assises, Georges Frisque se manifeste à nouveau dans le dossier Dutroux. Pour affirmer aujourd'hui le contraire de ce qui se disait hier, à savoir que lui, Frisque, prétend n'avoir pas inspiré les conclusions de Marc Dutroux quant à l'implication d'un certain Michel F. dans l'enlèvement de Julie et Mélissa. Dans une lettre datée de ce dimanche 4 mai, il écrit à Marc Dutroux, à la prison d'Arlon : Le 24 juin 1995 à 17 heures 20, vous vous trouviez dans une Peugeot 205 foncée, à proximité du pont enjambant l'autoroute Liège-Namur en face de la tour de contrôle de l'aéroport de Bierset.

Dans le scénario que Frisque présente aujourd'hui, le 24 juin 1995 quelques minutes après 17 heures, Julie et Mélissa seraient, selon le témoignage d'une dame, montées sans contrainte à l'arrière d'une Ford Sierra bleue à bord de laquelle se trouvait un seul homme (selon Frisque, c'était le véhicule de Michel F ., moniteur sportif de la région hutoise que les petites connaissaient). Toujours selon Frisque, un autre véhicule, une Peugeot 205 appartenant à Philippe D., impliqué dans les trafics de voitures, était stationnée non loin du rond-point proche de la tour de contrôle de Bierset. Un portrait-robot d'un suspect avait été dressé en 1995 sur la base du témoignage d'un agent de sécurité qui se trouvait derrière les buissons du bord de route. Frisque affirme qu'en juillet 2000, Dutroux aurait identifié ce portrait comme correspondant à Pierre Rochow, le ferrailleur séquestré en novembre 1995 avec un ami et une jeune femme par Dutroux et Weinstein. Rochow devait être le guetteur. Dutroux ment quand il nie sa participation active à l'enlèvement de Julie et Mélissa. Il devait se trouver en contrebas, prétend aussi savoir Frisque qui a adressé copie de sa lettre au conseil de Dutroux Me Kahn. Qui n'avait rien reçu hier.·