Elena Cattaneo (direttrice del Laboratorio di Biologia all'Università di Milano) al Terzo Congresso dell'Associazione Coscioni.
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Réflexions, notes
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SOMMAIRE: Marco Pannella, vingt après, est de nouveau Secrétaire du Parti radical, sur la vague d'une
initiative politique contre la faim dans le monde qui est en train de se préciser depuis deux ans. En
particulier, le 24 juin 1981, simultanément dans différentes capitales du monde occidental (de
New-York à Genève, de Paris à Rome) un "Manifeste-Appel" avait été présenté qui avait été souscrit
par 52 Prix Nobel, avec deux indications précises: l'intervention visant à assurer la survie des
populations menacées par la faim est la priorité de notre temps; c'est sur cette priorité que doit
s'organiser une volonté politique spécifique, au niveau des institutions et des partis. Le 2 septembre
1981, Marco Pannella commence une grève de la faim sur les objectifs indiqués par les Prix Nobel, et en
particulier pour qu'on approuve immédiatement dans le plus grand nombre de Parlements possible, et
en particulier dans celui italien et par l'Assemblée européenne de Strasbourg, un plan d'interventions
extraordinaires et urgents visant à assurer la survie d'au moins trois millions de personnes dans les 12
mois suivant. C'est dans ce contexte que naît le Parti radical de 1982, avec l'objectif précis et ponctuel
du salut d'au moins trois millions de personnes à partir de 1982. Dans cet article, les premières
réflexions de Marco Pannella dans sa charge de Secrétaire du Parti radical: préjudicielle à toute autre
initiative est la constitution, l'existence et la croissance du Parti, sans laquelle toute lutte sera destinée
à un échec. La rédaction de deux projets de loi, la constitution de groupes et de comités locaux pour
leur diffusion, pas seulement en Italie. Il est nécessaire d'opérer afin que la coalition qui s'est formée
après le lancement du Manifeste-Appel des Prix Nobel se confirme et soit élargie. L'unité de base des
radicaux, des catholiques, des communistes et des laïques. L'organisation de la Marche de Noël pour la
vie et la paix.
Les premières semaines de travail dans le PR; les initiatives pour la libération de Gino Del Gatto
(radical, médecin, antiprohibitionniste sur la drogue, sous procès à Pescara accusé d'avoir prescrit de
la morphine à des patients toxicomanes) et d'Athos De Luca (arrêté tandis qu'il manifestait devant
l'"Ecole de Guerre" de Civitavecchia, avec l'objectif d'en changer le nom en Ecole de Paix), le congrès à
la Bourse du Travail de Paris. L'inscription de français au Parti radical. Les structures de travail du Parti
radical. Les structures de travail du Parti au Parlement Européen: les lettres envoyées à trois mille
évêques, et à seize mille parlementaires dans le monde. Les activités sur le plan fonctionnel et de la
gestion politique normale du Parti. La "quote-part" journalière pour l'inscription au Parti radical. Une
difficulté qui peut apparaître "technique" et qui est au contraire morale, dans sa formulation et sa
compréhension: la disponibilité de "caisse" nécessaire pour effectuer de suite le versement de la
contribution. L'humilité, la force, le courage de "demander" un prêt. Le premier engagement du
Secrétaire du Parti: demander l'inscription tout de suite aux camarades radicaux qui sont très riches,
aux chômeurs, aux pensionnés, aux ménagères ou aux travailleurs ayant famille à charge. Les
objectifs de la grève de la faim; le jeûne politique n'est pas gestuel, mais une façon différente, plus
vigoureuse et grave de vivre la lutte politique et la confrontation avec la violence.
(NOUVELLES RADICALES n. 42, 15 décembre 1981)
"Amis lecteurs, camarades,
ce qui suit représentait à peine un peu plus que des notes, du matériel pour un article.
L'urgence de vous faire parvenir ce journal ne me permet pas de l'utiliser dans le sens prévu. Angiolo
Bandinelli (1), qui a coordonné et assuré la sortie de ce numéro de NR, a décidé de le publier, comme
il est. Je vous prie donc de le lire - si vous le retenez utile ou nécessaire - uniquement comme une
documentation des réflexions qu'il m'est arrivé de faire, un certain soir, à une certaine heure, il y a au
moins dix jours de cela.
Aujourd'hui j'aurais écrit autre chose, écrire comporte le fait de choisir. A présent nous avons une
idée plus claire de ce que nous essayerons de faire, dans les prochaines heures ou les prochaines
semaines. La constitution, l'existence, la croissance du Parti radical de 1982, et donc la campagne
d'inscriptions et d'association, restent valables et préjudicielles à toute autre initiative. Dans le cas
contraire, toute lutte serait celle d'un poignée d'amis et de camarades, non pas celle d'un Parti, et elle
sera donc perdue. Et la lutte pacifique d'aujourd'hui, et pour 1982, est celle d'arracher à la mort, qui
menace souveraine immense de notre temps et à l'intérieur de nous-mêmes, la vie pour le peuple
des innocents sur le point d'être exécutés pour le compte de cette culture nazie qui anime et pousse
inconsciemment le pouvoir d'aujourd'hui, les Spadolini (2), les Lagorio (3), les Andreatta, les
Colombo, à les immoler sur l'autel des bénéfices sauvages des producteurs et des marchands de
guerres et d'armes. Nous essayerons dans les plus brefs délais possibles, revenant - je l'espère - à
être pleinement capables de travailler jour et nuit parce que c'est nécessaire, de rédiger les textes
définitifs des deux projets de loi d'initiative populaire (une plus nettement "radicale", l'autre plus
"unitaire"), les textes des Pétitions, (Au Président de la République, à la Chambre des Députés, au
Sénat, au Parlement Européen), et d'organiser la presse et la diffusion aux Groupes et aux comités
locaux (qu'il faut créer: allez-y!), aux Secrétariats Communaux, aux Chancelleries des Prétures, des
Tribunaux et des Cours d'Appel. Nous assurerons aussi la "conversion" de ces initiatives de façon telle
qu'elles puissent être prises aussi, de façon simultanée et convergente, dans d'autres Pays
européens, en particulier en France, en Belgique, au Luxembourg, en Hollande, peut-être en Espagne,
en Allemagne, en Suisse, en Autriche.
A tout niveau de responsabilité et d'initiative, à partir du niveau institutionnel du PR jusqu'au niveau
personnel de chacun et partout, il est nécessaire dès à présent d'opérer afin que la coalition qui dans
le monde, au Parlement Européen, lors de la présentation de la motion à la Chambre des Députés,
s'est formée à partir du lancement du Manifeste des Nobel, soit confirmée et élargie. Je pense en
particulier que l'unité du mouvement radical et du mouvement catholique doit être réalisée à présent
à la base et étendue à la réalité institutionnelle incarnée par les communistes, par le syndicat, si
possibles aux "laïques": libéraux, républicains, sociaux-démocrates et socialistes.
Dès que les textes seront arrivés ou seront amenés à votre connaissance nous vous prions de
recueillir les signatures et les adhésions des maires, des curés, des conseillers communaux,
régionaux, provinciaux, des religieux, des intellectuels, et de nous les communiquer immédiatement,
car nous essayerons d'ajouter une autre feuille aux imprimés que nous enverrons avec la liste des
"premiers" signataires. Les délais sont très courts, si nous ne voulons pas recommencer à zéro,
consommer la charge d'attention, de croissance, d'espoir que nous avons conquis.
Les radicaux députés, et tous les députés qui ont choisi ou choisiront d'être finalement législateurs
dans le sens de la vie, de la paix et d'un nouvel ordre international et national, doivent être ravitaillés
de nouvelles possibilités immédiates d'intervention et de lutte: les projets de loi d'initiative populaire
et les Pétitions à la Chambre doivent donc parvenir à leurs destinataires avant la reprise des travaux,
tandis que l'on discute la loi financière et le budget de l'Etat. De même comme, réciproquement, c'est
de leur part que doivent arriver, et qu'arrivent déjà, les informations précises à avoir et à utiliser pour
mieux pouvoir faire comprendre dans le pays la réalité aberrante et la politique aveugle et
irresponsable que l'on continue à opposer comme "bon sens" au bon sens de la lutte pour la paix et
la vie.
Nous avons l'intention de convoquer une première assemblée opérationnelle, peut-être pour le
premier rassemblement et la première authentification officielle et publique de signatures à Milan,
dimanche 20 décembre à 15h 30, avec une assemblée nationale de militants et de comités qui
durera jusqu'au mardi 22 à 13h 30. Juste à temps, pour beaucoup, pour se déplacer à Rome et
donner un coup de main pour l'organisation de la grande Marche de Noël pour la Vie et la Paix qui
aura lieu le 23 décembre.
Avant tout autre chose, donc, ami ou amie qui êtes en train de nous lire, camarades, il est nécessaire
de s'inscrire tout de suite. Par les moyens et la façon les plus adéquats, nécessaires et rapides.
Bon travail, et avec espoir et amitié - mes meilleurs voeux".
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"Rome, 27 novembre"
J'ai longuement réfléchi, et tandis que je m'apprête à écrire ce premier article en tant que Secrétaire
du Parti, je m'interroge encore.
Je donne pour escompté l'information de celui qui lit. Au moment de mon élection, le Congrès savait
que j'étais engagé dans une grève de la faim illimitée, c'est à dire lié au salut d'au moins trois millions
de ceux qui sont sur le point d'être exterminés par la faim en 1982. Nous disposions donc ensemble
d'une présence de ma part de quatre ou cinq semaines, au maximum. J'ai tout de suite expliqué aux
camarades qui m'étaient les plus proches en responsabilités - le Trésorier Marcello Crivellini, les
vice-Secrétaires Francesco Rutelli (4), Giovanni Negri (5), Gaetano Quagliariello e Maria Teresa di
Lascia - et au Conseil Fédéral ensuite, que l'unique façon de répondre à nos tâches, à nos devoirs, à
nos engagements à l'intérieur et à l'extérieur, était celle de nous mettre au travail en faisant "comme
si" mon mandat fut effectivement assuré pour toute l'échéance de statut: un an.
Mettre la main, donc, de façon intense, à la reprise immédiate de l'activité de Parti, à l'établissement
d'un projet d'activité, de réalisation des décisions de statut et de cette décision, implicite mais
formelle, qui est le plein respect de la "règle" et des indications de statut. En même temps, chaque
jour, lutter pour la réalisation de l'objectif du salut pour un an, et à partir de 1982, d'au moins trois
millions de personnes, en tout lieu, institutionnel, de parti, international et des différentes nations où
nous menons cette lutte. C'est ainsi qu'un mois est déjà passé.
J'ai à nouveau interrompu la grève de la faim, le 25 novembre. Je reviendrai sur ce point. Je voudrais
d'abord rappeler rapidement et dans les grandes lignes ce que nous avons fait. Avec le Trésorier et
les vice-Secrétaires et les camarades survivants de la Junte de Secrétariat précédente (confirmée
jusqu'à fin janvier) nous avons approfondi le statut du Parti, conformément aux décisions du
Congrès, et essayé de commencer à définir les traits d'un projet pour le Parti de 1982, outre
entre-temps qu'assurer l'initiative quotidienne. Nous nous sommes réunis à Pescara, du 8 au 9
novembre, pour pouvoir ainsi intervenir le plus vite possible pour libérer Gino Del Gatto, arrêté à son
retour du Congrès de Florence, et en soutenir la lutte: le mieux a été fait. De même que nous avons
pu garantir le minimum d'engagement nécessaire pour rendre l'emprisonnement d'Athos de Luca
insoutenable au pouvoir. J'ai tenu mon second meeting en tant que Secrétaire, après celui de
Pescara, à la Bourse du Travail de Paris, devant plus de mille personnes, dans une atmosphère
absolument extraordinaire, et qui s'est conclus par au moins une dizaine d'inscriptions au PR, un
témoignage de combien, en France aussi, la lutte contre l'extermination et l'objectif radical de trois
millions de vivants soit accueilli comme une raison de choix même d'organisation et de parti.
A Bruxelles et de Bruxelles, entre-temps, et de Luxembourg, où existent les deux structures d'activité
parlementaire et politique européenne que nous avons réalisé, Emma Bonino (6) et Jean Fabre (7),
Gianfranco dell'Alba et Rolando Parachini, ont assuré l'envoi à plus de trois mille Evêques et autorités
religieuses et spirituelles du monde entier, et à sept mille parlementaires de 16 pays européens, d'une
information sur la situation de notre lutte, sur les objectifs et les échéances, sur les opportunités
d'actions convergentes, sur les initiatives en cours au Parlement Européen et dans les différents
Parlements nationaux, en commençant par le Parlement italien. Ce fut un travail énorme,
littéralement écrasant: plus de dix mille lettres, en six langues différentes, personnalisées le plus
possible; un travail militant, de "table" dans les derniers jour de rassemblement des signatures. En
même temps, avec le même groupe de camarades, nous avons assuré une présence intense dans le
travail du Parlement européen, où nous avons présenté des dizaines d'amendements au budget,
participé à des dizaines de réunions de salle et de Commission, et ensuite conçu et porté à terme, à
Strasbourg, le nouvel "Appel" de parlementaires européens comme Willy Brandt et les Présidents des
Groupes Parlementaires et 90 autres députés, un grand nombre d'entre eux avaient adhéré à la
résolution approuvée le 29 septembre et devenue, avec le Manifeste des Nobel, le texte base de la
lutte contre l'extermination. Ajoutez au moins un millier de lettres reçues en quatre langues au
moins, la coordination, de Bruxelles, Luxembourg et Strasbourg, des actions dans les autres Pays, la
pression sur les médias de masse français, belges, hollandais, allemands et britanniques; les contacts
avec les Agences du système des N.U, avec certaines desquelles particulièrement intenses, comme
avec le PNUD. Considérez, dans un délai de quelques jours à peine, des rencontres comme celle des
dix Ministres des Affaires Etrangères à laquelle j'ai participé avec fermeté en tant que Président du
Groupe du PR, la présence d'Emma Bonino et Jean Fabre à Londres pendant le Conseil Européen,
dans la tentative impossible, mais juste, de stimuler en quelque sorte une décision sur la résolution
du PE ou - tout au moins - un comportement non-frauduleux de la délégation italienne conduite par
Spadolini et Colombo, et l'on pourra avoir une idée de ce que cela comporte, pour les camarades
détachés sur le front "européen" et - grâce à eux, sans lesquels je n'aurais rien pu faire - pour moi
aussi, d'engagement et d'apport sur la politique du parti et de la lutte contre l'extermination par la
faim: de fatigue et certaines fois de sens de disparité entre l'objectif et les forces disponibles. Et je
n'ai dressé la liste que d'une partie, certes importante, de ce qui a été fait...
Entre temps, à Rome, conformément à l'organisation provisoire d'activité que nous avons inventé,
Francesco Rutelli assurait la remise en marche du Parti sur le plan fonctionnel ainsi que de la gestion
politique normale, outre que s'occuper en particulier du secteur très délicat des initiatives "pour la
paix"; Giovanni Negri (qui, comme il l'avait déjà fait pour le rassemblement de signatures
référendaires et pour la période du vote, avait assumé dès le 10 septembre la coordination et
l'animation des batailles pour les trois millions de vivants en 1982) avec Gianni Sandrucci (8) et dix
autres camarades assuraient le lancement et le maintien de la campagne d'inscriptions au Parti de
1982; Gaetano Quagliariello et Maria Teresa di Lascia s'occupent en particulier, en collaboration avec
le Président du Conseil Fédéral Corleone, du raccord entre les différentes réalités associatives du Parti
et du soutien organisé et militant à l'initiative du Groupe parlementaire visant à imposer le débat
urgent à la Chambre, non pas sur des déclarations générales du Gouvernement, mais sur la motion
présentée le 1 et le 2 décembre.
Au Parti, dans d'autres sièges, à Bari et à Naples en particulier, aux Groupes, à Nouvelles Radicales,
en somme, tout et tout de suite s'est mis à bouger avec une promptitude extrême; tout de suite,
pour beaucoup, occupant les jours et les nuits. Et à cela a correspondu l'ardeur et le profond sérieux
des centaines de personnes - huit cent en dix jours - qui ont annoncé leur inscription ou le
renouvellement, garantissant dès à présent au Parti une valeur de contributions triple par rapport à
celle fournie par les inscriptions au cours de toute l'année passée.
Une remarque à part doit être faite pour le Trésorier, Marcello Crivellini, qui a de suite assumé
l'ordinaire administration d'une situation financière catastrophique, comme nous le savons, du moins
en termes de caisse, un apport constant à toutes les réunions et les activités du Parti, à la Radio,
tout en continuant à fournir sa collaboration au Groupe, qui le lui a demandé à plusieurs reprises de
façon compréhensible dans ce moment de débat et d'affrontement sur les budgets. Le Parti a en
outre pu compter sur l'apport militant aussi de beaucoup de camarades parlementaires; je rappelle
en particulier la journée de contestation des manifestations "pacifistes" convoquées sous le signe de
la politique de Lagorio par les camarades du PSI, les fil-directs assurés pour la campagne
d'inscriptions...
Ayant fait de telle façon, plus qu'un bilan, un tour d'horizon et un récit sommaire des 25 jours qui
sont passés entre la fin du Congrès et le moment où j'écris, voici quelques considérations sur le futur
immédiat. Après le refus de la Commission et du Conseil de la Communauté de mettre à exécution la
Résolution du Parlement européen dans les délais et avec les modalités demandés, après le résultat
de la bataille à la Chambre et en Italie, nous devons maintenant plus que jamais serrer les dents,
insister avec ténacité, nous organiser, organiser toute autre force et potentialité, soutenir les
Groupes parlementaires dans la bataille parlementaire sur le Budget et sur le plan triennal, qui devra
voir le Parti engagé au maximum, donc informé au maximum (voici, pour l'instant, la fonction très
difficile mais aussi d'une très rare efficacité et force de Radio Radicale) pour mobiliser un mouvement
de soutien venant du bas, du Pays, de la culture, avec des objectifs clairs, précis, immédiats. Nous
devons préciser tout de suite que le Secrétaire et le Trésorier, la Junte de Secrétariat et - sauf
Giovanni Negri - les vice-Secrétaires ne pourront qu'essayer de seconder le travail principal de
raccord et d'information, de mobilisation qui sera assuré presque exclusivement par la Radio.
Il devient en effet urgent de passer à concevoir, préparer, lancer l'organisation et le projet de
réalisation des objectifs de statut, du Préambule, du Manifeste des Nobel, de la Résolution du
Parlement européen, des délibérations du congrès, en imprimant le maximum d'accélération au
démarrage du processus de constitution et de lutte du Parti radical de 1982, puisque nous devons
compter avec des échéances absolument dramatiques, aussi bien sur le plan extérieur que sur celui
intérieur. C'est pourquoi je n'exclue pas que nous devrons anticiper aux quatre derniers jours de
l'année la réunion du Conseil Fédéral, dans laquelle nous présenterons "l'Etat du Parti" et le projet
d'organisation et de politique pour l'année prochaine, au cours de laquelle - dès le 1 janvier -
commenceront à être assassinées les personnes que nous avons le devoir d'assurer à la vie et à la
paix et d'arracher à l'extermination, au génocide. J'ai en effet aussi l'intention d'être présent au
séminaire des Groupes Parlementaires, qui est convoqué pour les premiers jours de janvier.
Mais, pour que tout cela devienne concret, prenne corps et grandisse, assure l'espoir et conforte et
pousse chacun de nous (et ceux qui nous regardent avec amitié mais aussi avec un scepticisme
trépidant face à l'énormité des difficultés) il faut se consacrer quotidiennement, toujours, jour après
jour, avec ponctualité, avec décision et avec priorité à la campagne de nouvelles inscriptions pour le
Parti de 1982. Je le dis avant tout pour mieux le rappeler et pour m'ancrer à ce choix nécessaire,
moi-même en premier lieu. Et cela signifie être meilleur chaque jour et de plus en plus, moi-même,
"nouvel" inscrit, outre qu'agir pour qu'il y ait d'autres et "nouveaux" camarades, afin que cette
nouvelle année soit elle aussi "nouvelle" et "autre".
Si donc, ne fut-ce qu'un minimum, on attend de moi une indication opérationnelle, comme Secrétaire
du Parti, un conseil, je demande à tous et à chacun, au Parti fédéral en Italie, mais en France aussi,
en Espagne, en Belgique, où des associations existent et sont actives, de réussir chaque jour, en
s'organisant dans ce but, en s'organisant au niveau personnel s'il n'est pas possible autrement, ou
peut-être même par des associations (pourquoi pas?) constituées expressément, pour promouvoir
des inscriptions tout de suite, par le versement annuel de cette "quote-part" qui doit représenter la
mesure de notre volonté et de notre capacité de changer et de grandir nous-mêmes - tout de suite,
maintenant - afin que change et grandisse le Parti, à la dimension de ce que nous disons de croire et
de vouloir, pour cette année, pour nous et...de nous.
Et c'est une indication et une requête ferme de vrai engagement, vraiment quotidien, préventif et de
support à tout autre, pour tous et pour toute structure ou sujet radical; pour que le travail spécifique
de chacun ne constitue pas (comme cela arriverait si la logique des choses n'était pas gouvernée et
canalisée selon la logique de nos nécessités et de nos choix) une distraction de la nécessité
prioritaire, de la moralité préjudicielle de l'"être ensemble" Parti. Je voudrais répéter ici aussi ma
conviction que la tentative de conviction à nous unir, à nous donner un coup de main pour les
objectifs qui sont les nôtres, est aujourd'hui plus facile - plus difficile rien qu'en apparence, si l'on tient
compte du résultat - justement parce que nous pouvons demander quelque chose qui soit important
(qui compte) dans la journée, c'est à dire dans la continuité de la vie, outre que dans l'année de
chacun. Posons justement, cette année, pour constituer le nouveau Parti de 1982, un problème et
aussi une question morale (par rapport à la propre moralité de chacun, que ce soit clair!) à résoudre;
une décision donc, qui ne peut pas ne pas nous débarrasser, d'un coup, du réflexe "idéologique" dans
le pire sens du terme, servant de prétexte mais presque insurmontable pour son niveau formaliste et
superficiel, du "Moi je ne me suis jamais inscrit, moi je ne m'inscrirai jamais, etc..." Parce que dans
ces cas-là il y avait en effet comme prémisse une idée abstraite du fait de s'inscrire, aplatie, comme
si vraiment c'était la même chose que de s'inscrire à un parti ou à un autre avec mille lires ou avec
cinq cent mille lires, pour un pacte annuel motivé avant tout par la campagne contre l'holocauste -
pour qu'elle réussisse - ou pour "adhérer" à la "politique" " socialiste", "communiste",
"démochrétienne", ou libérale, républicaine, missine (9). Comme si l'on n'acceptait pas d'être presque
automatiquement "inscrits" au "Syndicat", acceptant de verser des sommes relativement
importantes pour des objectifs et une politique que presque personne ne sent plus comme
importants ou nécessaires, ou qui soient capables de toute façon de l'entraîner et de changer - cette
année-là - sa propre existence.
Et si un jour d'autres ne s'inscrirons pas, la possibilité ne manquera pas d'améliorer, de donner corps
à une meilleure vie, plus de valeur à sa propre carte. Nous devrions toujours nous rappeler, chacun
et moi en premier, que ce qui est le plus convaincant dans le dialogue c'est l'exemple, la preuve que
ce qu'on dit a déjà été fait, et qu'on est en train de le faire, et qu'on le fera encore plus si l'autre
décide de son côté, finalement, à commencer lui aussi.
Que le Parti fédéral dans son siège central, en tout autre lieu, que tout autre sujet radical, que chaque
lecteur de cette feuille, s'organisent; je le demande en premier lieu à ceux qui me demandent, qui
nous demandent, qui se demandent ce qu'ils pourraient bien faire, ou à ceux qui ont la fausse
sensation d'être en train de faire tout le possible et plus encore; que tous et chacun, organisent donc
toute rencontre, toute réunion, toute autre action, en mettant en premier point de l'ordre du jour la
récolte et ce qu'il faut semer et récolter afin qu'on grandisse et qu'on se renforce comme il est
indispensable qu'on fasse dans ces semaines aussi dramatiquement définitives, pour une année
différente ou pour des défaites vraiment douloureuses ou tragiques.
Il me semble qu'il y ait une difficulté qui peut apparaître "technique" et qui est au contraire morale en
ce qui concerne sa compréhension ou sa formulation: bien plus que l'importance de la somme
quotidienne d'inscription, la disponibilité de "caisse" de la totalité de la somme annuelle à verser. Avoir
ici l'humilité, la force, la clarté et le courage de "demander", d'expliquer pourquoi on demande, de
recourir à des prêts, de se lier par une dette (et la dette, le dû, donne souvent la force, plus qu'un
crédit accordé) à quelqu'un d'autre, je pense que cela puisse être la meilleure façon pour demander
et suggérer à l'autre, aux autres, de s'inscrire.
Ou pour créer les prémisses sérieuses pour une réflexion dans cette direction, pour mieux faire
comprendre ensuite aussi "tout le reste" du Parti radical: peut-être le lien entre la différente qualité de
la vie intérieure et pratique de chacun de nous, ici, et la vie elle-même là où - autrement - elle serait
condamnée et vaincue. Oui, je pense vraiment camarades, qu'une bonne façon de faire campagne
pour l'espoir, pour la nécessité de grandir en qualité et en nombre, de rendre non plus gros mais plus
grand le Parti et chacun de nous, d'être plus forts dans la tâche humainement et politiquement
extraordinaire que nous avons choisi ou que nous avons dû nous donner, puisse être celle de la
mendicité honorable - quand bien même nous n'en aurions pas besoin individuellement et
matériellement - une mendicité honorable de laïques et de chrétiens qui savent combien il est plus
difficile et important de demander que de donner; et combien celui qui demande rende déjà riche celui
auquel il demande de faire...
Ce journal a été conçu aussi et surtout pour informer sur cela, pour donner à chacun aussi un
instrument sur ce front d'engagement; et cela - en tant que Secrétaire du Parti, et en tant que
camarade, est un commencement pour moi aussi: commencer - comme je dois - à demander, mes
très riches camarades chômeurs, pensionnés, sans logis, étudiants, ceux qui ont des familles à
charge ou qui ont des dettes, drogue-dépendants, mères; pas moins qu'à ceux qui peuvent ne pas
changer de voiture, renoncer à des vacances lointaines, splendides et coûteuses, renoncer à la
troisième maison, ou même au bateau, pour gagner quelques mois, en 1982, d'action en tant que
militant et la capacité et la possibilité de vivre une vie de camarade que vous considérez avoir perdu
pour toujours...Nous avons besoin, camarades, du plus grand de ces petits et grands "miracles
laïques" que tous reconnaissent à ce parti, volontiers ou à contrecoeur, d'avoir accompli. Nous
n'avons pas voulu fixer des chiffres, des "objectifs": mais il y a besoin, il est nécessaire, pour Noël,
pour la fin de l'année, en auspice et en bon présage, de commencer l'année 1982 de l'holocauste ou
du bonheur de la vie conçue, arrachée à la mort qui est déjà arrivée; dès aujourd'hui il faut vraiment,
camarade qui nous lit, organiser la possibilité de savoir que nous sommes en train de devenir
nombreux: et "assez", peut-être "suffisamment", pour montrer à tous qu'il est possible de réussir, à
certains qu'il est aussi avantageux d'essayer de réussir, à nous-mêmes que c'est juste, que nous
avons raison d'espérer.
Vous savez, si vous y réfléchissez, ce que cela voudrait dire si les médias de masse devaient
rapporter l'image d'une croissance du Parti, de la valeur et des valeurs qui lui ont été données par les
versements d'inscription, déjà dans les prochaines semaines, qui seront de toute façon décisives,
pour beaucoup d'aspects.
Servez-vous, je vous le demande, de Radio Radicale, outre que de la poste, des mandats postaux,
des comptes courants, des chèques là où c'est possible et prudent. Pour donner les annonces, les
exemples, encourager et réconforter ceux qui auront le devoir de nous fournir ce service. Merci. Et
maintenant venons-en, comme cela avait été annoncé et à ce que beaucoup attendent
probablement, à la grève de la faim, à mon jeûne. Une foule d'explications qui pressent, parce que
probablement dans moi-même il n'y en a pas encore une suffisante. Chacune est exacte, correspond
à des raisonnements, à des moments réellement présents, vécus. Mais aucune, évidemment, réussit
à être suffisamment profonde; une synthèse, une conquête d'une clarté adéquate, nécessaire. Je
tente quand même de les épeler, de syllaber à nouveau certaines de ces pensées.
La grève de la faim illimitée il faut se la conquérir au cours du jeûne. La conquérir, jusqu'à une force
et une clarté intérieures qui soient une profonde clarté, une durée sans contradictions. Heureusement
que je ne crois pas à la dialectique! Dans la grève de la faim l'"antithèse" n'est pas imaginable, parce
qu'elle détruit simplement la thèse et s'affirme elle-même comme "synthèse". On ne peut pas, on ne
peut pas se nourrir et reprendre ensuite... Et pour nous non-violents une décision conclusive, un
engagement qui concerne la vie, à un point tel qu'on en escompte, même si par hypothèse, le fait de
la faire manquer, l'éteindre, ne peut pas être vraiment assumée sans se contredire, sans démentir
l'espoir - du moins au point où il devient certain que tu es devant la dernière minute, ou la dernière
seconde de vie... Mais quand, quand est-il possible de se dire qu'il s'agit de la dernière minute, et non
de l'avant dernière? Cette avant-dernière minute qui devrait être la plus puissante en termes de vie à
conquérir, la plus socialisée, la plus commune et communautaire et qui doit être risquée avec sérénité
et intransigeance, jusqu'au fond, en chute libre sans filet dans le néant de l'éternité.
Je me demande si cette sorte de mariage indissoluble est possible sans le risque de la vie, jusqu'au
moment où dans ce mariage une succession prend place, celle de la mort à la place de la vie? Par
quelle force ou par quel sceau, par quel sacrement donc, la décision d'un moment devrait-elle valoir,
être respectée, et non revue, surmontée? Mais il y a autre chose. Nous avons compris, je crois, que
le jeûne "politique", la grève de la faim comme lutte non-violente, doit être, et il est bien que ce le
soit, non pas un ensemble gestuel, non pas une sorte d'activité, mais une façon différente, plus
grave, plus rigoureuse, plus vigoureuse et exemplaire de vivre la lutte, la confrontation avec la
violence, de grandir et de la renforcer. Par conséquent pas la recherche du silence intérieur, du
recueillement, donnant pour escompté qu'ils se gagnent dans l'isolement et la quasi immobilité. On
peut donc être dans l'ermitage, ou stylites, et être habités par le vacarme...
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N.d.T:
(1) Angiolo Bandinelli: Parmi les fondateurs du Parti radical. Secrétaire en 1970, 1972 et en 1973.
Trésorier en 1969. A la fin des années 70, il a été conseiller communal de Rome et député dans la
dernière législature. Il a dirigé de nombreuses publications radicales, de "Prova Radicale" à "Notizie
Radicali" et a collaboré à Radio Radicale avec des reportages et des enquêtes.
(2) Giovanni Spadolini: (1925) Historien et homme politique italien; secrétaire du Parti républicain
(1979); ministre des Biens Culturels (74-76) et de l'Instruction (79), président du Conseil (1981).
(3) Lelio Lagorio: Homme politique italien. Exposant
socialiste, député du Groupe parlementaire socialiste, a été ministre de la Défense de 1980 à 1983,
ministre du Tourisme et du Spectacle de 1983 à 1986.
(4) Francesco Rutelli: Secrétaire du Parti radical en 1981 et Trésorier en 1984. Antimilitariste et
objecteur de conscience, il est copromoteur de l'Institut de Recherches pour le Désarmement, le
Développement et la Paix. Député italien dans les listes radicales de 1983 jusqu'à l'année dernière, il a
été chef de groupe à la Chambre. Lors des dernières élections européennes il a été parmi les
promoteurs de la Liste des "Verts Arc-en-ciel". Membre du Groupe de Coordination de la Fédération
des Verts. Il est actuellement conseiller communal à Rome dans le groupe des Verts et est parmi les
fondateurs de l'Association écologique "Centre pour un Futur Soutenable".
(5) Giovanni Negri: Membre de la Chambre des Députés, Groupe Fédéraliste Européen. Secrétaire du
PR de 1985 à 1987. En 1986 avec le slogan "ou tu le choisis, ou tu le dissous" il a conduit la
campagne extraordinaire pour les 10.000 inscrits. Député radical au Parlement italien et européen à
plusieurs reprises. Protagoniste des batailles sur l'information et contre l'extermination par la faim
dans le monde, il a aussi soutenu une très longue grève de la faim. Promoteur de la campagne "Le
Tibet Vivant" contre l'oppression violente de la Chine. Il est actuellement secrétaire "pro tempore" de
l'ARCOD (Association Radicale pour la Constituante Démocratique").
(6) Emma Bonino: Président du Parti Radical. Membre de la Chambre des députés, Groupe
Fédéraliste Européen.
Parmi les promotrices du CISA (Centre Information Stérilisation et Avortement), elle a été
protagoniste de la bataille contre l'avortement clandestin. Députée à plusieurs reprises aussi bien au
Parlement italien qu'au Parlement Européen. Elle a été parmi les premiers dans le Parti Radical a se
consacrer à la sensibilisation de l'opinion publique internationale sur le problème de l'extermination par
la faim.
En tant que membre fondateur de "Food and Disarmament International", en mai 1981, elle a été
parmi les promoteurs du Manifeste des Prix Nobel contre la faim et pour le développement.
(7) Jean Fabre: fut secrétaire du PR.
(8) Gianni Sandrucci: Ex-directeur de Radio Radicale, il a réalisé le logiciel d'"Agorà télématique".
(9) "missine": du MSI, le Mouvement social italien d'extrême droite.











