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ISRAEL/PALESTINE:
LETTRE DES DÉPUTÉS EUROPÉENS ZIMERAY, DE CLERCQ, RIES, VAN DAM ET DUPUIS
À M. ROMANO PRODI, PRÉSIDENT DE LA COMMISSION EUROPÉENNE
Strasbourg,
le 6 septembre 2001
Monsieur le Président,
Les propos d'une particulière gravité tenus le 4 septembre 2001 par Monsieur
Chris PATTEN, Commissaire Européen, devant l'assemblée plénière du Parlement
de Strasbourg, soulèvent notre profonde indignation.
Interrogé sur le détournement des aides européennes dans le système éducatif
palestinien nourrissant à la fois la propagande antijuive et l'appel au
martyre, Monsieur PATTEN a déclaré: "…les livres scolaires ne vont pas
changer la tragique réalité de la vie quotidienne dans les territoires
palestiniens ou dans les camps palestiniens." Outre qu'elle tente de minimiser
l'impact de ces détournements, cette affirmation nous paraît en elle-même
scandaleuse: c'est précisément parce que la haine des juifs a été imprimée
dans les esprits que tant de jeunes palestiniens sont aujourd'hui candidats
aux attentats suicides. C'est parce que cette haine rituelle barrait la
route de la paix que les chances de Camp David ne furent pas saisies.
Nous pensons au contraire - et toute l'histoire de l'Europe en atteste
- que c'est par l'éducation que progresse l'humanité et que chemine la
paix. Trop de générations ont été jusque là dressées dans le fanatisme
; en encourager de nouvelles constitue un obstacle à la paix et un crime
contre les valeurs qui fondent l'action communautaire.
Plus grave encore, le Commissaire poursuivant son propos, a tenté de justifier
l'injustifiable: "…il ne doit pas être très facile pour un enseignant
dans les camps d'enseigner aux enfants la tolérance et la conscience quand,
lorsqu'ils sortent du camp le soir , ils voient les tanks, les fusils
et des jets de pierre…". Ainsi, pour Monsieur PATTEN, le contexte de violence
excuserait que soient inculquées des idées qui vaudraient à quiconque
en Europe une condamnation pour incitation à la haine raciale et négationisme.
Outre que le cycle de la violence ne commence pas nécessairement avec
les tanks mais avec le fanatisme et la peur, ce propos témoigne d'une
inadmissible indulgence envers ceux qui arment de convictions les bombes
humaines.
Enfin, avec une persistance que d'aucuns pourraient qualifier de mauvaise
foi, le Commissaire a continué à donner aux questions précises que nous
lui avions posées des réponses déviées et évasives. C'est ainsi qu'alors
que nous l'avions interpellé à plusieurs reprises par écrit et oralement
sur l'ensemble des aides communautaires qui pouvaient financer un système
éducatif dispensant une propagande antisémite incitant au martyre, et
alors que nous disposons des preuves de l'existence de cet enseignement,
Monsieur PATTEN a cru que nous nous contenterions d'apprendre que l'UE
n'aurait pas directement financé l'impression des ouvrages racistes, mais
fourni plus largement "une assistance au système éducatif concentrée sur
les infrastructures, les équipements, les dépenses courantes des écoles
telles que les salaires des enseignants".
Sur ce dernier point, disposant d'éléments précis et concordants montrant
comment l'éducation palestinienne contribue au climat de violence et de
haine, en infraction non seulement aux accords d'Oslo mais également aux
Droits Fondamentaux, nous saisissons le Président de la Cour des Comptes
Européenne.
Par ailleurs, nous nous permettons de demander ce que pense le Président
de la Commission Européenne des propos suivants: " je ne pense pas qu'il
soit opportun que des membres de cette chambre donnent l'impression que
nous ne dépensons pas l'argent du contribuable européen correctement",
en l'occurrence la réponse du Commissaire PATTEN aux parlementaires qui
s'interrogent légitimement sur l'utilisation des fonds alloués par la
Commission…et donc le contribuable.
Dans l'attente des explications de la Commission sur l'ensemble de ces
propos et des faits signalés, nous vous prions de croire, Monsieur le
Président, l'expression de notre haute considération.
François ZIMERAY
Willy DE CLERCQ
Frédérique RIES
Olivier DUPUIS
Rijk Van DAM
cc: Nicole FONTAINE, Présidente du Parlement Européen.
Chris PATTEN, Commissaire Européen.
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1Oth
September 2001: The answer of the Commissioner Chris Patten
The
Right Honorable
Christopher Patten, CH
Member of the European Commission
Rue de la Loi 200, 1049 Bruxelles
Wetstraat 200, 1049 Brussel
Brussels, le 1Oth September 2001
Mr Olivier Dupuis,
You wrote to Romano Prodi on 6 September about the statement on the Middle
East which I had delivered to the European Parliament a couple of days
before. I feel very strongly about this - so strongly, indeed that Romano
suggested that I should personally respond to your letter.
I stand by every word in my speech. In the worst traditions of partisan
pleading, you have quoted selectively from what I said to try to demonstrate
that I was denying the importance of balanced education, or excusing the
promotion of racial hatred. I utterly repudiate that insinuation. In the
attached transcript of my speech I have underlined some of the passages
you choose not to quote, which set my remarks in context. I did indeed
say that textbooks alone are not going to change the tragic reality of
daily life in the region, and that it cannot be easy for teachers to convey
a message of tolerance when, every day, children see tanks and guns, and
witness their peers throwing stones. You can hardly dispute such a self-evidence
assertions. But in this context I also said that "I wish (the textbooks)
did convey such a message (of peace and tolerance)". And I stressed that
"It is important that UNWRA is running a substancial tolerance and awareness
programme in its schools to counteract any negative influence on the pupils".
The issue of Palestinian textbooks has come up with monotonous regularity
for over a year now. It is deplorable that textbooks containing messages
of racial hatred are still being used in some schools in the West Bank
and Gaza. I understand that such books are being rapidly phased out -
and that is profoundly to be welcomed. But the European Commission does
not finance the production and distribution of schoolbooks in the Palestinian
territories, either directly or indirectly. None of our projects in support
of the Palestinian authority - or those in support of UNRWA - include
the production or distribution of textbooks. The allegation that the Commission
finances those books is therefore incorrect, and we have made this clear
again and again. Endless repetition of this falsehood is not - to put
it mildly - helpful. It is high time that we drew a line under the issue.
The European Union as a whole - and the Commission in particular - has
a proud record of seeking to promote peace, tolerance and human rights
in the Middle East. We have tried to maintain our credibility with all
parties in the conflict by being as objective as we can - refusing to
take sides. That is surely the right approach.
I am copying this letter to your co-signatories, Romano Prodi and the
President of the President of the Parliament, Nicole Fontaine.
(signature)
Christopher Patten
Member of the European Commission
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