09/04/2002 PE: Situation au Moyen-Orient, Intervention du Benedetto Della Vedova

Della Vedova (NI). - Monsieur le Président, je tiens à exprimer tout d'abord le souhait que la même attention, juste et urgente, que l'Europe est en train de consacrer à la violence et au sang qui coule en Palestine, soit également consacrée au génocide qui est en cours - comme l'a rappelé le collègue Watson - à l'égard du peuple tchétchène, avec l'élimination physique de 20 pour cent de la population. Et jusqu'à présent, à ce propos, - permettez-moi de le dire - il n'y a eu qu'un lâche silence de la part de l'Europe. L'Europe ne peut pas revendiquer une position d'équidistance entre Israël et l'Autorité palestinienne. Il n'existe aucune autorité morale pour aucune médiation si les condamnations sont presque à sens unique, si l'on ne montre pas qu'on fait une distinction entre un pays démocratique, le seul de toute la région, qui est de toute manière engagé dans le respect des Droits de l'Homme - mais jusqu'à quand ? On est en droit de se le demander - et une satrapie dans laquelle ceux qui sont soupçonnés d'être des collaborateurs sont exécutés sans l'ombre d'un procès; si l'on ne considère pas que l'armée israélienne est engagée dans une réponse armée qui peut être inopportune et stérile, qui ne doit et qui ne peut être surtout la seule réponse, mais qui est due à la série incessante de massacres de civils désarmés et innocents. Pour eux, peu de larmes. Il est probable, comme l'a dit le Haut Commissaire Solana, que Sharon, dans sa tentative de déraciner les infrastructures du terrorisme, finira par faire naître de nouveaux groupes de terroristes fanatiques, mais nous ne pouvons pas vraiment penser que, contrairement à ceux qui ont abattu les Tours Jumelles, les kamikazes palestiniens n'aient pas derrière eux une organisation tout aussi sanguinaire et cynique. Nous demandons à Sharon de se retirer et de faire taire ses armes. C'est très bien. Mais que demandons-nous à Arafat? Si toutefois Arafat est capable de faire autre chose que dire "non", comme il l'a fait jusqu'ici. Lorsque nous demandons à Sharon de cesser ses représailles violentes, quelles garanties, quelles solutions offrons-nous ? On parle de rétorsion économique à l'égard d'Israël. Nous voudrions que quelqu'un demande à l'Autorité palestinienne une enquête sur les financements européens, ne fut-ce que pour rassurer les contribuables européens qu'ils ne sont pas en train de payer un salaire à des fonctionnaires et des dirigeants qui sont impliqués dans l'organisation des attentats suicides. Que l'Europe fasse un pas clair, en offrant à la démocratie israélienne la pleine intégration dans l'Union. Ce serait une manière de gagner de l'autorité, de jeter une ancre aux institutions de l'Etat d'Israël et d'offrir également une perspective stratégique de développement économique. Ce serait une façon d'offrir un espoir concret de paix aux citoyens palestiniens et aux citoyens israéliens.