VIETNAM: NOUVELLE OFFENSIVE DE HANOI CONTRE LA LIBERTE DE RELIGION. L’UE DOIT REAGIR AVEC LA PLUS GRANDE FERMETE !


Bruxelles, le 23 octobre 2003. Les autorités vietnamiennes ont placé en fait ou en droit 11 bonzes dissidents de l’Eglise Bouddhique Unifiée du Vietnam (EBUV, non reconnue) en résidence surveillée pour 2 ans. Parmi eux le Patriarche Thich Huyen Quang, dont la détention arbitraire dure depuis plus de 20 ans, et son second Thich Quang Do, qui avait été prétendument libéré en juin dernier. Le porte-parole du Ministère vietnamien des Affaires étrangères a évoqué des « violations de la législation sur la sécurité nationale ». En violation flagrante des normes internationales, la loi vietnamienne autorise les autorités locales à placer des individus en « détention administrative » de 6 à 24 mois sans procès pour atteinte à la sécurité nationale (décret 31/CP de 1997 sur la « détention administrative »).

La répression de l’EBUV fait suite à l’élection de 41 moines (dont les 11 arrêtés) aux postes-clé de l’EBUV lors de son assemblée, le 1er octobre 2003 à la Pagode Nguyen Thieu (province de Binh Dinh), et au départ du Patriarche Thich Huyen Quang et de Thich Quang Do pour Ho Chi Minh Ville. Les services de sécurité vietnamiens ont bloqué durant plus de 10 heures leur convoi, à la suite de quoi ils ont ramené manu militari le Vén. Thich Huyen Quang, 86 ans, à la Pagode Nguyen Thieu et le Vén. Thich Quang Do, 75 ans, au Monastère Zen Thanh Minh, à Ho Chi Minh-Ville. Selon le Bureau International d’Information Bouddhiste (IBIB), basé à Paris, cette action musclée de la police a suivi de quelques jours la conclusion des travaux de la 1° assemblée extraordinaire de l’EBUV depuis son interdiction en 1981 par les autorités communistes.

Question d’Olivier Dupuis, député européen, radical, à la Commission européenne:

"Quelles sont les informations dont dispose la Commission concernant la condamnation à 2 ans de résidence surveillée de trois moines de l’EBUV et de l’incarcération arbitraire de 8 autres, dont les numéros 1 et 2 de l’EBUV ? La Commission n’estime-t-elle pas que cet énième épisode de répression des autorités vietnamiennes à l’encontre des responsables de l’EBUV démontre la mauvaise foi des autorités vietnamiennes et leur absence de volonté réelle de garantir le droit à la liberté de religion et de procéder à la légalisation de l’EBUV ? La Commission n’estime-t-elle pas qu’une telle situation appelle une réaction extrêmement ferme de sa part, y compris le gel de l’Accord de Coopération UE-Vietnam ? La Commission n’estime-t-elle pas que la situation extrêmement grave au Vietnam, au Laos, en Birmanie et, même si dans une mesure moindre, au Cambodge, devrait l’amener à proposer au Conseil et au Parlement, la nomination d’un représentant spécial de l’UE pour ces pays ?"

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