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Vanida Thephsouvanh a été écoutée par le Comité permanent pour les droits humains de la Chambre des Députés italienne
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Mesdames, Messieurs,
Depuis 32 ans, la République Démocratique Populaire Lao n'a cessé de transgresser les règles internationales des Droits de l'Homme, devenant l'un des Etats les plus répressifs en Asie, comme le soulignent les récents rapports d'Amnesty International, de Reporters sans Frontières et du Département d'Etat américain.
La presse, la radio, la télévision, l'Internet, l'ensemble des médias, appartiennent au Parti-Etat et sont sous son strict contrôle. La liberté d'expression et de manifestation est inexistante. Une loi sur Internet punit toute personne qui consulte ou met en ligne des éléments que le Parti estime comme pouvant « nuire à l'unité et à l'intégrité du pays ». Le gouvernement demande expressément aux propriétaires des « Cyber cafés » de veiller à ce que leurs locaux ne soient pas fréquentés par des « mauvais éléments ».
Depuis 32 ans, la RDP Lao est dirigée par un régime dictatorial. Elle reste un Etat à Parti unique: le Parti Populaire Révolutionnaire Lao. Tout autre parti politique est interdit dans le pays et ce principe est inscrit en toutes lettres dans la Constitution. Les organisations et institutions, autres que celles dans le giron du Parti ou sous le strict contrôle du système, ne sont pas autorisées.
A chaque fois que la communauté internationale sera informée des violations des droits fondamentaux, le gouvernement du Laos niera toutes actions répréhensibles de sa part. Pour les autorités du Laos, il s'agira toujours de « pures fabrications » émanant des « mauvaises personnes » qui cherchent à « discréditer l'image du gouvernement Lao ».
Quatre dossiers particuliers sont au cœur de nos préoccupations : le sort des leaders du Mouvement étudiant du 26 Octobre 1999, incarcérés depuis 8 ans pour avoir osé réclamer publiquement des réformes démocratiques ; la persécution contre les groupes de Lao-Hmong ; la campagne de répression des minorités religieuses et les déplacements forcés de populations.
1 – Le dossier des leaders du « Mouvement Etudiant du 26 octobre »
Le 26 octobre 1999 à Vientiane, cinq défenseurs des libertés et de la démocratie : Thongpaseuth KEUAKOUN, Seng-Aloun PHENGPHANH, Bouavanh CHANMANIVONG, et KEOCHAY, ainsi que d'autres jeunes responsables ont appelé à une marche pacifique d'étudiants, d'enseignants et de citoyens laotiens pour réclamer des réformes démocratiques et le respect de la liberté et des Droits de l'Homme au Laos. Ce rassemblement de contestation, le premier sous le régime communiste depuis 1975, a été réprimé dès son lancement et plus d'une centaine de participants ont été arrêtés.
Demain sera le 8ème anniversaire de leur arrestation. Nous ignorons s'ils sont toujours en vie.
Peu de nouvelles ont filtré sur le sort des cinq dirigeants étudiants, mis à part l'annonce du décès en prison de l'un d'entre eux, Khamphouvieng SISA-AT, dont la mort en 2001 due aux privations et aux mauvais traitements n'a été connue qu'en 2004, grâce au témoignage d'un ancien détenu.
Personne n'a jamais pu rendre visite aux leaders de ce « Mouvement du 26 octobre ». Quant au gouvernement Lao, il a d'abord gardé silence, puis nié les faits et, après, a donné des informations contradictoires et inexactes.
Le 20 mars de cette année, lors de la visite d'une délégation parlementaire du Parlement européen au Laos, le président de l'Assemblée Nationale du Laos a déclaré au chef de la délégation, M. Harmut NASSAUER, que les leaders de ce mouvement ont été libérés en 2006. Malheureusement, d'autres informations nous font croire le contraire car ces personnes sont toujours attendues par leurs familles et leurs proches.
Si nous sommes ici aujourd'hui, c'est parce qu'il existe des liens très forts entre quelques-uns de vos compatriotes et le symbole d'une lutte pacifique pour la démocratie au Laos.
Monsieur Bruno MELLANO, député italien, ainsi que deux autres de vos compatriotes, Silvja MANZI et Massimo LENSI, faisait partie des cinq militants du Parti Radical Transnational – avec l'ancien député européen Olivier DUPUIS, et Nikolaï KHRAMOV – qui avaient été détenus, condamnés et expulsés de la RDPL pour avoir manifesté pacifiquement à Vientiane le 26 octobre 2001, pour marquer le 2ème anniversaire du « Mouvement du 26 octobre », un anniversaire devenu le symbole d'une lutte pacifique pour les démocrates Lao à l'intérieur et à l'extérieur du pays.
2 – Le dossier de la répression contre les populations Lao-Hmong
Une population de Lao-Hmong, vivant cachée dans la jungle de Saysomboune, comprise entre 10.000 et 20.000 personnes (selon différentes sources), est victime d'une véritable « chasse à l'homme » lancée par les forces armées du gouvernement Lao. Le calvaire de ces personnes, en majorité des personnes âgées, femmes et enfants, a été confirmé grâce aux témoignages de plusieurs journalistes occidentaux.
Des événements graves sont régulièrement signalés par les organisations de défense des Droits de l'Homme et les médias internationaux. Evénements niés à chaque fois par le gouvernement Lao.
Entre le 5 juin et le 22 juillet 2007, dans la région de Phou Bia, 67 personnes ont été massacrées dont plus de la moitié étaient des femmes et des enfants.
Pour faire la lumière sur cette grave situation, qui ne saurait souffrir d'aucune controverse, le gouvernement du Laos n'a jamais démontré sa bonne foi en permettant l'accès de cette région aux observateurs indépendants.
Et, en attendant, cette population cachée dans la jungle, se nourrissant de feuilles et de racines, n'osant pas allumer de feu de peur d'être repérée par l'armée, disparaît peu à peu, par des massacres, par la faim, par les maladies.
En plus de cette population cachée dans la jungle à l'intérieur du Laos, il y a également le drame des quelque 8.000 Lao-Hmong, ceux qui ont pu se réfugier en Thaïlande, qui vivent dans un camp de la province de Phetchaboun en Thaïlande, et qui vont être renvoyés vers le Laos, suite aux accords conclus entre les gouvernements Lao et Thaï.
Lors de sa visite en Thaïlande au mois d'août 2006, le Haut Commissaire des Nations Unies pour les Réfugiés, M. António Guterres, avait appelé Bangkok à ne pas renvoyer ces réfugiés vers le Laos et à leur accorder « protection et assistance ».
D'importantes organisations de défense des Droits de l'homme – Amnesty International, Forum Asia, Human Rights Watch, la Fédération Internationale des Droits de l'Homme, par exemple – ont toutes demandé que ces Lao-Hmong ne soient pas renvoyés vers un régime qu’ils ont fui et où leur sécurité ne peut pas être garantie.
Le gouvernement du Laos, quant à lui, assure que cette population, une fois rapatriée, sera bien accueillie.
Basés sur les faits passés, nous avons toutefois des raisons de craindre le contraire. Les groupes de Lao-Hmong qui ont été renvoyés par la Thaïlande au Laos, ont vu leur famille dispersée, des hommes arrêtés et disparus.
3 – Le dossier de la répression des minorités religieuses
La répression des minorités religieuses n'a pas cessé au Laos, en particulier contre les chrétiens.
Harcèlements, pressions morales, menaces, violences, confiscations des terres, exclusions des villages sont le lot des chrétiens du Laos, qui doivent souvent renoncer par écrit à leur foi pour accéder à la fonction publique, la police, l'armée populaire ou la hiérarchie du Parti.
Fait nouveau : en février 2007, deux bonzes bouddhistes ont été arrêtés pour avoir été ordonnés bonzes et avoir célébré leur ordination sans l'autorisation du gouvernement.
Le Département d'Etat américain a publié son rapport annuel 2007 sur la situation de la liberté de croyance dans le monde. Le Laos est classé parmi les 20 pays qui continuent de « violer de façon significative » la liberté de croyance.
4 - Le dossier des villageois déplacés par le gouvernement
Par souci de contrôle, des dizaines de milliers de Laotiens, en majorité issus des minorités ethniques, n'ont pas cessé d'être ballottés d'un endroit à l'autre au cours des vingt dernières années.
Officiellement, le gouvernement de la RDPL explique ces déplacements massifs de population comme étant l'application d'une politique de développement rural et de lutte contre la culture du pavot et contre la culture sur brûlis. Or, selon les organisations internationales de protection de l'environnement, il est de notoriété publique que « les principaux responsables de la destruction des forêts primaires au cours des vingt dernières années ont été les entreprises d'exploitation du bois, dont la plus importante est contrôlée par l'armée depuis les années 80 ».
Ce programme de déplacements forcés touche, entre autres, les Hmong, Khmu, Lu, Yao, contraints de quitter les villages des montagnes et des hauts plateaux vers les plaines, se retrouvant confrontés à de graves difficultés d’adaptation, à des promesses d'assistance non tenues par les autorités, et à une disparition progressive de l’héritage ethnique et culturel. L’extrême dénuement, comme l’absence d’accès à l’éducation, à la santé, et aux informations sanitaires font aussi que les femmes et les mineures de ces populations déplacées le long des routes, deviennent les proies faciles des réseaux du trafic humain, de la prostitution et les victimes innocentes du Sida et d'autres maladies sexuellement transmissibles. Dans son émission du 18 octobre 2007, la radio Voice of America a d'ailleurs noté que, selon la « Commission Anti-Aid », il y a une hausse inquiétante de malades de HIV, surtout dans les régions frontalières avec la Thaïlande, le Vietnam et la Chine.
A l'origine des déplacements massifs de populations, on trouve aussi des projets de barrages hydroélectriques. Le seul barrage de Nam Theun II – dont la construction en cours est soutenue par la Banque Mondiale, et dans lequel la France assume une part essentielle à travers l'engagement financier de l'entreprise publique EDF – déplacera au total plus de 6.000 villageois du Plateau de Nakaï. Ceux qui ont déjà été déplacés attendent toujours la compensation financière ou matérielle qui leur avait été promise.
Au-delà de ces graves problèmes, quelles perspectives de changements en République Démocratique Populaire Lao ?
Le 8ème Congrès du Parti Révolutionnaire Populaire Lao tenu en mars 2006, suivi des élections législatives anticipées fin avril et de la constitution d'un gouvernement en juin, n'ont pas été porteurs d'espoir de vent libéral. On retrouve les mêmes au Politburo, et les « nouveaux venus » parmi les 55 membres du Comité Central du Parti sont le plus souvent des enfants des hauts dirigeants octogénaires contraints à la retraite.
C'est à nouveau un partage de pouvoir et de corruption entre les clans et les familles du Parti unique, alors que le peuple laotien s'enfonce dans la pauvreté.
Ces élections ont permis aux dirigeants de la RDPL de vanter sa légitimité auprès des donateurs et de la communauté internationale.
Les grands perdants sont évidemment la démocratie, la liberté et le peuple laotien, un peuple sous contrôle qui ne peut choisir que sur une liste préétablie par le Parti, un peuple que le régime a obligé à aller voter avec un bulletin unique dans la main.
32 ans après la prise de pouvoir du Parti communiste, le PIB atteint à peine 400 dollars par an et par habitant (plus de 75% vivent sous le seuil de pauvreté de 2 dollars par jour), l'espérance de vie ne dépasse pas 55 ans, quatre Laotiens sur dix ne savent ni lire ni écrire, selon les dernières statistiques de la Banque Mondiale.
Au milieu d'une Asie en plein essor, le Laos, à la 135ème place du classement du « développement humain », demeure un îlot de pauvreté. Un rapport de la Banque Mondiale a classé le Laos parmi les 26 pays les plus « fragiles » du monde. Selon ce rapport, l'instabilité fait de ces pays des « lieux propices au terrorisme, à la production de drogues et au trafic illégal d'armes ». Ces pays sont aussi confrontés à « l'insécurité, à une corruption à grande échelle, aux violations de la loi et à un faible niveau de développement », selon ce même rapport.
Voilà, Mesdames et Messieurs, les préoccupations qui nous occupent en permanence et sur lesquelles nous nous désespérons.
La répression au Laos n'a pas de « visage » célèbre. Le peuple laotien n'a pas son Prix Nobel pour faire connaître au monde ses souffrances et ses détresses.
Le prix Nobel, Aung San Suu Kyi, justement, n'a-t-elle pas dit – je cite – « Utilisez votre liberté pour défendre la nôtre », (en anglais « Please use your liberty to help us secure ours ») – fin de citation.
C’est dans ce sens là que nous essayons, nous, réfugiés et exilés dans une terre de liberté, d'être la voix de nos compatriotes sans voix et sans droits à l'intérieur de notre pays.
Je vous remercie
Depuis 32 ans, la République Démocratique Populaire Lao n'a cessé de transgresser les règles internationales des Droits de l'Homme, devenant l'un des Etats les plus répressifs en Asie, comme le soulignent les récents rapports d'Amnesty International, de Reporters sans Frontières et du Département d'Etat américain.
La presse, la radio, la télévision, l'Internet, l'ensemble des médias, appartiennent au Parti-Etat et sont sous son strict contrôle. La liberté d'expression et de manifestation est inexistante. Une loi sur Internet punit toute personne qui consulte ou met en ligne des éléments que le Parti estime comme pouvant « nuire à l'unité et à l'intégrité du pays ». Le gouvernement demande expressément aux propriétaires des « Cyber cafés » de veiller à ce que leurs locaux ne soient pas fréquentés par des « mauvais éléments ».
Depuis 32 ans, la RDP Lao est dirigée par un régime dictatorial. Elle reste un Etat à Parti unique: le Parti Populaire Révolutionnaire Lao. Tout autre parti politique est interdit dans le pays et ce principe est inscrit en toutes lettres dans la Constitution. Les organisations et institutions, autres que celles dans le giron du Parti ou sous le strict contrôle du système, ne sont pas autorisées.
A chaque fois que la communauté internationale sera informée des violations des droits fondamentaux, le gouvernement du Laos niera toutes actions répréhensibles de sa part. Pour les autorités du Laos, il s'agira toujours de « pures fabrications » émanant des « mauvaises personnes » qui cherchent à « discréditer l'image du gouvernement Lao ».
Quatre dossiers particuliers sont au cœur de nos préoccupations : le sort des leaders du Mouvement étudiant du 26 Octobre 1999, incarcérés depuis 8 ans pour avoir osé réclamer publiquement des réformes démocratiques ; la persécution contre les groupes de Lao-Hmong ; la campagne de répression des minorités religieuses et les déplacements forcés de populations.
1 – Le dossier des leaders du « Mouvement Etudiant du 26 octobre »
Le 26 octobre 1999 à Vientiane, cinq défenseurs des libertés et de la démocratie : Thongpaseuth KEUAKOUN, Seng-Aloun PHENGPHANH, Bouavanh CHANMANIVONG, et KEOCHAY, ainsi que d'autres jeunes responsables ont appelé à une marche pacifique d'étudiants, d'enseignants et de citoyens laotiens pour réclamer des réformes démocratiques et le respect de la liberté et des Droits de l'Homme au Laos. Ce rassemblement de contestation, le premier sous le régime communiste depuis 1975, a été réprimé dès son lancement et plus d'une centaine de participants ont été arrêtés.
Demain sera le 8ème anniversaire de leur arrestation. Nous ignorons s'ils sont toujours en vie.
Peu de nouvelles ont filtré sur le sort des cinq dirigeants étudiants, mis à part l'annonce du décès en prison de l'un d'entre eux, Khamphouvieng SISA-AT, dont la mort en 2001 due aux privations et aux mauvais traitements n'a été connue qu'en 2004, grâce au témoignage d'un ancien détenu.
Personne n'a jamais pu rendre visite aux leaders de ce « Mouvement du 26 octobre ». Quant au gouvernement Lao, il a d'abord gardé silence, puis nié les faits et, après, a donné des informations contradictoires et inexactes.
Le 20 mars de cette année, lors de la visite d'une délégation parlementaire du Parlement européen au Laos, le président de l'Assemblée Nationale du Laos a déclaré au chef de la délégation, M. Harmut NASSAUER, que les leaders de ce mouvement ont été libérés en 2006. Malheureusement, d'autres informations nous font croire le contraire car ces personnes sont toujours attendues par leurs familles et leurs proches.
Si nous sommes ici aujourd'hui, c'est parce qu'il existe des liens très forts entre quelques-uns de vos compatriotes et le symbole d'une lutte pacifique pour la démocratie au Laos.
Monsieur Bruno MELLANO, député italien, ainsi que deux autres de vos compatriotes, Silvja MANZI et Massimo LENSI, faisait partie des cinq militants du Parti Radical Transnational – avec l'ancien député européen Olivier DUPUIS, et Nikolaï KHRAMOV – qui avaient été détenus, condamnés et expulsés de la RDPL pour avoir manifesté pacifiquement à Vientiane le 26 octobre 2001, pour marquer le 2ème anniversaire du « Mouvement du 26 octobre », un anniversaire devenu le symbole d'une lutte pacifique pour les démocrates Lao à l'intérieur et à l'extérieur du pays.
2 – Le dossier de la répression contre les populations Lao-Hmong
Une population de Lao-Hmong, vivant cachée dans la jungle de Saysomboune, comprise entre 10.000 et 20.000 personnes (selon différentes sources), est victime d'une véritable « chasse à l'homme » lancée par les forces armées du gouvernement Lao. Le calvaire de ces personnes, en majorité des personnes âgées, femmes et enfants, a été confirmé grâce aux témoignages de plusieurs journalistes occidentaux.
Des événements graves sont régulièrement signalés par les organisations de défense des Droits de l'Homme et les médias internationaux. Evénements niés à chaque fois par le gouvernement Lao.
Entre le 5 juin et le 22 juillet 2007, dans la région de Phou Bia, 67 personnes ont été massacrées dont plus de la moitié étaient des femmes et des enfants.
Pour faire la lumière sur cette grave situation, qui ne saurait souffrir d'aucune controverse, le gouvernement du Laos n'a jamais démontré sa bonne foi en permettant l'accès de cette région aux observateurs indépendants.
Et, en attendant, cette population cachée dans la jungle, se nourrissant de feuilles et de racines, n'osant pas allumer de feu de peur d'être repérée par l'armée, disparaît peu à peu, par des massacres, par la faim, par les maladies.
En plus de cette population cachée dans la jungle à l'intérieur du Laos, il y a également le drame des quelque 8.000 Lao-Hmong, ceux qui ont pu se réfugier en Thaïlande, qui vivent dans un camp de la province de Phetchaboun en Thaïlande, et qui vont être renvoyés vers le Laos, suite aux accords conclus entre les gouvernements Lao et Thaï.
Lors de sa visite en Thaïlande au mois d'août 2006, le Haut Commissaire des Nations Unies pour les Réfugiés, M. António Guterres, avait appelé Bangkok à ne pas renvoyer ces réfugiés vers le Laos et à leur accorder « protection et assistance ».
D'importantes organisations de défense des Droits de l'homme – Amnesty International, Forum Asia, Human Rights Watch, la Fédération Internationale des Droits de l'Homme, par exemple – ont toutes demandé que ces Lao-Hmong ne soient pas renvoyés vers un régime qu’ils ont fui et où leur sécurité ne peut pas être garantie.
Le gouvernement du Laos, quant à lui, assure que cette population, une fois rapatriée, sera bien accueillie.
Basés sur les faits passés, nous avons toutefois des raisons de craindre le contraire. Les groupes de Lao-Hmong qui ont été renvoyés par la Thaïlande au Laos, ont vu leur famille dispersée, des hommes arrêtés et disparus.
3 – Le dossier de la répression des minorités religieuses
La répression des minorités religieuses n'a pas cessé au Laos, en particulier contre les chrétiens.
Harcèlements, pressions morales, menaces, violences, confiscations des terres, exclusions des villages sont le lot des chrétiens du Laos, qui doivent souvent renoncer par écrit à leur foi pour accéder à la fonction publique, la police, l'armée populaire ou la hiérarchie du Parti.
Fait nouveau : en février 2007, deux bonzes bouddhistes ont été arrêtés pour avoir été ordonnés bonzes et avoir célébré leur ordination sans l'autorisation du gouvernement.
Le Département d'Etat américain a publié son rapport annuel 2007 sur la situation de la liberté de croyance dans le monde. Le Laos est classé parmi les 20 pays qui continuent de « violer de façon significative » la liberté de croyance.
4 - Le dossier des villageois déplacés par le gouvernement
Par souci de contrôle, des dizaines de milliers de Laotiens, en majorité issus des minorités ethniques, n'ont pas cessé d'être ballottés d'un endroit à l'autre au cours des vingt dernières années.
Officiellement, le gouvernement de la RDPL explique ces déplacements massifs de population comme étant l'application d'une politique de développement rural et de lutte contre la culture du pavot et contre la culture sur brûlis. Or, selon les organisations internationales de protection de l'environnement, il est de notoriété publique que « les principaux responsables de la destruction des forêts primaires au cours des vingt dernières années ont été les entreprises d'exploitation du bois, dont la plus importante est contrôlée par l'armée depuis les années 80 ».
Ce programme de déplacements forcés touche, entre autres, les Hmong, Khmu, Lu, Yao, contraints de quitter les villages des montagnes et des hauts plateaux vers les plaines, se retrouvant confrontés à de graves difficultés d’adaptation, à des promesses d'assistance non tenues par les autorités, et à une disparition progressive de l’héritage ethnique et culturel. L’extrême dénuement, comme l’absence d’accès à l’éducation, à la santé, et aux informations sanitaires font aussi que les femmes et les mineures de ces populations déplacées le long des routes, deviennent les proies faciles des réseaux du trafic humain, de la prostitution et les victimes innocentes du Sida et d'autres maladies sexuellement transmissibles. Dans son émission du 18 octobre 2007, la radio Voice of America a d'ailleurs noté que, selon la « Commission Anti-Aid », il y a une hausse inquiétante de malades de HIV, surtout dans les régions frontalières avec la Thaïlande, le Vietnam et la Chine.
A l'origine des déplacements massifs de populations, on trouve aussi des projets de barrages hydroélectriques. Le seul barrage de Nam Theun II – dont la construction en cours est soutenue par la Banque Mondiale, et dans lequel la France assume une part essentielle à travers l'engagement financier de l'entreprise publique EDF – déplacera au total plus de 6.000 villageois du Plateau de Nakaï. Ceux qui ont déjà été déplacés attendent toujours la compensation financière ou matérielle qui leur avait été promise.
Au-delà de ces graves problèmes, quelles perspectives de changements en République Démocratique Populaire Lao ?
Le 8ème Congrès du Parti Révolutionnaire Populaire Lao tenu en mars 2006, suivi des élections législatives anticipées fin avril et de la constitution d'un gouvernement en juin, n'ont pas été porteurs d'espoir de vent libéral. On retrouve les mêmes au Politburo, et les « nouveaux venus » parmi les 55 membres du Comité Central du Parti sont le plus souvent des enfants des hauts dirigeants octogénaires contraints à la retraite.
C'est à nouveau un partage de pouvoir et de corruption entre les clans et les familles du Parti unique, alors que le peuple laotien s'enfonce dans la pauvreté.
Ces élections ont permis aux dirigeants de la RDPL de vanter sa légitimité auprès des donateurs et de la communauté internationale.
Les grands perdants sont évidemment la démocratie, la liberté et le peuple laotien, un peuple sous contrôle qui ne peut choisir que sur une liste préétablie par le Parti, un peuple que le régime a obligé à aller voter avec un bulletin unique dans la main.
32 ans après la prise de pouvoir du Parti communiste, le PIB atteint à peine 400 dollars par an et par habitant (plus de 75% vivent sous le seuil de pauvreté de 2 dollars par jour), l'espérance de vie ne dépasse pas 55 ans, quatre Laotiens sur dix ne savent ni lire ni écrire, selon les dernières statistiques de la Banque Mondiale.
Au milieu d'une Asie en plein essor, le Laos, à la 135ème place du classement du « développement humain », demeure un îlot de pauvreté. Un rapport de la Banque Mondiale a classé le Laos parmi les 26 pays les plus « fragiles » du monde. Selon ce rapport, l'instabilité fait de ces pays des « lieux propices au terrorisme, à la production de drogues et au trafic illégal d'armes ». Ces pays sont aussi confrontés à « l'insécurité, à une corruption à grande échelle, aux violations de la loi et à un faible niveau de développement », selon ce même rapport.
Voilà, Mesdames et Messieurs, les préoccupations qui nous occupent en permanence et sur lesquelles nous nous désespérons.
La répression au Laos n'a pas de « visage » célèbre. Le peuple laotien n'a pas son Prix Nobel pour faire connaître au monde ses souffrances et ses détresses.
Le prix Nobel, Aung San Suu Kyi, justement, n'a-t-elle pas dit – je cite – « Utilisez votre liberté pour défendre la nôtre », (en anglais « Please use your liberty to help us secure ours ») – fin de citation.
C’est dans ce sens là que nous essayons, nous, réfugiés et exilés dans une terre de liberté, d'être la voix de nos compatriotes sans voix et sans droits à l'intérieur de notre pays.
Je vous remercie
Inscriptions et contributions 2013
| Giuseppe R. Roma | 590 € |
| Salvatore P. Capistrello | 200 € |
| Giancarlo B. Torino | 30 € |
| Marco B. Merano | 20 € |
| Davide B. Prato | 50 € |
| Giuseppe P. Grottammare | 50 € |
| Maurizio T. Roma | 1.000 € |
| Rosa A. Firenze | 590 € |
| Giuliano G. Sondrio | 590 € |
| Sergio Pasquale R. Cremona | 500 € |
| Total SUM | 326.746 € |
Inscriptions et contributions (online) 2013
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