TURKESTAN ORIENTAL: SUPPRESSION DE L’ENSEIGNEMENT EN LANGUE OUIGHOURE PAR LES AUTORITES CHINOISES. QUESTION A LA COMMISSION EUROPEENNE


Bruxelles, le 13 août 2002. Selon l’Agence de presse chinoise Xinhua "les principales universités dans la région majoritairement musulmane du Xinjiang vont commencer à enseigner les matières les plus importantes en chinois en lieu et place des langues locales notamment parce que les étudiants l’ont demandé” et afin d’ "être au diapason des besoins croissants du développement économique et social".
Cette décision contraire à la constitution chinoise qui garanti l’enseignement en ouighour au niveau supérieur, a été prise dans un contexte démographique (même si des données fiables ne sont pas disponibles) où la population totale de la région du Turkestan oriental est estimée à 19 millions d’habitants, dont moins de 8 millions d’Ouighours, avec un flux migratoire de la population han estimé à quelques 7.000 personnes par jour (en 1949 la population han était estimée à quelques 300.000 personnes tandis que la population ouighoure s’élevait à 5 millions de personnes).
Cette décision qui s’inscrit dans le droit fil des tentatives de la Chine de faire figurer le séparatisme ouighour parmi les points de l’agenda de la coalition internationale contre le terrorisme, apparaît comme un moyen de freiner les tendances à l’affirmation de l’identité culturelle des populations ouighoures dans une région où l’université a offert durant plus de 50 ans une grande variété de cours dans les langues locales.

Question d’Olivier Dupuis, député européen, radical, à la Commission européenne

“Est-ce que la Commission a été informée de cette décision prise par les autorités chinoises ? Dans l’affirmative est-ce que la Commission a fait part aux autorités chinoises de ce que la répression des droits culturels des minorités ne fait pas partie de l’agenda de la guerre contre le terrorisme ? En outre quelles sont les initiatives qu’entend prendre la Commission pour amener les autorités chinoises à abolir la décision de supprimer l’enseignement en langue ouighoure au Turkestan oriental (Xinjiang) et, par conséquent, à respecter leur propre constitution ?”