TURKESTAN ORIENTAL: EST-CE DU TERRORISME QUE DE LUTTER POUR LA LIBERTE ET LA DEMOCRATIE ? QUESTION AU CONSEIL


Bruxelles, 26 décembre 2003. Le gouvernement de la RP de Chine vient de publier une liste de "terroristes" ouïghours recherchés. Ces personnes se trouvant à l’étranger, le gouvernement a demandé qu’elles soient arrêtées et extradées. Il s’agit là d’une nouvelle tentative des autorités chinoises de freiner les activités politiques des militants ouighours en dehors de Chine en présentant leurs activités politiques comme "terroristes" et en engrangeant par la même occasion un soutien international à son opération de violente répression en cours dans le Xinjiang - Région Autonome Ouighoure (XUAR-XRAU). Le document officiel publié par le Ministère chinois de la Sécurité publique dresse une liste de quatre groupes ouighours définis comme étant des « organisations terroristes ». Celle-ci inclut le « Congrès Mondial de la Jeunesse Ouighoure » (World Uighur Youth Congress - WUYC) et le « Centre d’Information du Turkestan Oriental » (East Turkistan Information Center - ETIC). Il s’agit dans les deux cas de groupes politiques basés en Allemagne qui publient des rapports sur les graves violations des droits fondamentaux dont sont victimes les Ouighours en Chine et qui défendent le principe de l’autodétermination pour la région. La déclaration rend également publique une liste de 11 personnes qualifiées de « terroristes », dont les présidents du WUYC et de l’ETIC. Toutes ces personnes vivent à l’étranger et les autorités chinoises ont demandé aux différents Etats de les arrêter et de les extrader vers la Chine.

Les autorités chinoises continuent à faire très peu de différence entre une opposition violente et un exercice pacifique du droit à la liberté d’expression, d’association et de religion. La Chine considère toute action en faveur d’une plus grande autonomie ou de l’indépendance comme un acte de "séparatisme ethnique", ce qui est qualifié par la législation chinoise d’atteinte à la Sécurité d’Etat. Plusieurs centaines d’Ouighours accusés d’être impliqués dans ce type d’activités ont été exécutés depuis le milieu des années 1990; d’autres ont été emprisonnés après avoir été torturés et après avoir subis des procès injustes; enfin les autorités chinoises ont imposé des restrictions croissantes au clergé musulman et à la pratique de l’islam dans la région.

Question d’Olivier Dupuis, député européen, radical, au Conseil:

“Le Conseil entend-il donner suite à la requête des autorités chinoises et inscrire le WUYC et le ETIC sur la liste des organisations terroristes internationales alors qu’il s’agit d’organisations politiques pacifiques constituées de personnes vivant dans des Etats membres de l’Union ? Si tel n’est pas le cas, quelles actions le Conseil entend-il prendre pour éviter que les personnes soutenant la liberté et la démocratie en Chine, tant de l’intérieur que de l’extérieur du territoire de la RPC, ne payent de la torture ou même de leur vie leur croyance en l’Etat de Droit et les droits fondamentaux ? Cette question a-t-elle été affrontée lors du dernier sommet UE/RPC à Pékin et, si tel est le cas, quelles sont les décisions qui ont été prises tant par les autorités de l’Union que par celles de la RPC ?”

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