Tchétchénie : Moscou rejette une trêve


Libération

L'offre de cessez-le-feu de l'ancien président Maskhadov a été ignorée

La Russie a ignoré, hier, une offre de trêve d'Aslan Maskhadov, l'ancien président indépendantiste tchétchène. Mais elle a, en revanche, réagi avec vigueur à l'annonce de la diffusion, prévue hier soir par la chaîne de télévision britannique Channel 4, d'une interview du chef de guerre radical Chamil Bassaïev, qui promet de nouvelles prises d'otages, en «exigeant sa non-diffusion». Channel 4 a maintenu cette diffusion.

La déclaration de cessez-le-feu d'Aslan Maskhadov a été rejetée par le pouvoir tchétchène prorusse. Le président Alou Alkanov, élu l'an dernier à l'issue d'un scrutin contesté, a estimé qu'il ne s'agissait que d'une tentative désespérée des rebelles pour faire parler d'eux. L'armée russe a, quant à elle, relevé que les attaques rebelles n'avaient pas diminué. Les responsables russes n'ont, eux, fait aucun commentaire.

Elu à la présidence de la Tchétchénie en 1997, à cette époque souveraine de fait, Aslan Maskhadov vit dans la clandestinité depuis le retour des forces russes, en 1999. Le site des rebelles sur l'Internet, www.kavkazcenter.com, a annoncé mercredi qu'Aslan Maskhadov avait ordonné à tous les combattants tchétchènes d'observer une trêve à partir du 14 janvier dernier. Le même site ajoutait que Chamil Bassaïev avait lui-même donné l'ordre à ses combattants de se tenir tranquilles jusqu'au 22 février, veille du jour anniversaire de la déportation des Tchétchènes par Staline en 1944.

Désavoué par Aslan Maskhadov après la prise d'otages dans une école de Beslan qui s'est soldée en août par la mort de plus de 300 personnes, dont de nombreux enfants, Chamil Bassaïev, dans l'interview qu'il a donnée à Channel 4 dans un lieu non-identifié, affirme toutefois que ses propres combattants préparent «d'autres opérations du type de celle de Beslan à l'avenir», car ils y sont «contraints». Le chef de guerre justifie les attaques contre des civils, qu'il considère comme complices du pouvoir russe. «Les citoyens russes sont complices de cette guerre, c'est juste qu'ils n'ont pas d'armes dans les mains. Les gens qui veulent la paix sont ceux qui ne donnent pas d'argent pour cette guerre, les gens qui ne participent pas et qui s'expriment contre cette guerre.»