Taiwan fustige la France et la Chine


Reuters

Le président taiwanais Chen Shui-bian a fustigé mercredi la Chine et la France, dont les manoeuvres militaires communes quelques jours seulement avant la présidentielle visaient, selon lui, à influencer le choix des électeurs taiwanais. Les forces navales de la Chine et de la France ont effectué pour la première fois mardi des manoeuvres militaires conjointes, à quatre jours de la tenue à Taiwan de l'élection présidentielle. Outre ce scrutin, un référendum sur les capacités de défense de l'île est organisé samedi à Taiwan ce qui est perçu à Pékin comme une initiative indépendantiste. Un porte-parole du ministère des Affaires étrangères cité par l'agence Chine nouvelle a démenti tout lien entre ces manoeuvres au large de Qingdao, à environ 1.250 km de la pointe Nord de Taiwan, et le scrutin présidentiel taiwanais. Mais les autorités taiwanaises en font une analyse diamétralement opposée. "En 1996, la Chine avait procédé à un test de missiles et s'est engagée il y a quatre ans dans une guerre verbale.

Cette fois, la Chine et la France sont allées jusqu'à mener des exercices militaires communs sans précédent", a dénoncé le président Chen Shui-bian, faisant allusion aux deux précédents scrutins présidentiels. Pour le président taiwanais, dont les propos sont cités par le China Times, la France s'est alignée sur la position chinoise dans l'espoir d'accéder au marché commercial chinois. "L'intention est de nous menacer militairement et même d'influer sur le résultat de l'élection et du référendum", avait protesté mardi le ministère taiwanais des Affaires étrangères. * La candidat de l'opposition nationaliste taiwanaise a pour sa part demandé à la Chine de faire preuve de retenue avant le scrutin de samedi de crainte que les électeurs indécis ne soutiennent Chen face à d'éventuelles pressions chinoises. * "Nous espérons que la Chine communiste restera en retrait vis-à-vis de l'élection taiwanaise", a déclaré Lien Chan, interrogé sur les exercices militaires sino-français. * "Chen Shui-bian essaie de détourner à son propre profit une situation de confrontation entre les deux rives du détroit", a ajouté le président du parti nationaliste, au coude-à-coude dans les sondages avec Chen. "Je pense que la Chine continentale n'est pas assez bête pour tomber dans ce piège." En janvier dernier, à l'occasion de la venue en France de son homologue chinois Hu Jintao, le président français Jacques Chirac avait exprimé son opposition à la tenue du référendum taiwanais, jugeant cette initiative "irresponsable", "agressive" et "dangereuse pour tout le monde". "Il m'est difficile de comprendre que le dirigeant d'un pays comme la France se mêle des affaires intérieures d'un autre pays", avait alors rétorqué Chen Shui-bian. La France, comme la majeure partie de la communauté internationale, soutient la politique de "Chine unique" de Pékin, selon laquelle Taiwan fait partie intégrante de la Chine et ne peut donc avoir de relations diplomatiques avec d'autres Etats.