SREBRENICA. SI LES RESPONSABILITES DE L’EUROPE DEVAIENT SE CONFIRMER, L’EUROPE DEVRAIT REPONDRE EN ACCELERANT LA COMMUNAUTARISATION DE LA POLITIQUE ETRANGERE ET DE DEFENSE


Bruxelles, le 24 mars 2004. L'ex-représentant du Venezuela auprès des Nations Unies, l’Ambassadeur Diego Arria, un des témoins au procès de Slobodan Milosevic, a déclaré avoir pris connaissance, il y a trois mois seulement, d’un document interne des Nations Unies, caché durant 11 ans. Il s’agit d’une lettre envoyée en mars 1993 par Mme Sadako Ogata, le Haut Commissaire de l’ONU pour les Réfugiés de l’époque, au Secrétaire Général ONU d’alors, M. Boutros Ghali, par laquelle elle l’informait des crimes que l'armée serbe était en train de commettre en Bosnie-Herzégovine, en particulier dans l'enclave de Srebrenica. L'Ambassadeur Arria soutient qu’à l’évidence le Secrétaire Général en informa seulement les membres permanents du Conseil de Sécurité, se gardant de fournir cette information aux membres provisoires. En outre, en avril 1993 l'ambassadeur Arria guida une mission du Conseil de Sécurité de l'ONU dans l'enclave de Srebrenica. A cette occasion l'ambassadeur Arria informa le Secrétaire général des Nations Unies de la situation grave et de l’imminence de la tragédie bosniaque. A partir de ces informations, on peut déduire que déjà en 1993 – c’est à dire deux ans avant le massacre de Srebrenica - le Secrétaire Général et les membres permanents du Conseil de Sécurité étaient au courant de la catastrophe humanitaire qui avait lieu en Bosnie-Herzégovine.

Question d’Olivier Dupuis, député européen, radical, au Conseil:

Le Conseil est-il au courant des révélations de l’Ambassadeur Arria ? Comment le Conseil a-t-il estimé devoir réagir face à ces révélations ? Dans le cas où ces révélations se confirmeraient – établissant par conséquent sinon une complicité objective dans les crimes commis à Srebrenica, au moins un manquement grave de la part d’Etats membres de l'UE – quelles sont les initiatives que le Conseil entend prendre pour éviter que ne se répètent à l’avenir de pareilles situations, qui sont aux antipodes des principes fondamentaux sur lesquels se fonde l'Union européenne ? Quelles nouvelles initiatives à l’égard de la Bosnie en général, des survivants de Srebrenica en particulier, le Conseil estimerait-il devoir prendre si ces révélations devaient s’avérer exactes ? Enfin, si ces nouvelles devaient se confirmer, le Conseil ne considèrerait-il pas que celles-ci devraient l’amener à accélérer « la communautarisation » de la présence de l’Union au Conseil de Sécurité et, plus généralement, la communautarisation de la politique étrangère de l’Union ?

www.radicalparty.org