RUSSIE: NOUVELLE ATTAQUE DU KREMLIN CONTRE DES MILITANTS DES DROITS DE L’HOMME ET DE ... LA DEMOCRATIE ! L'EUROPE N’A RIEN A DIRE ?


Bruxelles, le 22 mars 2004. Yuri Samodurov, directeur du Musée et du Centre Public Andrei Sakharov et Lyudmila Vasilovskaya, employée du Musée et du Centre Public, font actuellement l’objet d’une enquête des autorités russes pour "incitation à l’hostilité ethnique, raciale et religieuse, avec utilisation de position officielle". Ils sont accusés sur base de l’alinéa b de l'article 282.2 du Code Pénal: "Article 282. Incitation à la haine, à l’hostilité et à humiliation de la dignité humaine". S’ils sont reconnus coupables ils pourraient se voir contraints à payer une très forte amende ou à purger jusqu’à deux ans de prison. Ils sont « coupables» d’avoir permis la tenue dans les locaux du Musée Andrei Sakharov de l’exposition “attention, religion!" où, parmi les diverses oeuvres exposées, figuraient des objets d'art moderne qui parodiaient des thèmes de la religion orthodoxe. Quelques jours après son ouverture, en janvier 2003, l’exposition fut pillée par des voyous - membres d’une organisation extrémiste orthodoxe. Les deux voyous arrêtés sur le théâtre du délit ont été libérés en août 2003 sur décision de la Cour. Simultanément des députés de la Duma ont demandé que le Bureau général du Procureur russe lance des poursuites pénales contre les organisateurs de l’exposition. Yuri Samodurov, ancien collègue d’Andrei Sakharov, et Lyudmila Vasilovskaya courent de sérieux risques de se voir condamnés pour « actes blasphématoires ». M. Samodurov et Mme Vasilovskaya apparaissent bel et bien comme des otages de la guerre que mènent les autorités russes contre les militants des droits de l’homme. En effet durant huit ans le Musée et le Centre Public Andrei Sakharov ont constitué un pôle de défense des droits de l’homme en organisant continuellement des séminaires et des conférences sur les problèmes de société les plus sensibles.

Question d’Olivier Dupuis, député européen, radical, à la Commission:

“Quelles sont les informations dont dispose la Commission sur cette affaire ? Selon la Commission, cette affaire a-t-elle fait l’objet d’une discussion lors du dernier sommet EU-Russie ? Quelles sont les initiatives que la Commission a prises pour contribuer à résoudre cette affaires sur base des principes de l’Etat de Droit ? La Commission considère-t-elle qu’un tel comportement de la part des autorités russes soit conforme à la lettre et à l’esprit des textes des conventions internationales librement souscrits par la Fédération de Russie, ainsi qu’aux engagements pris devant la communauté internationale en générale et devant le Conseil de l'Europe, l'Union européenne et l'OSCE en particulier ?"

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