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Russie: des coupables trop parfaites
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La famille de deux Tchétchènes accusées d'attentats kamikazes réclame des preuves.
Grozny envoyée spéciale. «Mes soeurs ne sont pas des terroristes.» Sous son foulard qui cache soigneusement ses cheveux, Asma Nagaïeva, 42 ans, a l'air lasse et très apeurée, mais elle a quand même tenu à parler, discrètement, à l'arrière d'une petite voiture, pour crier sa détresse. Ses soeurs Aminat, 30 ans, et Rosa, 29 ans, marchandes comme elle au bazar de Grozny, ont été présentées par les services russes comme deux kamikazes responsables de deux graves attentats l'an dernier. Aminat Nagaïeva aurait été à bord du Tupolev Moscou-Volgograd qui, le 24 août 2004, a explosé en vol, tuant 44 personnes dont elle-même. Rosa se serait fait exploser devant une station de métro de Moscou, le 31 août, faisant 9 morts. Les deux soeurs avaient disparu avec deux amies, Satsita Djebirkhanova, 37 ans, et Mariam Tabourova, 27 ans, le 22 août, alors qu'elles se rendaient à Bakou, acheter des fournitures scolaires qu'elles voulaient revendre à Grozny. Les enquêteurs russes ont ensuite déclaré que Satsita Djebirkhanova aurait pris place à bord d'un autre Tupolev Moscou-Sotchi, qui explosa le 24 août, faisant 46 morts, tandis que Mariam Tabourova, disparue sans laisser de trace, serait une autre kamikaze en puissance qui pourrait frapper la Russie d'un moment à l'autre. Mais les enquêteurs n'ont présenté aucune preuve, ni passeport ni effets personnels ni analyse ADN. D'autres noms ont été lancés, sans preuves non plus : cinq mois après, la lumière n'a toujours pas été faite sur cette série d'attentats.
Disparitions. «Mes soeurs n'auraient jamais été capables de faire ça», répète Asma Nagaïeva, qui sait qu'elle prend des risques à vouloir ainsi tenir tête aux autorités russes sur un point aussi sensible. «De moi aussi, ils peuvent faire une terroriste, soupire-t-elle. Je sais que je peux disparaître du jour au lendemain sans laisser de trace. Dans notre village de la région de Vedeno (où se cacherait le terroriste Chamil Bassaïev, ndlr), il y a beaucoup de disparitions. Mais que faire ? Je voudrais savoir ce qui est arrivé à mes soeurs !»
Hussein Djebirkhanov, frère aîné de Satsita, est aussi convaincu que sa soeur n'a pas pu porter la bombe à bord du Tupolev Moscou-Sotchi. «Je sais bien que ma soeur pouvait passer pour une candidate idéale à ce rôle de terroriste, raconte ce frère aîné, qui, bouleversé par cette affaire, a aussi spontanément tenu à témoigner. Elle portait le voile et lisait le Coran. De notre famille, elle était la seule à n'avoir pas de mari ni d'enfants. Mais des femmes comme cela il y en a beaucoup en Tchétchénie ! Cela ne suffit pas à en faire une terroriste. Il faudrait avancer des preuves !» Le 30 août, ayant entendu à la télévision russe qu'il y avait parmi les victimes du crash une passagère tchétchène que ses proches n'étaient pas venus reconnaître, Hussein raconte s'être précipité jusqu'à Rostov-sur-le-Don, pour s'entendre dire : «Il n'y a rien à reconnaître.» «Ils ne m'ont rien montré, même pas un fragment de vêtement, ni un document, qui permette de dire que ma soeur était à bord de l'avion», poursuit Hussein.
Analyses. A leur initiative, le 7 septembre, un frère et deux soeurs de Satsita ont demandé à subir une analyse ADN à la procurature de Rostov... dont les résultats ne leur ont toujours pas été communiqués. Le procureur chargé de l'affaire, Anatoli Grebenioukov, contacté par téléphone, ne nie pas, mais refuse d'en dire plus : «Pourquoi devrais-je leur donner ce résultat ? La loi ne m'y oblige pas.» Ainsi va en Russie la «lutte contre le terrorisme», priorité déclarée du président Vladimir Poutine.
Grozny envoyée spéciale. «Mes soeurs ne sont pas des terroristes.» Sous son foulard qui cache soigneusement ses cheveux, Asma Nagaïeva, 42 ans, a l'air lasse et très apeurée, mais elle a quand même tenu à parler, discrètement, à l'arrière d'une petite voiture, pour crier sa détresse. Ses soeurs Aminat, 30 ans, et Rosa, 29 ans, marchandes comme elle au bazar de Grozny, ont été présentées par les services russes comme deux kamikazes responsables de deux graves attentats l'an dernier. Aminat Nagaïeva aurait été à bord du Tupolev Moscou-Volgograd qui, le 24 août 2004, a explosé en vol, tuant 44 personnes dont elle-même. Rosa se serait fait exploser devant une station de métro de Moscou, le 31 août, faisant 9 morts. Les deux soeurs avaient disparu avec deux amies, Satsita Djebirkhanova, 37 ans, et Mariam Tabourova, 27 ans, le 22 août, alors qu'elles se rendaient à Bakou, acheter des fournitures scolaires qu'elles voulaient revendre à Grozny. Les enquêteurs russes ont ensuite déclaré que Satsita Djebirkhanova aurait pris place à bord d'un autre Tupolev Moscou-Sotchi, qui explosa le 24 août, faisant 46 morts, tandis que Mariam Tabourova, disparue sans laisser de trace, serait une autre kamikaze en puissance qui pourrait frapper la Russie d'un moment à l'autre. Mais les enquêteurs n'ont présenté aucune preuve, ni passeport ni effets personnels ni analyse ADN. D'autres noms ont été lancés, sans preuves non plus : cinq mois après, la lumière n'a toujours pas été faite sur cette série d'attentats.
Disparitions. «Mes soeurs n'auraient jamais été capables de faire ça», répète Asma Nagaïeva, qui sait qu'elle prend des risques à vouloir ainsi tenir tête aux autorités russes sur un point aussi sensible. «De moi aussi, ils peuvent faire une terroriste, soupire-t-elle. Je sais que je peux disparaître du jour au lendemain sans laisser de trace. Dans notre village de la région de Vedeno (où se cacherait le terroriste Chamil Bassaïev, ndlr), il y a beaucoup de disparitions. Mais que faire ? Je voudrais savoir ce qui est arrivé à mes soeurs !»
Hussein Djebirkhanov, frère aîné de Satsita, est aussi convaincu que sa soeur n'a pas pu porter la bombe à bord du Tupolev Moscou-Sotchi. «Je sais bien que ma soeur pouvait passer pour une candidate idéale à ce rôle de terroriste, raconte ce frère aîné, qui, bouleversé par cette affaire, a aussi spontanément tenu à témoigner. Elle portait le voile et lisait le Coran. De notre famille, elle était la seule à n'avoir pas de mari ni d'enfants. Mais des femmes comme cela il y en a beaucoup en Tchétchénie ! Cela ne suffit pas à en faire une terroriste. Il faudrait avancer des preuves !» Le 30 août, ayant entendu à la télévision russe qu'il y avait parmi les victimes du crash une passagère tchétchène que ses proches n'étaient pas venus reconnaître, Hussein raconte s'être précipité jusqu'à Rostov-sur-le-Don, pour s'entendre dire : «Il n'y a rien à reconnaître.» «Ils ne m'ont rien montré, même pas un fragment de vêtement, ni un document, qui permette de dire que ma soeur était à bord de l'avion», poursuit Hussein.
Analyses. A leur initiative, le 7 septembre, un frère et deux soeurs de Satsita ont demandé à subir une analyse ADN à la procurature de Rostov... dont les résultats ne leur ont toujours pas été communiqués. Le procureur chargé de l'affaire, Anatoli Grebenioukov, contacté par téléphone, ne nie pas, mais refuse d'en dire plus : «Pourquoi devrais-je leur donner ce résultat ? La loi ne m'y oblige pas.» Ainsi va en Russie la «lutte contre le terrorisme», priorité déclarée du président Vladimir Poutine.
Gli iscritti e contribuenti 2012
| FRANCESCA T. MILANO | 200 euro |
| EUFEMIA T. MUGGIO' | 200 euro |
| AMBROGIO S. CASSINA DE' PECCHI | 200 euro |
| PIER PAOLO S. FROSINONE | 200 euro |
| DAVIDE R. MILANO | 200 euro |
| LORENA P. MONZA | 200 euro |
| DAVIDE L. MANTOVA | 200 euro |
| PAOLO G. ROMA | 200 euro |
| MARTA G. ROMA | 200 euro |
| ANNA MARIA D. ROMA | 200 euro |
| Total SUM | 397.572 euro |
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