Question parlementaire posée par Olivier Dupuis (NI) à la Commission et réponse donnée par M. Patten au nom de la Commission




Questions parlementaires
QUESTION ÉCRITE E-2426/02
posée par Olivier Dupuis (NI) à la Commission
(26 août 2002)

Objet: Suppression de l'enseignement en langue ouighoure dans les universités du Turkestan oriental (Xinjiang)


Selon l'agence de presse chinoise Xinhua "les principales universités, de la région majoritairement musulmane du Xinjiang vont commencer à enseigner les matières les plus importantes en chinois en lieu et place des langues locales notamment parce que les étudiants l'ont demandé" et afin d' "être au diapason des besoins croissants du développement économique et social".

Cette décision contraire à la constitution chinoise, qui garantit l'enseignement en ouighour au niveau supérieur, a été prise dans un contexte démographique (même si des données fiables ne sont pas disponibles) où la population totale de la région du Turkestan oriental est estimée à 19 millions d'habitants, dont moins de 8 millions d'Ouighours, avec un flux migratoire de la population han estimé à quelque 7 000 personnes par jour (en 1949 la population han était estimée à quelques 300 000 personnes tandis que la population ouighoure s'élevait à 5 millions de personnes).

Cette décision, qui s'inscrit dans le droit fil des tentatives de la Chine de faire figurer le séparatisme ouighour parmi les points de l'agenda de la coalition internationale contre le terrorisme, apparaît comme un moyen de freiner les tendances à l'affirmation de l'identité culturelle des populations ouighoures dans une région où l'université a offert durant plus de 50 ans une grande variété de cours dans les langues locales.

La Commission a-t-elle été informée de cette décision prise par les autorités chinoises? Dans l'affirmative, a-t-elle fait part à des dernières de ce que la répression des droits culturels des minorités ne fait pas partie de l'agenda de la guerre contre le terrorisme? En outre, quelles sont les initiatives qu'entend prendre la Commission pour amener les autorités chinoises à rapporter la décision de supprimer l'enseignement en langue ouighoure au Turkestan oriental (Xinjiang) et, par conséquent, à respecter leur propre constitution?

E-2426/02
Réponse donnée par M. Patten
au nom de la Commission
(24 septembre 2002)


La Commission a pris acte de la décision prise par les autorités chinoises indiquant qu'à l'avenir les grandes universités du Xinjiang enseigneront les principales matières en chinois et non plus dans la langue locale.

Ainsi que l'Honorable Parlementaire le sait, la Commission soulève périodiquement, dans le cadre du dialogue institué sur les droits de l'homme avec la Chine, les problèmes du respect des droits culturels et religieux des minorités.

La Commission continuera de suivre attentivement la situation de la minorité ouighoure au Xinjiang.