Poutine : le thème des droits de l'Homme doit être utilisé à bon escient


AFP

Moscou. La Russie est prête à écouter toute "analyse objective" sur le respect des droits de l'Homme, mais il est "inacceptable" d'utiliser cette thématique "pour atteindre des objectifs politiques", a relevé jeudi Vladimir Poutine en recevant Mme Louise Arbour, Haut Commissaire de l'ONU pour les Droits de l'Homme.

"La Russie se trouve à une étape de développement de ses institutions démocratiques. Nous avons besoin d'avis de spécialistes qualifiés et indépendants, notamment dans le domaine des droits de l'Homme", a reconnu le président russe lors d'une rencontre au Kremlin avec Mme Arbour.

"Nous écouterons avec respect et réagirons à toute analyse objective (...), mais il est inacceptable d'utiliser la thématique des droits de l'Homme pour atteindre des objectifs politiques et parfois économiques", a ajouté M. Poutine, dont le pays est souvent critiqué pour la situation en Tchétchénie.

"La Russie a sa vision sur la façon dont sont respectés les droits de l'Homme dans le monde dans le cadre des opérations antiterroristes, et sur la façon dont ils le sont dans les régions où la Russie a ses propres intérêts", a-t-il ajouté.

Mme Arbour, arrivée mercredi en Russie pour une visite de 4 jours, a pour sa part souligné être venue discuter de ce sujet "d'un point de vue légal, et non politique".

La situation des droits de l'Homme en Tchétchénie a été discutée lors de la rencontre, a précisé aux journalistes le délégué aux droits de l'Homme en Russie Vladimir Loukine, présent lors des discussions.

Selon M. Loukine, le président russe a relevé n'être "pas moins inquiet (que l'ONU) des violations des droits de l'Homme en Tchétchénie". "Mais ceux qui ne font pas de différence entre les terroristes et les troupes russes ont tort", a ajouté le président cité par M. Loukine.

Il a toutefois estimé, selon la même source, qu'il n'y avait "pas de justifications" aux violations des droits de l'Homme par des représentants des forces de l'ordre.

Les défenseurs des droits de l'Homme considèrent que la majorité des enlèvements et des disparitions en Tchétchénie sont le fait de représentants des forces de l'ordre russes ou tchétchènes pro-russes.

M. Poutine a également critiqué le double langage concernant le respect des droits des minorités nationales. L'approche de la communauté internationale "à l'égard de ce problème est diamétralement opposée en Macédoine et dans les Pays baltes", a relevé M. Loukine, Moscou dénonçant régulièrement la violation des droits des minorités russophones dans les Pays baltes.