Pour l'Europe et l'ONU, le Pe contre Barroso ! RSVP

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Chères et chers Collègues,

A l’instant où je vous écris, moins de quarante heures se sont écoulées après qu’on ait été sur le point d’adopter une résolution auprès des Nations Unies à New York pour interdire toute recherche scientifique sur les cellules souches, même à des fins thérapeutiques, selon la technique du transfert du noyau cellulaire. Cette résolution est présentée par le Costa Rica et appuyée par une intense action préparatoire des Etats Unis d'Amérique, de l'Etat du Vatican, de l'Italie, du Portugal et ce avec le soutien de 5 autres pays de l'UE : l’Irlande, Malte, la Slovaquie, l’Autriche et la Pologne.

La Belgique a présenté une résolution pour limiter la mise au ban au clonage reproductif contre la mise au ban du clonage thérapeutique (transfert du noyau cellulaire). Aux autres signataires de l’UE – le Danemark, la Finlande, la Grèce, la Suède, le Royaume Uni, la République Tchèque, l’Estonie, la Lituanie, la Lettonie – sont venus s’ajouter avec leur soutien officiel : la France, l’Allemagne, le Luxembourg, les Pays Bas, l’Espagne, la Hongrie et la Slovénie. Soit au total, 18 Etat membres de l'UE.

Les USA ont demandé de passer tout de suite au vote. La Belgique a proposé de renvoyer et de chercher une décision consensuelle après la convocation d'une conférence scientifique sur le sujet. Grâce surtout à la Turquie, qui est intervenue au nom des 57 adhérents à la Conférence des Pays Islamiques, la séance a été reportée à vendredi prochain.

Déjà de nombreux pays du bloc « Costa Rica – Vatican – Italie – Portugal » se rendent compte du fait qu'ils ont été entraînés dans une querelle douteuse et semblent pouvoir se rallier à la proposition d'un délai de réflexion sur un affrontement politique que personne, là-bas, n’a osé ramener à une dimension religieuse ou antireligieuse, comme cela se produit actuellement en Europe et dans l'UE. Les Etats-Unis, le Costa Rica, l'Italie et le Portugal semblent très pressés. C'est dû au fait que le front d'une politique de défense de la liberté de recherche et de conscience est enfin en train de s'organiser à l'ONU, aux Etats-Unis - dans ces dernières heures de campagne électoral -, en Europe et dans l’UE. Le même oukase politique est ouvert et semble clair sur tous les fronts où il se développe. Voici l'état de la confrontation qui nous a été imposée et que nous n'avions pas reconnu d'emblée.

- A l'ONU et aux Etats-Unis

Convoquée par l'Association Luca Coscioni, Président des Radicaux italiens, et Marco Cappato, notre ancien collègue non réélu le 12 juin, s'est déroulée à Rome, les 8 et 9 Octobre, la Session Constitutive du Congrès Mondiale pour la liberté de recherche scientifique, la liberté de conscience et de thérapie active et passive. Soutenue par la plupart du monde scientifique, elle visait à organiser une mobilisation démocratique, libérale, laïque en vue de l'échéance de cette Assemblée générale de l'ONU, que les grandes Internationales démocratiques ont sous-estimée.

Marco Cappato, qui sera avec nous aujourd'hui à Strasbourg de retour de New York, nous signale d'ores et déjà les résultats suivants: 1) Kofi Annan, auquel la Session avait fait appel, c'est prononcé officiellement, en séance, au début du débat, dans le sens que nous souhaitions ; 2) (à ce jour, mais le nombre augmente in crescendo) 35 prix Nobel ont souscrit à notre Appel http://www.radicalparty.org/stemcells/form.php?lang=fr qui va dans la direction proposée par les 17 Etats membres de l'UE qui soutiennent la résolution belge, résolutionl que nous soumettons maintenant à l'adhésion de tous les parlementaires européens, mais aussi à tous les candidats Commissaires et aux parlementaires de tous nos Pays ; 3) « notre » Appel (à nous démocrates, libéraux, laïques, religieux différemment, croyants ou non croyants, unis dans l'éthique du respect de toute étique, de la liberté et de la responsabilité) vient d'être adopté par la « Coalition for the advancement of medical research ». Des centaines d'associations de malades, comme la Christopher Reeve Foundation, des universités, comme l’université de Stanford, Harvard et l'Association des Universités américaines, outre l'Association des médecins américains font partie de cette coalition. Sans compter le soutien du Gouverneur du Nouveau Mexique, Bill Richardson, ancien ambassadeur à l'ONU, du leader de l'Association américaine pour l'avancement des Sciences, Alan Leshner, de Nancy et Ron Reagan et de Michael J. Fox. Même le Gouverneur de Californie Arnold Schwarzenegger a pris position pour le referendum dans son Etat afin de soutenir la recherche sur les cellules souches, tant embryonnaires qu’« adultes ».

Il s'agit - certainement - d'un évènement très important dans ces derniers jours de campagne aux Etats-Unis. Mais nous ne l'avons pas cherché : il y a d'ailleurs parmi nous, de manière évidente, différentes positions vis-à-vis des Etats-Unis actuels, qui vont des bon rapports avec certaines « neo-cons », au monde démocrate, en passant par les réseaux de Georges Soros !

ET VENONS-EN A NOTRE SITUATION EUROPEENNE, PARLEMENTAIRE, POLITIQUE, INSTITUTIONNELLE.

Chères et chers collègues,

Emma Bonino et moi, en tant que membres du Parti Radical Transnational, du Parti Libéral Européen et du groupe de l’ALDE, nous avions appuyé avec conviction le soutien au candidat Président Barroso. Aujourd’hui nous sommes convaincus du fait que nous manquions de connaissances essentielles pour bien décider. A présent, elles nous ont été fournies, tout d’abord par ce qui a été présenté comme le “cas Buttiglione”, mais qui est en réalité le cas Barroso-Berlusconi-Etat Vatican et le cas de politiques fort minoritaires dans l’UE, auprès des populations européennes, chrétiennes, religieuses de manière différente ou non- croyantes.

Le Président Barroso est un homme politique de grande et longue expérience, chevronné, intelligent et habile. Emma Bonino et moi nous demandions comment il était possible qu’avec Silvio Berlusconi, il puisse cumuler tant de maladresses et d’erreurs et faire preuve d’une telle arrogance… Mais grâce à ce qui s’est passé à l’ONU, aux insultes et aux mensonges auxquels semblaient et semblent être acculés chez nous leurs partisans, nous avons compris: en réalité, par ces gaffes apparentes, un groupe absolument minoritaire, de frontière, extrême sinon extrémiste, qui unit en ce moment, les Etats-Unis - sous l’emprise de la folie politique et fondamentaliste qui semble s’être emparée aussi bien des milieux chrétiens qu’islamistes, – les Etats-Unis donc, l’Etat du Vatican, l’Italie et le Portugal était en train de tout faire – ou défaire- pour réussir un véritable oukase POLITIQUE …

A l’ONU, mais plus encore dans l’UE, nous nous trouvons face à une action délibérée, d’énorme importance. Le Gouvernement italien, le Président Berlusconi, M. Buttiglione et le Président Barroso - jusqu’à hier Président du Gouvernement Portugais - n’ont pas commis d’incroyables maladresses. Sans un calcul très ambitieux et risqué, on ne liquide pas de la Commission Mario Monti (auquel pourtant Berlusconi venait d’offrir la direction de l’économie italienne). Et on ne liquide pas la candidature d’Emma Bonino (le plus populaire et prestigieux des anciens Commissaires européens), pour affronter sans aucun doute en conséquence beaucoup de difficultés en nommant M. Buttiglione chef de file de cette politique (légitime, certes, autant que toute autre) mais absolument minoritaire parmi les 25 gouvernements et les peuples de l’UE.

Les raisons et les aspects antireligieux et anticatholiques que l’on nous reproche de cultiver et imposer, ne sont qu’un leurre et un mensonge délibérés, auxquels sont réduits et contraints ceux qui nous accusent ainsi et nous interprètent. Les raisons “religieuses” ne sont pour rien dans cette affaire, pas plus que dans l’affaire Dreyfus, dans les “Grands cimetières sous la Lune” de Georges Bernanos, dénonçant aussi les bénédictions des évêques et des aumôniers aux armés fascistes allant en Espagne pour effectuer des tueries immondes, les différents entre les militants de la Rose blanche et les Von Papen ou les “représentants” diplomatiques du Vatican à Berlin, ou entre le “socialisme chrétien” de Simone Veil, les sociétés fabiennes et la politique des Concordats entre le Vatican et les Etats totalitaires.

L’affrontement n’est pas entre l’étique et la politique, mais peut-être entre différentes étiques (l’une que l’on pourrait définir “absolutiste”, contre notre prétendu et diffamé “relativisme”), et sûrement entre différentes politiques .

Chères et chers collègues, la tactique est claire: on va probablement nous "offrir" encore beaucoup sur le front "Buttiglione", pour sauver l'essentiel: le Président Barroso et sa Commission. Pour qu'il puisse souscrire et appuyer une politique devenue "sa" politique, la politique commune sur le front de la liberté de recherche scientifique, de connaissance, d'éthiques et de moralité même religieuse, à l'intérieur du monde catholique lui-même). Cette "offre" nous sera faite mardi, mercredi ou à la dernière minute. Elle sera vendue comme quelque chose d’important: M. Buttiglione pourra même devenir le bouc émissaire, être demis de ses fonctions ou démissionner: son honneur est dans sa fidélité et son obédience au pouvoir. POUVOIR POLITIQUE du Vatican, de l'"Eglise" mondaine et de sa hiérarchie, quelle qu'elle soit. Il faut être prêts et clairs: le Parlement (ainsi que l'ONU) votera pour ou contre (cet aspect de la politique de ) Bush, Barroso, Berlusconi, antilibérale, antidémocratique, anti-liberté de conscience, donc antireligieuse aussi, comme chaque fois que dans l'histoire on tente d'imposer une politique au nom de Dieu et de la religion.

MAIS ENFIN, POURQUOI UN VOTE FRANC ET NET CONTRE LE PRESIDENT BARROSO, ET FORCEMMENT CONTRE « SA » COMMISSION, NE SERAIT-IL PAS UNE GRANDE CHANCE POUR LE PARLEMENT EUROPEEN, AINSI QUE POUR TOUTE L’UE ?

On nous a raconté qu'un vote contraire à la Commission Barroso jetterait l'UE dans "une crise institutionnelle au moment solennel de l'adoption de la "Constitution"". Quelle folie !

Altiero Spinelli nous a répété à tous : "Il n'y aura vraiment de Communauté européennes que lorsque le Parlement votera pour la première fois la méfiance politique contre la Commission européenne". Si à Rome il n'y a pas de Gouvernement (hélas, nous n'en sommes pas là!) parce que le Parlement européen a fonctionné, après des décennies enfin, comme le Parlement d'un Etat de droit, démocratique, ce sera un deuxième évènement, un véritable évènement, pour cette journée "historique".

Après le Parlement élu en 1979, ce sera une deuxième naissance démocratique de et dans l'UE.

Un grand renouveau, avec le premier effet de son élargissement, son renforcement, institutionnel et politique, contre les contraintes du marais bureaucratique dominé uniquement par sa Majesté d'Hondt! Une victoire à Strasbourg serait aussi un grand succès européen, fédéraliste, libéral, de droit et de liberté pour Bruxelles, New York, Rome, pour partout, pour chacun de nous, chez un "chez nous" de nos espoirs et d'un peuple européen encore à bâtir et affirmer.

Marco Pannella mpannella@europarl.eu.int

P.S. : je vous demande pardon d'abuser de votre attention et de l'hospitalité de votre boîte aux lettres électronique mais honnêtement, j'ai considéré de mon devoir de vous fournir certaines informations en plus des considérations qui selon moi peuvent en découler.

Je vous saurai gré de bien vouloir me répondre même brièvement au sujet de cette lettre, puisque durant les prochaines heures nous devrons faire nos choix individuels et de Groupe.

Je vous remercie d'avance,