PLUS D'UN AN APRES LA MANIFESTATION DU 26 OCTOBRE 1999, LES CINQ DEFENSEURS DES DROITS DE L'HOMME NE SONT TOUJOURS PAS LIBERES




Torcy, le 5 novembre 2000

Plus d'un an après la manifestation du 26 octobre 1999 à Vientiane, appelant à des changements démocratiques au Laos, les cinq défenseurs des droits de l'homme , Thongpaseuth Keuakoun, Sengaloun Phengphanh, Khamphouvieng Sisaat, Bouavanh Chanhmanivong et Kèochay ont -ils été assassinés ?

Des nouvelles parvenues début mars 2000 nous apprenaient que Thongpaseuth Keuakoun, Sengaloun Phengphanh et Khamphouvieng Sissat étaient détenus à la prison de Samkhé, Vientiane, torturés plusieurs fois par semaine. Aucune nouvelle concernant Bouavanh Chanmanivong et Kèochay.

Selon des informations reçues du Laos cette semaine, Thongpaseuth Keuakoun, Sengaloun Phèngphanh et Khamphouvieng Sisaat auraient été transférés à la prison de Phonetong ( Vientiane) où ils seraient torturés deux à trois fois par semaine. Ils seraient isolés individuellement dans des cellules sans lumière. Thongpaseuth Keuakoun serait très malade et serait en train de perdre la vue. Nous rappelons que Thongpaseuth Keuakoun est père de sept enfants. Toujours aucune trace de Bouavanh Chanhmanivong et Kèochay.

Liées à cette manifestation du 26 octobre 1999, deux personnes ont été arrêtées dans la province de Vientiane la semaine dernière : Sinsané , 32 ans et Singkèo, 27 ans, étudiante ( fille de Mme Toum et de Mr Sing, village de Thang Beng Napho).

Fidèle à lui-même, le gouvernement du Laos n'a jamais reconnu avoir arrêté ces personnes.

Il a toujours nié qu'une manifestation rassemblant plusieurs centaines de personnes a eu lieu à Vientiane le 26 octobre 1999.

Le gouvernement du Laos a tout fait pour que le pays ignore que six manifestants du 26 octobre 1999 ont pu s'enfuir dans un pays limitrophe.

Est-ce un hasard si, juste avant l'arrivée de ces six dissidents aux Etats-Unis le 26 octobre 2000, le gouvernement du Laos a interdit aux laotiens d'utiliser l'internet à des '' fins mauvais'' ?

Le 24 octobre 2000, un décret du Comité National de l'internet du Laos stipule que :

'' il est interdit à tout individu, toute organisation, toute société au Laos de mentir, de décevoir, ou de persuader les gens à l'intérieur ou à l'extérieur du Laos en vue de protester contre le Parti Populaire Révolutionnaire Lao et contre le gouvernement du Laos .. sous peine d'amende, de rééducation, d'expulsion ou de condamnation selon la loi de la RDPL''.

L'accès aux sites internet rassemblant particulièrement des nouvelles du Laos, vues par les médias étrangers, n'est plus possible au Laos depuis 10 jours. Les internautes qui vont à ces sites lisent un message informant que le site est '' accessible à l'extérieur du Laos''.

Le Mouvement Lao pour les Droits de l'Homme renouvelle son appel au Parlement Européen, à l'ONU, aux Etats-Unis d'Amérique et aux pays démocratiques de l'ASEAN à donner une priorité urgente aux valeurs démocratiques et demander au gouvernement du Laos de :

a.. libérer immédiatement et sans condition Thongpaseuth Keuakoun, Khamphouvieng
Sisaat, Sengaloun Phengphanh, Bouavanh Chanhmanivong et Kèochay arrêtés le 26 octobre 1999, Sinsané et Singkèo arrêtés la semaine dernière ainsi que toute personne arrêtée en relation avec la manifestation du 26 octobre 1999,

a.. libérer toutes les personnes détenues pour leur opinion politique ou religieuse, garantir
conformément aux normes internationales, tant qu'ils sont en détention, leur sécurité physique et mentale, le droit de visite et de soins médicaux appropriés, le droit de choisir leur défense,

- autoriser les organisations internationales telles que Amnesty Internationale, l'Observatoire pour les Libertés et la Fédération Internationale des Droits de l'Homme de visiter les prisons et les camps de détention au Laos,

a.. respecter la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme.