Pays répressifs chargés à l'Onu des violations des droits : une mascarade


AFP

Reporters sans frontières (RSF) dénonce vendredi la "mascarade" de la participation de la Chine, Cuba et du Zimbabwe à la sous-commission de l'Onu chargée d'enregistrer les plaintes concernant les violations des droits de l'homme. "La mascarade continue au sein des Nations unies. Trois pays parmi les plus répressifs au monde en matière de droits de l'homme vont décider quelles plaintes sont recevables et seront présentées à la Commission des droits de l'homme. S'il ne s'agissait pas d'un sujet aussi important, cette situation serait des plus comiques", déclaré RSF dans un communiqué. "Nous savons d'ores et déjà qu'aucune plainte concernant des violations des droits de l'homme dans ces trois pays et chez leurs alliés ne sera examinée lors de la 61e session de la Commission des droits de l'homme (CDH) des Nations unies. C'est grave et nous ne comprenons pas que l'ONU laisse faire", a ajouté l'organisation de défense de la presse, basée à Paris. Ces trois pays, fréquemment dénoncés pour leurs atteintes aux droits de l'Homme, ont été désignés par leur région respective. Ils siégeront aux côtés des Pays-Bas et de la Hongrie, au "groupe des situations" qui se réunira le 7 février à Genève, soit un mois avant la session annuelle de la CDH (14 mars-22 avril). Durant quatre jours, le groupe recevra les plaintes émanant de gouvernements, d'associations ou de particuliers, à l'encontre de différents Etats. Il devra décider lesquelles sont recevables et doivent être entendues de façon publique ou à huis clos. L'an dernier, Cuba avait été sanctionné par la CDH qui avait adopté une résolution critiquant la répression d'opposants politiques dans l'île. Le Zimbabwe avait en revanche échappé de justesse à une enquête internationale sur la violence politique en faisant adopter une motion de non-action empêchant tout débat. La Chine recourt systématiquement chaque année à cette procédure pour éviter elle aussi d'être sanctionnée par la CDH.