PANNELLA: SOLIDARITE PLEINE ET ABSOLUE AVEC GAD LERNER ET ANTONINO RIZZO NERVO ET TOUS LES JOURNALISTES CONTRAINTS A DEMISSIONER OU, EN TOUT CAS, A SUBIR UN LYNCHAGE BARBARE DE LA PART DE CETTE MEME CULTURE QUI A PRODUIT LE MONSTRE ET LE FLEAU DE LA CRIMI


Rome, le 28 septembre 2000. "Je n'ai pas vu les reportages sur la "pédophilie" de la Rai-TV. A partir des réactions du monde politique et journalistique italien et même des institutions, je constate qu'évoquer (plus que montrer) des images qui démontreraient le caractère littéralement assassin, littéralement criminel, littéralement monstrueux d'organisations opérant également sur Internet (et, donc, dans le monde entier) en faisant levier sur le marché pédophile, offenserait, blesserait la sensibilité "des enfants". Ce sont ces réactions, et non pas l'information, qui sont monstrueuses, criminelles, blessantes et dangereuses pour "les enfants", et pour notre société toute entière. Ce sont ces réactions, et non pas les images évoquées par la TV, qui sont criminogènes et qui aident l'imonde marché qu'elles prétendent frapper. Quand des réalités humaines crues et monstrueuses sont "combattues" en leur conférant la violence qui est celle des tabous, on ne fait qu'augmenter le quotient monstrueux, criminel, effrayant de la réalité contre laquelle on se mobilise. Le mensonge et l'occultation de la vérité ne rendent ni la societé qui en impose l'usage, ni les individus qu'on entend protéger ainsi, forts, libres, responsables et "murs". La science et la connaissance nous disent que la pédophilie est un phénomène diffus dans la societé en premier lieu à travers les rapports familiaux. Le coeur du problème et du fléau est avant tout là. Il n'est pas seulement légitime mais de l'ordre du devoir de mettre tout le monde en garde, à commencer par les enfants, contre les dangers létaux de leur exploitation organisée avec des moyens et avec des objectifs qui sont ceux de la criminalité organisée. Pour le reste, il peut y avoir des "erreurs" de mesure, de goût, d'intentions. Qu'il faut vérifier et dont il faut discuter: pas anathématiser, dans un climat grossier de contre-réforme. Du profond des viscères de notre histoire, des réflexes barbares, violents, aveugles et suicidaires sont en train de réémerger et de s'affirmer. Comme ceux qui sont en train d'imposer l'avalanche de démissions de la part des journalistes de la Rai-Tv. Leurs démissions doivent en tout cas être repoussées, dans l'attente d'un jugement aussi sérieux, responsable et civil qu'a été barbare et violent le réflexe politique et institutionnel qui les a contraints à ces démissions".