Onu: le Sud-coréen Ban Ki-moon va être désigné secrétaire général


AFP

NEW YORK (AFP) - Le Conseil de sécurité des Nations Unies doit désigner formellement ce lundi le ministre sud-coréen des Affaires étrangères, Ban Ki-moon, comme prochain secrétaire général de l'ONU, qui succédera à Kofi Annan le 1er janvier.

Lors d'un vote formel, les quinze Etats membres du Conseil sélectionneront M. Ban, seul candidat restant en lice, et recommanderont son élection aux 192 pays membres de l'Assemblée générale, conformément à la Charte de l'ONU.

L'accession de M. Ban, 62 ans, au poste diplomatique le plus prestigieux du monde, ne fait plus de doute depuis sa victoire lundi dernier dans un vote blanc au Conseil de sécurité, lors duquel il a obtenu le soutien indispensable des cinq membres permanents (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie), dotés du droit de veto.

Depuis, tous ses concurrents, au nombre de six au départ, se sont retirés de la course l'un après l'autre. Il s'agissait du diplomate indien Shashi Tharoor, secrétaire général adjoint de l'ONU chargé de la Communication, du vice-Premier ministre du gouvernement renversé de Thaïlande, Surakiart Sathirathai, de la présidente de Lettonie Vaira Vike-Freiberga, du prince Zeid Ra'ad Zeid Al-Hussein, ambassadeur de Jordanie à l'ONU, de l'universitaire afghan Ashraf Ghani et du diplomate srilankais Jayantha Dhanapala.

La plupart de ces candidats étaient originaires d'Asie car après l'Afrique qui l'a détenu 15 ans (Boutros Boutros-Ghali pendant un mandat, puis M. Annan pendant deux mandats), le poste devait revenir à ce continent, en vertu d'un principe -non écrit- de rotation géographique. Diplomate de carrière au talent reconnu de faiseur de compromis, M. Ban s'était déclaré "ravi" mais "accablé par la responsabilité" au lendemain de son succès dans le dernier vote blanc.

Dans un entretien avec l'AFP, réalisé à Séoul quelques heures avant ce vote, le ministre avait rejeté les accusations selon lesquelles sa proximité de vue avec les Etats-Unis pourrait l'empêcher de dénouer les crises déclenchées par les programmes nucléaires iranien et nord-coréen. "Ce genre de notion me semble être une perception issue de la Guerre froide. De nos jours, l'autorité et le mandat du secrétaire général viennent des Etats membres", avait-il dit. Jugeant souhaitable d'entretenir une bonne relation de travail avec Washington, le chef de la diplomatie sud-coréenne a promis de rester impartial. "Les Etats-Unis sont un Etat membre très important de l'ONU mais ils ont également besoin des Nations unies. Ils peuvent travailler très étroitement avec l'ONU dans la promotion de ses intérêts et des valeurs universelles", avait-il dit.

Vendredi, en pleine tension provoquée par l'annonce par la Corée du Nord de son intention d'effectuer un essai nucléaire, M. Ban s'est déclaré prêt à se rendre à Pyongyang afin de dénouer la crise.