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Offensive contre le maintien à Strasbourg du Parlement européen
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La desserte aérienne de la ville est critiquée et les eurodéputés se plaignent de la dispersion de leurs lieux de travail
Bruxelles de notre bureau européen. Les autorités françaises sont sur leurs gardes : la Convention sur l'avenir de l'Europe, que préside Valéry Giscard d'Estaing, pourrait bien remettre en question le maintien à Strasbourg du siège du Parlement européen, qui tient sa session mensuelle du 10 au 13 février. Une offensive a été lancée le 16 janvier par Andrew Duff, eurodéputé libéral membre de la Convention : il a soumis à cette assemblée une contribution dans laquelle il demande que toutes les institutions européennes puissent désormais choisir elles-mêmes leur lieu de travail. En clair, le Parlement européen pourrait décider de ne plus siéger à Strasbourg. La contribution de M. Duff a été appuyée par une quarantaine de membres de la Convention.
En l'état actuel du droit, ce sont les chefs d'Etat et de gouvernement qui décident du siège des institutions européennes. Les marchandages auxquels ils se livrent aboutissent à des situations aberrantes pour ceux qui sont appelés à travailler dans ces institutions - députés ou fonctionnaires - et sont condamnés à d'incessantes navettes entre plusieurs villes.
C'est ainsi que le Parlement européen est éclaté sur trois sites : son siège officiel, où doivent se tenir douze sessions plénières par an, a été fixé à Strasbourg, à la demande de l'Etat français. Mais des sessions additionnelles se tiennent à Bruxelles, où ont aussi lieu les réunions de commission destinées à préparer l'essentiel du travail législatif. Quant au Luxembourg, il a récupéré le secrétariat général et ses services. Ce pays a également obtenu d'accueillir le conseil des ministres de l'Union européenne trois mois par an (avril, juin, octobre), ce qui oblige des centaines de fonctionnaires, diplomates et journalistes, basés à Bruxelles, à faire de pénibles allers-retours.
A la demande des députés, le Parlement européen a chiffré le surcoût de sa dispersion géographique : 169 millions d'euros par an pour l'instant, 203 millions après l'élargissement. Cette dépense est encore considérée comme "le prix à payer" pour que Strasbourg reste la ville symbole de la réconciliation franco-allemande par une majorité de députés, notamment français et allemands, du groupe du Parti populaire européen (droite), du groupe socialiste et même de la GUE (communiste).
GASPILLAGE DES DENIERS PUBLICS
Mais un nombre grandissant de "jeunes" députés, auxquels s'ajoutent les libéraux et les conservateurs anglais eurosceptiques, considère qu'il s'agit d'un gaspillage des deniers publics. Une association de députés "pour la réforme du Parlement européen", qu'animent notamment deux jeunes Néerlandais - Michiel van Hulten (socialiste) et Lousewies van der Laan (libérale) -, revendique, pour ces élus, le droit de choisir leur lieu de travail. Elle affirme que le Parlement doit siéger à Bruxelles, près de la Commission et du Conseil, avec lesquels les rapports sont incessants.
L'agacement des anti-Strasbourg est exacerbé par la mauvaise desserte aérienne de la ville. En 1998, après que le traité d'Amsterdam eut acté le fait que Strasbourg serait le siège du Parlement, la France a cessé de subventionner certaines lignes qui permettaient de relier directement Strasbourg à Munich, Rotterdam, Hambourg, Londres, Rome ou Madrid. Cette décision a obligé les élus à jongler avec les correspondances et à subir de nombreux retards. En signe de protestation, ils ont écourté la durée de leurs sessions qui, elle, n'avait pas été prévue par le traité : depuis 2001, elle n'est plus que quatre jours, au lieu de cinq.
Strasbourg est-elle d'ailleurs capable d'assumer sa vocation européenne ? En novembre, alors qu'elle devait accueillir à la fois les eurodéputés et des parlementaires des pays candidats pour une session destinée à célébrer la réunification du continent, l'aéroport a fermé pendant une journée, à cause d'un peu de brouillard et de... deux chevreuils : les animaux s'étaient égarés sur les pistes et ne pouvaient être "localisés" par les pompiers, a expliqué le directeur de l'aéroport, dans une lettre embarrassée au président Pat Cox, que celui-ci a lue sans pouvoir réprimer un fou rire, dans un hémicycle saisi d'hilarité. "Nous avons survolé Strasbourg pendant une heure sans pouvoir atterrir, et cela nous apparaissait comme une inquiétante métaphore de notre parcours de candidat à l'adhésion", a ironisé le député polonais Janusz Lewandowski, finalement acheminé par autobus.
Y aura-t-il l'infrastructure nécessaire pour faire face à l'élargissement ? Les hôtels, en tout cas, n'hésitent pas à exploiter une clientèle captive, en augmentant leurs tarifs d'environ 25 euros les jours de session. Quant aux magasins, ils sont pour la plupart fermés le lundi matin, comme dans n'importe quelle ville de province, alors que les députés disposeraient d'un peu de temps pour goûter au luxe français.
Bruxelles de notre bureau européen. Les autorités françaises sont sur leurs gardes : la Convention sur l'avenir de l'Europe, que préside Valéry Giscard d'Estaing, pourrait bien remettre en question le maintien à Strasbourg du siège du Parlement européen, qui tient sa session mensuelle du 10 au 13 février. Une offensive a été lancée le 16 janvier par Andrew Duff, eurodéputé libéral membre de la Convention : il a soumis à cette assemblée une contribution dans laquelle il demande que toutes les institutions européennes puissent désormais choisir elles-mêmes leur lieu de travail. En clair, le Parlement européen pourrait décider de ne plus siéger à Strasbourg. La contribution de M. Duff a été appuyée par une quarantaine de membres de la Convention.
En l'état actuel du droit, ce sont les chefs d'Etat et de gouvernement qui décident du siège des institutions européennes. Les marchandages auxquels ils se livrent aboutissent à des situations aberrantes pour ceux qui sont appelés à travailler dans ces institutions - députés ou fonctionnaires - et sont condamnés à d'incessantes navettes entre plusieurs villes.
C'est ainsi que le Parlement européen est éclaté sur trois sites : son siège officiel, où doivent se tenir douze sessions plénières par an, a été fixé à Strasbourg, à la demande de l'Etat français. Mais des sessions additionnelles se tiennent à Bruxelles, où ont aussi lieu les réunions de commission destinées à préparer l'essentiel du travail législatif. Quant au Luxembourg, il a récupéré le secrétariat général et ses services. Ce pays a également obtenu d'accueillir le conseil des ministres de l'Union européenne trois mois par an (avril, juin, octobre), ce qui oblige des centaines de fonctionnaires, diplomates et journalistes, basés à Bruxelles, à faire de pénibles allers-retours.
A la demande des députés, le Parlement européen a chiffré le surcoût de sa dispersion géographique : 169 millions d'euros par an pour l'instant, 203 millions après l'élargissement. Cette dépense est encore considérée comme "le prix à payer" pour que Strasbourg reste la ville symbole de la réconciliation franco-allemande par une majorité de députés, notamment français et allemands, du groupe du Parti populaire européen (droite), du groupe socialiste et même de la GUE (communiste).
GASPILLAGE DES DENIERS PUBLICS
Mais un nombre grandissant de "jeunes" députés, auxquels s'ajoutent les libéraux et les conservateurs anglais eurosceptiques, considère qu'il s'agit d'un gaspillage des deniers publics. Une association de députés "pour la réforme du Parlement européen", qu'animent notamment deux jeunes Néerlandais - Michiel van Hulten (socialiste) et Lousewies van der Laan (libérale) -, revendique, pour ces élus, le droit de choisir leur lieu de travail. Elle affirme que le Parlement doit siéger à Bruxelles, près de la Commission et du Conseil, avec lesquels les rapports sont incessants.
L'agacement des anti-Strasbourg est exacerbé par la mauvaise desserte aérienne de la ville. En 1998, après que le traité d'Amsterdam eut acté le fait que Strasbourg serait le siège du Parlement, la France a cessé de subventionner certaines lignes qui permettaient de relier directement Strasbourg à Munich, Rotterdam, Hambourg, Londres, Rome ou Madrid. Cette décision a obligé les élus à jongler avec les correspondances et à subir de nombreux retards. En signe de protestation, ils ont écourté la durée de leurs sessions qui, elle, n'avait pas été prévue par le traité : depuis 2001, elle n'est plus que quatre jours, au lieu de cinq.
Strasbourg est-elle d'ailleurs capable d'assumer sa vocation européenne ? En novembre, alors qu'elle devait accueillir à la fois les eurodéputés et des parlementaires des pays candidats pour une session destinée à célébrer la réunification du continent, l'aéroport a fermé pendant une journée, à cause d'un peu de brouillard et de... deux chevreuils : les animaux s'étaient égarés sur les pistes et ne pouvaient être "localisés" par les pompiers, a expliqué le directeur de l'aéroport, dans une lettre embarrassée au président Pat Cox, que celui-ci a lue sans pouvoir réprimer un fou rire, dans un hémicycle saisi d'hilarité. "Nous avons survolé Strasbourg pendant une heure sans pouvoir atterrir, et cela nous apparaissait comme une inquiétante métaphore de notre parcours de candidat à l'adhésion", a ironisé le député polonais Janusz Lewandowski, finalement acheminé par autobus.
Y aura-t-il l'infrastructure nécessaire pour faire face à l'élargissement ? Les hôtels, en tout cas, n'hésitent pas à exploiter une clientèle captive, en augmentant leurs tarifs d'environ 25 euros les jours de session. Quant aux magasins, ils sont pour la plupart fermés le lundi matin, comme dans n'importe quelle ville de province, alors que les députés disposeraient d'un peu de temps pour goûter au luxe français.
Inscriptions et contributions 2013
| Giuseppe R. Roma | 590 € |
| Salvatore P. Capistrello | 200 € |
| Giancarlo B. Torino | 30 € |
| Marco B. Merano | 20 € |
| Davide B. Prato | 50 € |
| Giuseppe P. Grottammare | 50 € |
| Maurizio T. Roma | 1.000 € |
| Rosa A. Firenze | 590 € |
| Giuliano G. Sondrio | 590 € |
| Sergio Pasquale R. Cremona | 500 € |
| Total | 326.746 € |
Inscriptions et contributions (online) 2013
Revue de presse
12/01/2005
Le Monde
Rafaële Rivais
Bruxelles menace de retarder l'adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie
13/12/2004
Caucaz-Europe News
Anne-Marie Mouradian
Union européenne -Turquie: quel impact pour le Sud-Caucase ?










