Mutilations génitales féminines: Emma Bonino pour une "tolérance zéro"


Courrier International

La députée européenne Emma Bonino a plaidé pour une "tolérance zéro" face aux mutilations génitales féminines, à l'ouverture d'une conférence sous-régionale sur le sujet mercredi à Djibouti.

Emma Bonino a réclamé "un ferme engagement des responsables politiques, parlementaires, représentants de la société civile, médecins, médias et imams pour parvenir à éliminer les mutilations génitales féminines (MGF)", dans un entretien avec l'AFP.

"Cette approche rendra visible notre action, et de conférence en conférence, nous parviendrons à faire boule de neige et à modifier certains comportements pour une tolérance zéro des MGF", a-t-elle ajouté.

Emma Bonino, à la tête de l'organisation non-gouvernementale No Peace Without Justice (Pas de paix sans justice), a regretté que la plupart des pays africains et arabes n'aient pas encore ratifié le "protocole de Maputo" qui interdit et condamne les mutilations sexuelles sur les femmes.

"Seuls six pays ont ratifié ce protocole" adopté par les chefs d'Etat de l'Union africaine en juillet 2003, a affirmé Mme Bonino.

Dans son discours d'ouverture de la conférence, la femme du président djiboutien, Kadra Mahmoud Haid, a aussi dénoncé les MGF.

"Ces pratiques ne sont pas révolues et l'on estime à 2 millions de jeunes femmes, soit 6.000 fillettes par jour, le nombre de celles qui subissent encore dans le monde ces mutilations sous toutes ses formes", a déclaré l'épouse du président Ismaïl Omar Guelleh.

"Leurs conséquences sont dramatiques, elles peuvent entraîner la mort par hémorragie, des infections urinaires, des kystes, des difficultés lors de l'accouchement, sans parler des troubles psychologiques", a-t-elle ajouté.

Selon une étude du ministère djiboutien de la Santé datant de 2002, 98% des femmes a Djibouti sont excisées et ce malgré l'introduction en 1995 d'un article du Code pénal punissant sévèrement toute ablation d'une partie du corps des fillettes ou toute intervention extérieure pour "suturer" les petites lèvres des jeunes filles.

La conférence, qui doit se tenir jusqu'à jeudi, réunit quelque 300 personnes, dont une soixantaine du Yemen, du Soudan, de Somalie, d'Erythrée, d'Ethiopie et d'Egypte.