Motion Générale approuvée par le XXème Congrès du PR


Motion Générale approuvée par le XXème Congrès du PR
Bari, les 1er, 2, 3, 4 et 5 Novembre 1978

SOMMAIRE: 1978 est une année difficile et dramatique pour le PR. En Janvier on délibère la "suspension des activités nationales" du parti, comme dénonciation de la fermeture du régime et de l'information, toujours plus dure à l'égard des activités radicales.
1978, est également, l'année du vote sur les référendums convoqués par le PR. Les résultats de la consultation, même si réduite à deux référendums (financement public et loi Royale) marquent profondément le tableau politique. En particulier, celui sur le financement public marque l'existence dans le pays d'une dissension consistante par rapport à la politique des grandes ententes. Leone chassé de la Présidence de la République, est le fruit de ces résultats.
Au centre des analyses du Congrès il y a la politique de l'unité nationale, vaillamment soutenue par le Pci et dénoncée comme le terrain sur lequel le régime trouve sa nouvelle cohésion. La motion du Congrès, en outre, confirme et amplifie la signification de l'écologie politique qui représente la "clé de voûte" pour une intervention politique économique et énergétique.
Le Congrès élit Jean Fabre, secrétaire, et Adelaide Aglietta, trésorier.
("Les luttes, les conquêtes, les propositions radicales, à travers les documents du congrès et le statut" - Novembre 1985 - Par Maurizio Griffo - Brochure éditée par la Trésorerie du PR)


MOTION GENERALE

Désormais, l'organisation corporative et interclassiste du régime, pour couvrir sa crise, doit produire, chaque jour davantage, une nouvelle et plus grande violence contre la Constitution et la Démocratie, contre les espoirs et la possibilité d'une société plus juste et plus humaine.
La majorité unanimistique qui depuis deux ans gère formellement le pouvoir, après avoir essayé d'écraser toute forme de dissension et de confrontation démocratique, en premier lieu au Parlement, après avoir essayé de suffoquer toute opposition réelle dans la société, ne réussit plus à cacher ses propres contradictions et sa propre impuissance.

Un Etat Corporatif

C'est la crise de la stratégie trentenaire de la gauche italienne, communiste et socialiste. Une stratégie dénuée de confiance dans la possibilité de construire une alternative à travers le développement total de la démocratie politique, fondée, elle, sur l'économisme, sur l'abandon et le refus des grandes batailles de libération et pour les droits civils, sur l'acceptation subalterne du pluralisme organiciste et corporatif d'empreinte catholico-intégraliste et fasciste, sur la reconstruction d'un Etat qui a maintenu et consolidé les lois et les odres fondamentaux du fascisme.

Une société libre

Tandis que la Démocratie chrétienne maintient la pleine possession de ses centres fondamentaux de pouvoir de régime et, comme il y a trente ans, elle annule toute possibilité d'alternance au gouvernement, le Pci doit tenir compte d'une société qui n'accepte plus de tutèles autoritaires, avec une très vaste base politique et électorale qui n'entend pas assister inerte à l'échec de ses propres espoirs et qui revendique dans tout siège -partitique, syndical et électoral- sa propre autonomie de jugement, de choix et d'initiative.

La réponse au régime

Sans l'opposition radicale au Parlement, sans les référendums du 11 Juin, sans le débouché politique de gauche donné par une liste radicale dans une ville comme Trieste, dans ce régime et avec cette gauche, on aurait eu uniquement, d'une part, des rébellions et des désagrégations de classes, et de l'autre, la violence des Brigades Rouges. Il existe, au contraire, dans le pays, la possibilité d'une réponse démocratique et libertaire au régime et à la politique subalterne du Pci. Il revient au parti des droits civils, de la nonviolence et de la désobéïssance civile, du socialisme libertaire et autogestionnaire, de l'anticléricalisme, de l'antimilitarisme, de la libération de la femme et de la libération sexuelle, des grands problèmes de défense de l'environnement, de promouvoir et d'organiser cette réponse.
Mais, pour cela, il est nécessaire d'intervenir là où le détachement entre les besoins réels des citoyens et la politique de ces institutions et de ces partis, est le plus évident et le plus crucial: dans les banlieues, dans les villages, dans les villes. Il est nécessaire et urgent de réaliser pleinement, par la lutte politique, la conquête et la réalisation des instituts et des instruments démocratiques refusés par le régime, le statut du PR et sa dimension fédéraliste et fédérative: c.à d.des partis, implantés dans les régions et dans les villes, construits sur des réalités associatives autonomes et fédérées, unies dans les diversités.

L'associationnisme autonome

Ce n'est pas se retirer de l'affrontement politique. Au contraire c'est la volonté et la nécessité de multiplier le potentiel de la lutte démocratique qui existe dans le pays: en lui donnant la possibilité et les instruments d'expression politique; en construisant un modèle d'organisation et de participation alternative au modèle bureaucratique et centralisé, justement par des partis politiques traditionnels; en contribuant enfin, à créer un tissu d'associationnisme autonome et démocratique, qui s'oppose à celui des organes et des corporations, l'unique aujourd'hui, permi par la culture, par l'organisation étatique, par la manipulation de l'information.

Intervenir sur l'économie

Ce n'est pas l'abandon des analyses, des stratégies, des méthodes de lutte qui appartiennent à l'histoire du PR et qui ont marqué de façon positive, par de grandes victoires politiques et des réformes civiles, même l'histoire de la démocratie et de la gauche italienne. Au contraire c'est la volonté de multiplier et d'enraciner dans la société les luttes pour les droits civils, les méthodes de la nonviolence et de la désobéïssance civile; l'objection de conscience contre l'illégalité, l'injustice, la loi et l'ordre injustes; la défense et la mise en service des instruments de démocratie directe et des référendums: en somme, toutes les luttes et les contenus historiques de l'initiative radicale. Mais aussi les luttes et les contenus nouveaux, qui doivent désormais, être affrontés avec urgence. Le moment est venu, pour les radicaux, d'intervenir directement dans le vif des problèmes économiques et sociaux qui conditionnent toujours plus lourdement la vie des citoyens. La clé de voûte est offerte par l'écol
ogie politique et en premier chef, par la lutte antinucléaire et pour une politique énergétique alternative: un terrain sur lequel se déterminent aujourd'hui de nouvelles contradictions de régime et la possibilité de nouvelles luttes alternatives.

Les nouveaux sujets politiques

Les luttes pour l'environnement sont appropriées aux nécessités de la nouvelle phase du parti. Elles ont en contrepartie, essentiellement, les organismes locaux; elles ont des objectifs définis et différents et, si elle sont rattachées à un projet politique alternatif, elles assument une importance nationale, voire européen. Elles impliquent la "réappropriation" de la part des gens, des grands choix réservés depuis toujours aux experts, c.à d. au régime. Ce n'est pas une réappropriation qui part du centre, de l'Etat, mais des périphéries, de la revitalisation des gouvernements locaux contre le centralisme, de l'aspect concret du quotidien opposé au monopole idéologique des partis "romains". De nouveaux sujets collectifs entrent dans la lutte politique; les villages, les petites et les moyennes villes, les régions, entendues comme corps unitaire, même sur le plan culturel de perspective et de développement; en somme: gens + territoire + autogouvernement, en conflit avec les "intérêts supérieurs nationau
x"; comme cela était en train d'arriver à Montalto di Castro, comme c'est arrivé à Trieste.

Défendre les référendums

Dix fois Trieste, doit-être le pari de la régionalisation des prochaines années, puisque le programme n'est pas réalisable en une seule année.
Les instruments de la démocratie directe et les référendums doivent-être défendus et reconquis après les attaques portées par la Cour Constitutionnelle et la majorité unanimistique du Parlement. Le régime les craint et il veut les liquider parcequ'ils ont représenté les seuls éléments de rupture des équilibres de pouvoir et des compromis politiques et législatifs des sommets. Ils doivent-être défendus contre les tentatives de les annuler définitivement. Il faut les reconquérir en activant les référendums régionaux et les lois d'initiative populaire prévus par les statuts des régions; en opérant de sorte que, à partir des initiatives et des réalités d'organisation qui s'accroisseront dans les régions, de nouveaux référendums nationaux puissent-être promus.
C'est uniquement à travers ces luttes, avec la création d'une organisation libertaire toujours plus forte et articulée, qu'il sera possible de stopper la crise des institutions, leur affaiblissement et leur bouleversement.

L'expulsion de Leone

Uniquement de cette manière, on pourra reconquérir l'espoir et la possibilité d'un renforcement de toute la gauche italienne, de son unité et de sa candidature alternative. C'est valable pour le Pci, mais aussi pour le Psi, dont le "nouveau cours" risque de se résoudre -par des conflictualités factices, internes au régime, et qui s'arrêtent toujours au seuil des choix décisifs- avec une couverture de l'écrasement constant de toute dialectique réelle, dans les institutions et dans le pays. Le PR adresse ses salutations fraternelles aux millions d'électeurs communistes, socialistes et démocrates, qui le 11 Juin, en refusant l'obéïssance passive aux très graves choix politiques de leurs partis, ont permis d'obtenir un grand succès démocratique, dont la démission du Président Leone, jusque-là protégé par les partis de régime, a été la conséquence directe. Le Parti radical adresse, en outre, ses remerciements aux électeurs communistes, socialistes et démocrates qui, le 25 Juin ont voté la liste radicale à Tr
ieste, en renforçant à gauche, la lutte contre le massacre écologique du Carso (Rivière et région, N.d.T), qui est la conséquence inévitable de la réalisation économique du traité d'Osimo.

La lutte à Trento et à Bolzano

Le XXème Congrès du PR, souhaite le plus grand succès aux camarades engagés à soutenir dans le Trentin et au Sud-Tyrol, la liste de "Nouvelle Gauche - Neue Linke", formée par des radicaux et des camarades d'autres composantes, et en particulier, Lotta Continua, et adresse un appel aux électeurs de ces régions, pour permettre, par leur vote, la représentation à l'intérieur des assemblées, d'une véritable opposition au trentenaire gouvernement de la Dc et de la Svp de Magnano.

Présents aux Européennes

Le PR sera présent aux consultations électorales pour le Parlement européen, pour y porter ses propres positions, fédéralistes et régionalistes et pour les programmes et les valeurs alternatives contre l'Europe des Etats nationaux et nucléaires et des multinationales. La présence du PR est d'autant plus nécessaire que, par son propre choix ou à cause des lois électorales nationales respectives, les minorités alternatives présentes dans les autres pays européens seront exclues du Parlement européen, comme les composantes de la nouvelle gauche, écrasées à l'intérieur des partis communistes, socialistes et sociaux-démocrates. Sur le plan intérieur, la consultation européenne de juin prochain sera un point de passage fondamental, avant les prochaines élections politiques, dans lesquelles il faudra conquérir un renforcement consistant de la représentation radicale, pour assurer au Parlement, une opposition au régime efficace.
La presse italienne a parlé, durant ce Congrès, de crise du PR. La crise du PR, réside dans l'énorme disproportion entre les moyens dont il dispose et les tâches ardues que la situation dramatique du pays et les choix des autres partis de gauche lui imposent d'assumer.
Mais cette situation dure depuis 1963, surmontée à chaque fois par la force de la nonviolence, de la mobilisation militante, capable de susciter l'intérêt et l'engagement des citoyens.

La rencontre théorique

Quinze ans de théorie et de praxis radicale sont devenus désormais le patrimoine de milliers de radicaux. L'information de régime et une culture attentive uniquement aux données du pouvoir, ne se sont pas aperçus, sinon superficiellement, de l'exceptionnelle importance que cette théorie et cette praxis ont eu et ont toujours dans la vie politique, civile et institutionnelle du pays, et elles en empêchent la connaissance et la diffusion, l'approfondissement et la confrontation. Le XXème Congrès accueille donc avec satisfaction, la publication des actes de la Rencontre théorique délibérée par le Congrès de Bologne de l'année dernière et il souhaite qu'elle puisse constituer le premier instrument et la première base d'un débat et d'un travail collectif des militants. Dans ce tableau, le Congrès confirme l'engagement du Conseil fédératif pour le déroulement, début 1979, de la rencontre sur "Libération de la Femme, Libération Sexuelle, Nonviolence".

Rapport avec le Pci différent

Le Congrès remercie le camarade Renzo Trivelli pour son intervention, en représentant ainsi le Pci. Cette intervention peut-être considérée comme un fait nouveau, il permet d'espérer que, dans la franchise de la dissension, le dialogue puisse finalement se substituer à l'inattention ou au lynchage.

Les tâches des partis radicaux régionaux

Le XXème Congrès du PR invite les organes exécutifs et délibératifs des partis régionaux, à définir dans l'année, les projets et les luttes politiques, à partir des respectives réalités sociales , institutionnelles et économiques, et de leurs propres expériences associatives, à réaliser avant le printemps 1979. Le Congrès souhaite que ces projets puissent s'adresser immédiatement à la mise en service des instruments de démocratie directe prévus par les statuts régionaux ou à la promotion de ces instituts, là-où il manque des instruments de règlementation de mise en service, ou bien, comme en Sicile, où ils manquent tout à fait. Il invite également les organes des partis régionaux à assurer, au Conseil fédératif et dans le rapport avec le secrétaire et avec la commission, la coordination de ces initiatives, de ces projets et de ces luttes.

La politique énergétique

Le Congrès, compte-tenu de l'engagement des partis régionaux, de plusieurs associations et de groupes radicaux dans la lutte contre le plan nucléaire, pour une politique énergétique alternative et contre la pollution, considère que ces initiatives doivent trouver un moment de confrontation et de coordination, pour rendre la lutte toujours plus incisive. Il invite les partis régionaux à participer à l'organisation et à la réussite de la rencontre qui aura lieu au printemps prochain des "Amis de la Terre", sur "La Politique Energétique pour l'Europe et les Problèmes de l'Information".

Contre la Chasse

Le Congrès, en prenant acte des propositions et des initiatives déjà existantes, à l'intérieur du parti et à l'extérieur de celui-ci, tournées à promouvoir un référendum national pour l'abolition de la chasse, considère que les partis régionaux, les associations et les militants radicaux, ne pourraient pas ne pas s'engager dans le soutient et la participation à ce référendum si, dans le cadre des mécanismes fédératifs ou pour l'initiative des partis régionaux, ces sollicitations se transformaient en un projet d'organisation et financier concret et réalisable. Il exclut, dans le cadre des choix du congrès, que l'initiative puisse être assumée par les organes fédéraux.

Les Tâches du Secrétaire

Le Congrès donne mandat au Secrétaire:

1) de préparer la présentation du parti aux élections européennes, en lançant dès à présent les initiatives et les luttes pour assurer que la campagne ne soit pas étouffée, que les partis les plus faibles ne soient pas discriminés, que cesse l'utilisation abusive de la part des médias et en particulier de la Rai-Tv;

2) d'organiser une grande initiative du parti sur les motifs, les contenus et les objectifs de la participation radicale à ces élections;

3) d'activer, en rappelant l'engagement antimilitariste, pacifiste et internationaliste du PR, les organes du parti pour soutenir pleinement les trois propositions sur la base desquelles la Ligue socialiste pour le désarmement proposera au Conseil fédératif du PR, un pacte fédératif pour l'année prochaine:

a) l'organisation du "train pour le désarmement" de Bruxelles à Varsovie prévu pour l'été 1979:

b) la convocation d'une rencontre internationale, avant fin-1979, sur la défense populaire nonviolente;

c) la reprise, sur le plan des institutions européennes, de la bataille contre les codes et les tribunaux militaires;

4) d'étudier avec le Front Radical Invalides (Fri) les propositions pour le pacte fédératif, en substitution de celles qui n'ont pu être réalisées, l'année dernière, en collaboration, à causes des conditions dans lesquelles se trouvait le parti. Ces propositions devront-être soumises au Conseil fédératif en cas d'accord, dans le but de relancer la lutte de libération des invalides des obstacles qui les empêchent de participer pleinement à la vie civile et productive;

5) d'appuyer politiquement et par l'organisation, l'initiative du groupe radical de Bruxelles, qui concerne la convocation et la promotion d'une rencontre internationale sur l'avortement, qui devrait avoir lieu en automne 1979, en collaboration avec les groupes féministes et démocratiques de toute l'Europe.

Le Financement Public

Le XXème Congrès du PR considère que le référendum du 11 Juin, si d'un point de vue politique général, il a constitué un grand succès, en ce qui concerne l'objet spécifique du financement public, il a infligé un échec. Le Congrès ne considère pas terminée cette bataille et il la reproposera à partir de l'année prochaine, avec des projets de loi et avec d'autres initiatives, en n'excluant pas le recours à un nouveau référendum. Il prend acte que pour le parti, après le 11 Juin, le financement public ne constitue plus un problème transitoire que l'on peut espérer, du moins à court terme, de surmonter et de résoudre, par l'abrogation de la loi, mais qu'il représente un problème permanent, une contradiction qui doit-être assumée et résolue par le parti et dans le parti. Et pour le parti il n'y a qu'un moyen pour ne pas se laisser bouleverser et dénaturer, celui de la retourner contre le régime.

Son utilisation alternative

Le Congrès délibère par conséquent:

1) que le financement public ne doit pas entrer dans le bilan du parti mais qu'il doit-être géré dans un fonds distinct;

2) que le financement public ne doit pas être utilisé pour l'organisation directe ou indirecte du parti et de ses activités militantes, qui doivent être garanties par l'autofinancement;

3) que le financement public doit-être utilisé exclusivement dans le but d'assurer des services et de réaliser des projets qui permettent de contraster, de limiter et, si possible, de vaincre les obstacles que le régime oppose à chaque bataille antagoniste et potentiellement alternative.

Les tâches du Trésorier

Le Congrès donne mandat au Trésorier national d'administrer le financement public dans un bilan autonome par rapport au bilan ordinaire du parti et de l'employer exclusivement dans ces buts:

1) élimination du déficit du parti contracté en 1977 dans la campagne pour la collecte des signatures pour les 8 référendums;

2) investissements directs pour l'information;

3) constitution, si les conditions sont favorables, d'un centre de production radiophonique et d'assistance technique pour les Radios Radicales;

4) investissements pour les engagements électoraux décidés par le Congrès ou par le Conseil fédératif.

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