L'Union africaine se penche sur les crises soudanaise, congolaise et ivoirienne


Le Monde

Le 3e sommet de l'Union africaine (UA) s'est ouvert mardi 6 juillet matin dans Addis Abeba (Ethiopie) en présence d'une quarantaine de chefs d'Etat et de gouvernement africains.

Le sommet, qui se déroule du 6 au 8 juillet, sera principalement consacré aux graves crises du Darfour, dans l'ouest soudanais, de la République démocratique du Congo (RDC) et de la Côte d'Ivoire.

Le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, dont l'organisation est impliquée dans les tentatives de résolution des crises africaines, participe au sommet.

Parmi les chefs d'Etat présents figurent l'Ivoirien Laurent Gbagbo, le Soudanais Omar El-Bechir, l'Ougandais Yoweri Museveni, le Nigérian Olusegun Obasanjo, le Sud-Africain Thabo Mbeki, le Gabonais Omar Bongo, le Sénagalais Abdoulaye Wade et l'Algérien Abdelaziz Bouteflika.

Le colonel libyen Mouamar Kadhafi, à l'origine de la création de l'UA en remplacement de l'Organisation de l'unité africaine, est absent du sommet, ainsi que le président de la RDC, Joseph Kabila, l'Egyptien Hosni Moubarak et le Tunisien Zine El Abidine Ben Ali.

KHARTOUM FACE À SES ENGAGEMENTS

Le Darfour, qui se retrouve en "une" des médias internationaux en raison des terribles violences infligées aux civils par les milices pro-gouvernementales, va constituer un gros sujet de discussion.

Le président de la Commission de l'UA, Alpha Oumar Konaré, a appelé dimanche le gouvernement soudanais à concrétiser son engagement d'assurer la protection des civils et de désarmer les milices.

"Très préoccupé par les violations du droit international", M. Konaré a aussi "demandé instamment au gouvernement soudanais de faciliter le libre accès de toutes les agences humanitaires aux populations affectées."

L'UA, appuyée par l'ONU, veut aussi tenter d'éviter une troisième guerre en moins de dix ans en République démocratique du Congo, dont la stabilité conditionne celle de tous ses voisins.

CRAINTES CONCERNANT LA RDC ET LA CÔTÉ D'IVOIRE

L'ancien Zaïre est déstabilisé militairement sur ses frontières de l'est avec le Rwanda par une rébellion que Kinshasa accuse d'être soutenue par Kigali.

Une réunion parallèle au sommet concernera la Côte d'Ivoire qui n'arrive pas à sortir d'une profonde crise depuis le soulèvement rebelle de septembre 2002. M. Gbagbo et le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, présent à Addis Abeba, se sont rencontrés lundi.

M. Konaré a appelé les dirigeants africains "à envoyer un signal clair et dépourvu de toute ambiguïté aux parties ivoiriennes quant à la nécessité, pour elles, de faire montre de la volonté requise pour sortir leur pays de la crise actuelle" dans l'ancienne colonie française coupée entre nord et sud.

D'autres conflits (Somalie, Comores, Burundi, Ethiopie-Erythrée...) seront discutés à ce sommet que Konaré veut consacrer "à l'urgente mise en place de la défense commune et de la politique de sécurité"