L'Italie soutient Wolfowitz pour placer la radicale Emma Bonino au HCR


Le soutien affiché des dirigeants italiens en faveur de la nomination de l'Américain Paul Wolfowitz à la tête de la Banque mondiale a pour contrepartie la nomination de la radicale Emma Bonino au HCR, a affirmé jeudi le quotidien La Repubblica. "L'Italie est favorable au candidat de la Maison Blanche Paul Wolfowitz pour la direction de la Banque Mondiale", a annoncé cette semaine le chef de la diplomatie italienne Gianfranco Fini au cours du sommet européen à Bruxelles. Or la personnalité de Wolfowitz, chef de file du courant néo-conservateur américain, n'enthousiasme pas les dirigeants européens. La Repubblica fait état jeudi d'un document confidentiel envoyé par le ministère des Affaires étrangères italien à son ambassade à Washington, dans lequel le soutien de l'Italie à la candidature de Paul Wolfowitz a pour contrepartie un soutien américain à celle d'Emma Bonino pour la direction du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés. Le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi avait annoncé à ses compatriotes le 16 mars, avoir téléphoné au président américain George W. Bush pour défendre la candidature de Mme Bonino. La veille, M. Berlusconi avait annoncé le début du retrait des troupes italiennes de l'Irak début septembre. Après sa conversation avec George W. Bush il était revenu sur cette déclaration. "C'était un souhait", avait-il expliqué. Commissaire européen chargé de l'aide humanitaire de 1994 à 1999, Emma Bonino, 57 ans, était déjà candidate à ce poste en 2000 contre le Néerlandais Ruud Lubbers. Elle est aussi une des dirigeante du Parti Radical italien, formation courtisée par la droite et la gauche pour les prochaines élections législatives de mai 2006. La liste dirigée par Emma Bonino avait obtenu 2,3% des suffrages lors des législatives de 2001 remportées par la droite. Silvio Berlusconi a officiellement approché au mois de février le chef du parti Radical, Marco Panella, pour intégrer sa formation à sa coalition. Mais deux de ses alliés, l'Alliance nationale (droite) et l'UDC (centristes démocrates chrétiens) ont refusé cette alliance. Le parti radical réclame un référendum pour faire abroger une loi très restrictive sur la procréation artificielle proposée par le gouvernement Berlusconi et adoptée en 2004 par le Parlement. Les catholiques de l'UDC considèrent que les positions extrêmes du Parti Radical lui interdisent de rallier la coalition gouvernementale et ont menacé de la quitter en cas d'intégration de ce mouvement. Le poste de directeur du HCR est vacant à la suite de la démission de M. Lubbers le 20 février. La nomination de son successeur doit être approuvée par les 191 Etats membres de l'ONU. Outre l'Italienne Emma Bonino, plusieurs européens sont candidats. La France soutient l'ancien haut représentant de l'ONU au Kosovo Bernard Kouchner, mais brigue également l'Organisation mondiale du commerce. La Belgique propose deux candidats pour le HCR: la Wallonne Anne-Marie Lizin, présidente du Sénat, et le Flamand Marc Verwilghen, ministre de l'Economie. L'Espagne soutient la candidature de Fernando Valenzuela et le Danemark celle de Soeren Jessen-Petersen, actuellement à la tête de la Mission de l'Onu (Minuk) au Kosovo.