L'indépendance du Kosovo serait "hautement déstabilisante", selon Rome


AFP

Rome. Le gouvernement italien estime que l'indépendance du Kosovo serait "hautement déstabilisante" pour la région mais rejette également un retour en arrière, quand la province n'avait aucune autonomie.

"La position de l'Italie est qu'il faut régler d'abord la question de la qualité des normes appliqués dans cette province avant d'aborder le problème de son statut", a expliqué à l'AFP un porte-parole du ministère, utilisant un raccourci anglais "standards before status" pour expliquer la position officielle.

"Il reste de nombreux problèmes au Kosovo qui ne sont toujours pas résolus et dans ce contexte, le choix d'un statut définitif serait une fuite en avant. Une indépendance serait hautement déstabilisante", a déclaré plus tôt dans la journée Pasquale Terracciano, porte-parole du ministère, à une semaine du voyage que le chef de la diplomatie, Gianfranco Fini, doit effectuer dans la région.

M. Fini se rend en tournée du 23 au 25 février en Serbie, au Monténégro, au Kosovo, en Macédoine et en Bosnie-Herzégovine où il rencontrera les plus hauts dirigeants de la région.

L'Italie rejette également "un retour en arrière, quand le Kosovo n'avait même pas un semblant d'autonomie" et estime que la solution définitive du statut de la province du sud de la Serbie devra être un compromis entre ces deux extrêmes, "avec la perspective d'une intégration euro-atlantique".

La perspective de pouvoir adhérer à terme à l'Otan et à l'Union européenne est "un instrument qui permet de réduire la charge nationaliste poussant à des décisions précipitées concernant le statut", de la province, a précisé le porte-parole.

"Mais avant d'affronter la question du statut, il faut régler le problème de la qualité des normes appliquées dans la région, que ce soit concernant la protection des minorités, le droit des réfugiés ou celui de la propriété", a ajouté M. Terracciano.

Selon le second porte-parole, l'Italie "tient beaucoup à la protection des minorités au Kosovo".

"Grâce au modèle du Haut Adige (une région multiethnique en Italie, ndlr) et aussi à la présence de minorités italiennes en Slovénie et en Croatie, nous avons acquis une expérience utile dans ce domaine et nous souhaitons fournir notre contribution pour trouver des formules de protection des minorités au Kosovo", selon la même source.

Les autorités de Rome souhaitent également faciliter le retour des réfugiés.

Le voyage de M. Fini a pour objectif "d'attirer de nouveau l'attention sur les Balkans, qui ont glissé vers le bas sur l'échelle des préoccupations internationales à cause de l'Afghanistan ou de l'Irak, mais où la situation est tout sauf stabilisée", a ajouté M. Terracciano.

L'Italie est très impliquée dans les Balkans où elle a déployé environ 4.500 soldats, dont 2.850 au Kosovo, 1.100 en Bosnie, 500 en Albanie et 25 en Macédoine.