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Libertés d'opinion et d'expression,<br> libertés de la presse au Vietnam
Mesdames, Messieurs,Le problème des droits de l'homme et du citoyens au Vietnam est un problème brûlant d'actualité.
Dans la limite du temps imparti, évoquons la seule question des libertés d'opinion et d'expression et liberté de presse.
Pour ne pas répéter ce qui a été déjà publié dans les médias, je me permets de vous rappeler trois documents essentiels récents:
- Le livre du dissident Bui Tin, préfacé par Jean Lacouture et intutlé "1945-1999: Vietnam, La Face Cachée du Régime" (Paris 1999);
- Le Rapport du Comité Vietnam des droits de l'homme présenté devant le Comité des Doits de l'homme de l'ONU (75ème session) en Juillet 2002 à Genève et tintitulé: "Les violations des Droits Civils et Politiques dans la République Socialiste au Vietnam" (Paris 2002)
- Le Rapport récapitulatif du Comité des Doits de l'Homme de l'ONU (75ème session) intitulé: "Les Observations conclusives sur les Droits de l'Homme au Vietnam" adopté par le Comité à l'issue de sa 2031ème réunion le 19 Juillet 2002 à Genève.
Maintenant, devant cette noble assemblé, je voudrais apporter le témoignage personnel d'un intellectuel sud-vietnamien qui après avoir frayé avec le communisme pendant une vingtaine d'années a choisi de devenir réfugié politique.
A mon corps défendant, en tant que sympathisant du Front National de Libération du Sud Vietnam, puis membre de l'Alliance des Forces Nationales, Démocratiques et de Paix du Sud Vietnam, une organisation pro-communiste fabriqué de toutes pièces à la veille de la grande offensive communiste contre les villes du Sud Vietnam pendant la fameuse Fête du Nouvel An de 1968, j'ai vécu à Hanoi, de fin 1968 au printemps 1975, officieusement invité par le Parti Communiste Vietnamien et par le Comité de Réunification du Gouvernement de Hanoi, en compagnie de plusieurs autres intellectuels du Sud Vietnam, que les dirigeants communistes du Front National de Libération (FNL) avaient réussi à emmener de gré ou de force dans les zones dites "libérés" du territoire sud-vietnamien.
A Hanoi, j'ai pu lire pour la première fois la Constitution de la République Démocratique du Vietnam (Nord Vietnam de 1954 à 1975). Et petit à petit j'ai commencé à apercevoir l'abîme qu'il y a entre le contenu de cette Constitution et les réalités de la vie politique et quotidienne. J'ai été très surpris, par exemple, après avoir vécu pendant des dizaines d'années en France et au Sud Vietnam, que tous les médias, tous les instruments de la communication étaient entre les mains du Parti Communiste Vietnamien (PCV) et de l'Etat communiste nord-vietnamien. J'ai été frappé par l'omnipuissance et l'omniprésence de la Police Politique qui pesait lourdement sur la vie du peuple et surtout de l'intelligentsia nord-vietnamienne.
Tous les écrivains, artistes, journalistes, homme de science avec qui j'ai pu entrer en contact pendant mon séjour de plus de 5 ans au Nord-Vietnam me semblaient être très prudents, circonspects, un peu trop réservés pour ne pas dire méfiants à l'égard des nouveaux venus du Sud-Vietnam, concrètement des villes sud-vietnamiennes qu'on surnommait là-bas des "zones provisoirement occupées". J'ai pu parler à un certain nombre d'intellectuels et de journalistes qui travaillaient pour des médias comme le Nhan Dan (Le Peuple), organisme officiel du Parti, le Quan Da Nhandan (L'armée du Peuple), le Hanoi Mo (Le Nouveau Hanoi), le Thoy Nhat (La Réunification), le Dai Doan Ket (La Grande Solidarité), et au Comité des Sciences Sociales du Vietnam à Hanoi.
J'ai été surpris par la monotonie, le conventionnalisme, le monolithisme de leurs opinions politiques ou culturelles. On aurait dit qu'ils étaient tous fondus dans le même moule de pensée et d'idéologie. J'ai commencé à deviner une sorte d'absence de liberté de pensée et d'expression, vu l'uniformité de langage et du mode de pensée de mes interlocuteurs sans doute sélectionnés pour ces dialogues téléguidés.
Pendant mon séjour à Hanoi, par curiosité, beaucoup plus que par volonté d'approfondissement des problèmes politiques, j'ai essayé de savoir un peu plus sur deux événements majeurs de la vie culturelle et politique au Nord-Vientam: la répression contre le mouvement "Humanisme et Belles-Oeuvres" et les purges contre les révisionnistes anti-parti et prosoviétiques (plus exactement pro-Kroutchev). Peine perdu! La Police Politique surveillait de près notre groupe d'intellectuels sud-vietnamiens, soi-disant invités du Parti e du Gouvernement et déjouaient toutes mes tentatives de m'informer. Finalement, jusqu'au printemps 1975 je n'ai su que très peu de choses sur ces deux graves affaires qui avaient un grand impact sur la vie politique et culturelle du Nord-Vietnam à cette époque là (c'est-à-dire pendant les années 50, 60, 70).
Tout ce qui vient d'être dit, en tant que témoignage d'un intellectuel des villes sud-vietnamiennes égaré dans le labyrinthe du désert idéologique du Nord-Vietnam des années 70 vous donnera peut être une idée de ce qu'on peut appeler un régime policier dans un Etat totalitaire dont des hommes politiques et des journalistes occidentaux comme l'ambassadeur Pete Peterson, de député européen Olivier Dupuis, M. Martin Schulthes, l'assistant de ce dernier, le député du Parlement norvégien Lars Rise ou Mlle Sylvaine Pasquier, du magazine l'Express on fait les frais.
Ce Parti et cet Etat totalitaires d'hier et d'aujourd'hui prétendent à qui veut les entendre que les problèmes des droits de l'homme au Vietnam sont des "problèmes internes" et que les nations étrangères comme celle de l'Union européenne et les Etats-Unis d'Amérique, ainsi que les observateurs étrangers épris de libertés et de démocratie "à l'occidentale", comme ceux de l'FIDH, d'Amnesty International, de Human Rights Watch n'ont rien à y voir.
On pourrait donc se permettre de profaner les Droits de l'homme à huis clos et apparemment l'opinion internationale ne servirait donc à rien!
Contre toute évidence, ce Parti et cet Etat totalitaires ont déclaré tout de go et avec plus ou moins d'impunité, qu'au Vietnam il n'y a pas de prisonniers politiques, ni de prisonniers religieux, ni de prisonnier de conscience, mais seulement des "criminels" qui n'ont enfreint la loi, attenté à la sécurité nationale, menacé l'unité et la solidarité nationales et doivent être punis comme tels.
Dans les seuls domaines de la liberté d'opinion, d'expression de la liberté de la presse, le PCV et l'Etat communiste, en réalité, ont résolument et absolument violé la loi nationale et le droit international. Evoquons quelque faits et événements les plus significatifs
La Constitution vietnamienne garantit la liberté d'opinion et d'expression mais la Loi sur la presse et la Loi sur les publications interdisent les journaux privées, les éditions privées. Tous les mass-médias sont sous contrôles du PCV et de l'Etat. Radios, télévisions (y compris par satellite), Internet et tout autre moyen de communication national et international sont soumis à une censure, une surveillance, une chasse aux sorcières impitoyables.
- En février 2002, le biologiste Ha Si Phu et l'intellectuel Mai Thai Ling ont été placées en détention administrative à domicile pour avoir expédié leurs écrits à l'étranger via internet.
- EN juin 2002 la police de Ho Chi Minh Ville a interpellé en pleine rue le général Than Do, ancien vice-président de l'assemblée nationale pour confisquer une partie de ses Mémoires, considérés comme un document au contenu subversif.
- Plusieurs intellectuels démocrates qui ont utilisé internet pour diffuser lerus opinions ont été arrêtés et emprisonnés pendant les années 2001-2002: les plus connus d'entre eux sont Le Chi Quang, Nguyen Vu Bind, Pham Hui Son.
Je viens de citer les noms de Tran Do (éminent dissident nord-vietnamien décédé le 9 août dernier), Le Chi Quang, Phan Hui Son, Nguyen Vu Bind. Mais il faudrait aussi citer de nombreux autres dissidents nord-vietnamiens, victimes de la violation des libertés d'opinion, d'expression et de la presse comme Huang Minh Ching, Nguyen Thang Giag, Pham Que Duong, Hiang Thien; Pour avoir écrit des articles, répondu aux interviews des radios étrangères, envoyés des pétitions réclament la démocratie et les libertés, eux et des dizaines, des centaines d'autres compagnons d'infortune ont été interrogés par la Police à satiété, surveillés, maltraités de toutes les manières, y compris les menaces, les brimades et punitions contre les membres de leurs familles. On remarque que les dissidents les plus connus sont actuellement en résidence surveillées.
Au Sud-Vietnam, il convient de citer des dissidents civils et religieux comme le Dr. Nguyen Dan Que, le poète Buin Minh Que, le biologiste Ho Ni Phu, les chercheurs en Sciences humaines Tran Khui et Nguyen Thu That Xuan, les communistes de haut rang comme Nguyen Van Tran (décédé) ou Nguyen Mo (actuellement en résidence surveillée), les dirigeants les plus haut placés de l'Eglise bouddhique vietnamienne unifié (bannie par le Parti et l'Etat) comme les Vénérables Thich Huyen Quang, Thich Quang Do, le Révérend Père Nguyen Van Ly (condamné à 15 ans de prison en 2001), le Vénérable Le Quang Liem de la Secte Hoa Hao ... tous ont été maltraités, terrorisés, assignés à résidence ou emprisonnés à cause de leur écrits, leurs déclarations, leurs Pétitions, leurs appels diffusés sur internet en faveur de la Démocratie e la Défense des droits de l'homme.
En ce début de nouveau siècle et de nouveau millénaire le PCV et l'Etat communiste n'ont pas renoncé à une procédé moyenâgeux de répression comme l'autodafé pour anéantir la liberté de pensée et d'expression. Ainsi en mars 200 le Ministre de la Culture et de l'Information a publié une décision ordonnant la confiscation et la destruction de roman autobiographique de Bui Ngoc Tan "Histoire racontée en l'an 200", un véritable "archipel du Goulag" vietnamien où l'auteur, ancienne victime de la grande purge antirévisionniste des années 60-70 a bel et bien défini la politique communiste de "rééducation" comme une méthode d'extermination sans coup férir, tablant seulement sur la famine, l'épuisement et la perturbation mentale.
En janvier 2002 le même Ministre a récidivé et en plus grand: il a promulgué une Décision autorisant la Police et les Inspecteurs culturels à confisquer et à détruire 4 ouvrages écrits par les célèbres dissidents Tran Do, Tran Khue, Nguyen Chi Thanh Xuan, Nguyen Thanh Quang et Vu Tas Quan. Cette nouvelle autodafé du début de l'an 2002 a provoqué une indignation parmi l'intelligentsia de Hanoi dont l'un des membres l'a comparé au crime de l'empereur Qin Shi Huang, qui avait brûlé de nombreux livres et enterré vivants de nombreux lettrés récalcitrants il y a plus de 2000 ans.
Il serait fastidieux d'allonger la liste de violations contre la liberté d'opinion et d'expression et la liberté de presse en particulier, et contre les Droits de l'homme en général.
Il suffit de rappeler l'opinion de 21 dissidents vietnamiens qui le 4 août dernier ont adressé une pétition courageuse et cinglante à l'adresse de l'Assemblée Nationale pour exiger la création d'une Cour constitutionnelle à fin d'examiner les violations à la Constitutions.
Les auteurs de la pétitions ont constatés que, après la répression contre le groupe culturelle "Humanisme et Belles-Oeuvres" des années 50 et après les purges antirévisionnistes des années 60-70, la période actuelle est l'une des périodes les plus sombres pour la pensée, la culture et l'humanisme vietnamiens. Par ailleurs, les signataires de la Pétition, tout en pressant l'Assemblée Nationale de respecter les droits fondamentaux garantis par la Constitution, ont également appelé la Communauté Internationale de faire pression sur le Vietnam communiste pour qu'il respecte les instruments internationaux de protection des droits fondamentaux de l'homme, comme la Déclaration Universelle Des Droits de l'Homme et le Pacte International des Droits Civiques et Politiques.
En préfaçant le liber du dissident Bui Tin, intitulé "1945-1999: Vietnam, La Face cachée du Régime" (Ed. Kergour, Paris 1999), Jean Lacouture a écrit notamment: "De cette saga mélancolique d'un grand peuple arrachée à la servitude étrangère, pour tomber sous la coupe d'une camarilla féroce (...) on tire la conclusion qu'il est moins difficile pour un peuple de se débarrasser des diables étrangers que des démons intérieurs. Mais aussi cette autre conclusion: le vainqueur des diables l'emportera aussi sur les démons".
Suite à ce message d'espoir à résonance prophétique du grand historien français, nous autres vietnamiens épris de liberté et de démocratie souhaitons que les responsables de l'Union européenne et des autres pays démocratiques du monde et tous les hommes de bonne volonté soucieux des droits de l'homme continuent de faire pression sur les autorités communistes de Hanoi pour qu'elles comprennent qu'il ne faut pas faire fi de l'opinion internationale, qu'il ne faut surtout pas badiner avec les Droits de l'homme parce que ça risque de leurs coûter très cher, puisque bafouer les Droits de l'homme c'est bafouer l'humanité, et défendre les Droits de l'homme c'est faire honneur à l'humanité.
Gli iscritti e contribuenti 2012
| FRANCESCA T. MILANO | 200 euro |
| EUFEMIA T. MUGGIO' | 200 euro |
| AMBROGIO S. CASSINA DE' PECCHI | 200 euro |
| PIER PAOLO S. FROSINONE | 200 euro |
| DAVIDE R. MILANO | 200 euro |
| LORENA P. MONZA | 200 euro |
| DAVIDE L. MANTOVA | 200 euro |
| PAOLO G. ROMA | 200 euro |
| MARTA G. ROMA | 200 euro |
| ANNA MARIA D. ROMA | 200 euro |
| Total SUM | 397.572 euro |
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