Libertés économiques

Mesdames, Messieurs,

Il y a de cela plusieurs mois, lorsque Monsieur le député Olivier DUPUIS et la présidente du Mouvement Lao pour les droits de l'Homme, Madame Vanida THEPHSOUVANH, m'avaient demandé d'intervenir à cette conférence, j'ai longuement hésité avant d'accepter. Je m'interrogeais en effet sur la contribution que je pourrais apporter à ce débat, n'étant ni économiste, ni politicien, mais simple observateur.

Mais aujourd'hui, je tiens à les remercier tous les deux, comme je remercie les co-organisateurs du colloque, notamment le président VO VAN AI et le président AUNG KO, de me donner l'occasion d'évoquer la situation "des libertés économiques" au Laos, je devrais plutôt dire "l'absence de liberté économique" en République Démocratique Populaire Lao. Un sujet si complexe, mais si crucial pour l'avenir de ce pays, qui reste cher à mon cœur, en dépit du temps qui passe.

Où en est la situation économique et sociale de la RDP Lao, plus de 26 ans après l'arrivée des communistes au pouvoir en 1975? Quel bilan peut-on dresser de ces années de coopération et d'assistance de la part des donateurs, en particulier l'Union européenne, tant en matière de développement que de Démocratie et des droits de l'Homme? Que font les Etats-Unis dans ce domaine? Et, enfin, une question en guise de conclusion : le développement du Laos peut-il se faire sans démocratie et sans un profond changement politique?

Le temps va sans doute me manquer, mais je m'efforcerai d'avancer des réponses durant les minutes qui me sont imparties.

Où en est le Laos aujourd'hui ? Chaque fois que je consulte un rapport sur la RDP Lao - que ce soit celui des institutions financières internationales comme la Banque Mondiale, le FMI ou la Banque Asiatique de Développement, celui de l'ONU ou celui de l'Union européenne -- je lis avec tristesse que : "La RDP Lao reste l'un des plus pauvres pays de la planète", et "le plus pauvre Etat de la région Asie-Pacifique". Je lis également que le Laos -- pays de 5 millions d'habitants pour 236.800 Km2, disposant d'importantes ressources naturelles et l'un des plus aidés par la communauté internationale-- "est dirigé depuis 1975 par un régime communiste selon le système du Parti Unique"..

Il n'est pas besoin, pour moi, de conclure qu'il y a là un lien de cause à effet entre ce sous-développement et la nature du régime. D'autres, dans l'ex-URSS et dans les pays d'Europe centrale et orientale, ont déjà tranché cette question à la fin des années 90, à la chute du Mur de Berlin, en faisant le choix historique de s'engager sur la voie de la Démocratie et de l'économie de marché.

Mais, les dirigeants du Parti unique laotien, loin de partager cette analyse, ont préféré le chemin inverse, en demeurant l'un des derniers bastions communistes, aux côtés de la Chine, de la Corée du Nord , de Cuba et du "grand frère" Vietnamien..

Pour le bilan socio-économique de ces 26 années de gestion communiste, il conviendrait de distinguer deux grandes périodes:

- Celle de 1975-1986 tout d'abord, durant laquelle l'économie est conduite selon le système centralisé sous le strict contrôle du Parti. Refus d'inclure les Laotiens dits de l'ancien régime dans l'administration, rejet de l'Occident, planification de la production et du marché, collectivisation des terres, préférence à la fidélité politique plutôt qu'à la compétence dans le choix des responsables ... Bref, au terme de ces 11 ans, le Parti unique a, selon les experts, fait reculer le pays d'au moins vingt ans, poussant le Premier ministre et secrétaire général du Parti de l'époque, Kaysone PHOMVIHANE, à reconnaître son échec lors d'une mémorable séance d'autocritique.

- Les 15 années suivantes, la période 1987-2002 est plus complexe. L'écroulement du camp communiste a contraint le régime à adopter un "Nouveau mécanisme économique", le "Nagnobai Chintanakane Mai". Cette version laotienne du "Doi Moi", mis en place à la même époque au Vietnam, peut se résumer en ces termes : "ouvrir le pays économiquement pour attirer les aides et les investissements, tout en maintenant un contrôle strict sur l'appareil politique".

Toutefois, cette stratégie a vite montré ses limites, car ces deux objectifs se sont révélées rapidement contradictoires. L'absence de débats publics et d'une presse libre, l'impréparation des dirigeants et cadres du régime plus habitués à l'économie centralisée, la bureaucratie, la corruption au sein du Parti et de l'administration, la défense des intérêts personnels et claniques, le souci de se cramponner coûte que coûte au pouvoir… ont conduit à des erreurs dans l'élaboration des projets et dans la gestion du pays.

Au début des années 90, le mot d'ordre des dirigeants Lao était: "les investisseurs se bousculent à nos portes, quand l'eau monte il faut puiser". Ainsi, du simple cadre jusqu'aux éminents membres du Bureau politique, chacun a profité sans retenu des aides et des investissements étrangers. La corruption est telle que l'une des plaisanteries à la mode à Vientiane était: "plus besoin de donner sous la table, maintenant il faut donner sur la table".

L'un des grands mystères était en effet : comment, avec des salaires de 20 à 50 dollars par mois, les dirigeants du Parti ont pu faire construire deux ou trois villas, acheter cash plusieurs voitures de luxe par famille, partir en vacances à l'étranger, et vivre comme des pachas sans se soucier des conditions de vie du peuple? Peu à peu, s'est installée "une bourgeoisie rouge" menant grand train et coupée des réalités socio-économiques du pays.

L'exploitation des forêts, activité très lucrative, relevait du monopole de l'Armée populaire, et des projets économiques, dotés de commissions juteuses, ont été approuvés à la va-vite comme celui des "58 barrages" en 1994, pour "faire du Laos le Koweit de l'Asie du Sud-est" ou encore "la batterie de la péninsule", selon les slogans officiels. En revanche, certains secteurs comme l'Education, la Santé ou le développement rural ont été délaissés. Ainsi, en 1997, sur les quelque sept milliards de dollars de promesses d'investissements, les trois quarts allaient aux projets hydroélectriques.

Corruption, bureaucratie, absence de transparence, de lois et de règles claires, "fatigue" des donateurs et crise financière de 1997… ont contraint les dirigeants du Parti à retarder, à geler voire à annuler la plupart des projets, et à monter d'autres stratégies pour attirer l'aide internationale. Il fallait aussi tenter de calmer la grogne de la population, notamment les enseignants, les jeunes et les employés de l'Etat, qui supportent de plus en plus mal l'injustice sociale et le train de vie exagéré des cadres du Parti et de leurs familles.

Certains ont même qualifié le régime de "narco-communiste". En effet le Laos est troisième producteur mondial d'opium, et la drogue, en particulier le "Ya Baa" est en train de faire des ravages dans la jeunesse laotienne. Qui en profite? Qui contrôle ce trafic dans ce pays où le moindre fait et geste est sous surveillance?

Le Mouvement du 26 Octobre, cette marche pacifique organisée à Vientiane par les étudiants, enseignants et fonctionnaires et qui a été violemment réprimée par la police, n'était que la pointe de l'iceberg de l'exaspération légitime du peuple Lao.

La colère et le mécontentement se sont aussi manifestés de façon moins pacifique, comme cette mystérieuse campagne d'attentat à la bombe dans les années 2000-2001, l'attaque du poste frontière de VangTao (Sud) en juillet 2000, et les affrontements armés de plus en plus fréquents dans le sud et le nord du pays. Ce climat d'instabilité pèse évidemment sur l'économie, notamment sur l'activité agricole dont vivent encore 85% de la population.

C'est dans ce contexte qu'ont été développés deux nouveaux programmes: le plan de lutte contre la culture du pavot, et le Plan national pour l'éradication de la pauvreté à l'horizon 2020.

Ce Plan de lutte contre la pauvreté (National Poverty Eradication Programme) -- conçu opportunément dans le sillage de l'appel lancé en 2000 par les leaders des pays riches pour réduire la pauvreté d'ici à 2015 -- est devenu le cheval de bataille mais aussi, je le crains, le "cheval de Troie" du régime communiste pour se maintenir au pouvoir et pour soutirer l'aide aux donateurs.

Les objectifs de ce Plan ont été établis de telle sorte que personne ne puisse refuser son soutien : lutte contre la drogue, lutte contre la déforestation, promotion des secteurs de l'éducation et de la santé, promotion des droits des femmes et des minorités, développement rural, lutte contre le Sida… Bref, tous les ingrédients sont réunis pour toucher la corde sensible de l'Occident. On voit bien aujourd'hui que les dirigeants du régime sont devenus experts dans l'art de glaner des aides internationales. Mais pourquoi avoir attendu jusqu'à 26 ans pour lancer ce programme ?

Quel bilan peut-on tirer des milliards de dollars d'aides versés au régime? La réponse peut se résumer en quelques chiffres:

Selon le dernier rapport de l'UNDP, datant de juillet 2002, la RDP Lao est classée 143ème sur 173 pays, en matière de développement humain. Ce qui signifie que, après 26 ans de gestion communiste, après des milliards de dollars d'aides et de prêts obtenus, après 200 millions de dollars d'aides directes envoyées chaque année par les réfugiés laotiens à leurs familles, le peuple lao reste parmi les 30 plus pauvres du monde, si l'on se base sur l'espérance de vie à la naissance, le niveau de l'illettrisme, le niveau de l'éducation, et celui des revenus réels des ménages.

Une espérance de vie de 53 ans et demi, la plus faible de la zone Asie-Pacifique (où la moyenne frôle les 69 ans). 48,7% de la population, soit près d'un Lao sur deux, ne savent encore ni lire ni écrire, 46,1% de Laotiens vivent sous le seuil de pauvreté. Voilà la triste réalité.

Un autre rapport, publié conjointement le 28 juin 2002 par la Banque Mondiale, le FMI et la Banque Asiatique de Développement (Country Financial Accountability Assessment), confirme, hélas, le constat de l'UNDP. Ce document souligne que les enseignants lao ne sont pas régulièrement payés et ont perdu deux tiers de leur pouvoir d'achat entre 1997 et 2002. Il appelle la RDP Lao à porter le budget de l'Education à 15% du budget national, contre 6% à l'heure actuelle.

En matière de santé, ce même rapport relève que le financement public ne couvre que 15% des dépenses, alors que 60% des coûts en soins et en médicaments sont supportés par les ménages et les 25% restants par l'assistance étrangère. Les crédits Santé ont chuté à 4,7% du budget de l'Etat en 1999, ce qui constitue le chiffre le plus bas d'Asie.

Quant au PIB, il se situe seulement autour de 300 dollars par tête d'habitant. Autre chiffre, le kip, la monnaie nationale, s'échange aujourd'hui à plus de 11.000 kip pour un dollar, contre 900 kip au premier semestre de 1997, soit une dépréciation de plus de 12 fois en 5 ans... Voilà encore les résultats d'une économie sans liberté

Les institutions internationales continuent d'appeler les dirigeants Lao à poursuivre les réformes de fond et à élaborer des lois réellement efficaces pour garantir les droits des investisseurs étrangers. Car, mes compatriotes ici présents le savent, nombreux sont les hommes d'affaires, d'origine lao ou étrangère, qui ont connu des déboires financiers voire même judiciaires, après avoir investi ou monté leurs entreprises en RDP Lao.

S'agissant des relations entre l'Union européenne et la RDP Lao, un Accord de Coopération a été signé le 29 avril 1997, quelques mois avant l'entrée du Laos à l'ASEAN. Cet accord stipule dans son article premier que l'application du Traité est basée sur "le respect des principes démocratiques et les droits fondamentaux de l'Homme".

Mais, le 22 mai dernier -- en dépit du vote à l'unanimité les 15 février et 15 novembre 2001 par le Parlement Européen de deux résolutions dénonçant les graves violations des droits de l'Homme au Laos -- la Commission de Bruxelles a, comme si de rien n'était, choisi de poursuivre la coopération avec la RDP Lao et de soutenir son Plan de réduction de la pauvreté, sous la forme d'un nouvel engagement financier communautaire de 18 millions d'euros pour la période 2002-2006.

Selon le rapport de la Commission (EC-Lao PDR Country Strategy Paper), l'Union Européenne a déjà fourni jusqu'à 130 millions d'euros d'aides au Laos depuis 1988, et a permis l'entrée de plus de 112 millions d'euros de produits textiles lao en 2000 (sur un total de 131 millions d'euros d'exportations laotiennes vers l'UE). Le document fait aussi état du financement de nombreux projets au Laos dans le domaine du développement rural et urbain, de la santé, de l'éducation, du déminage, et des ressources humaines… mais, encore une fois, rien n'a été prévu spécifiquement pour la promotion de la Démocratie, la protection des droits de l'Homme, et l'établissement de règles pour consolider les bases d'une économie de marché, y compris en offrant une garantie réelle aux investisseurs étrangers .

Aucun mot non plus, dans ce rapport de 81 pages, sur l'arrestation, la détention durant 14 jours, la condamnation et l'expulsion du député européen Olivier DUPUIS et de quatre militants du Parti Radical Transnational, qui avaient manifesté pacifiquement, avec pour seule "arme" une banderole et des tracts, le 26 octobre 2001 à Vientiane, pour marquer le deuxième anniversaire du "Mouvement des étudiants de 1999".

Le 13 juin dernier, une délégation de l'Assemblée nationale lao, en "mission de charmes" au Parlement européen à Strasbourg pour demander de nouvelles aides, n'a répondu que par des propos "langue de bois" aux députés européens qui la pressaient de questions sur le sort des cinq leaders d'étudiants arrêtés: Thongpaseuth KEUAKOUN, Khamphouvieng SISA-AT, Seng-Aloun PHENGPHANH, Bouavanh CHANMANIVONG et KEOCHAY.

Dans ses relations avec Vientiane, l'Union européenne a apparemment choisi une politique dont on ne discerne pas bien le sens, alors que l'Accord d'avril 1997 fixait comme condition première le respect des principes démocratiques et des droits de l'Homme. S'agit-il de privilégier les intérêts économiques? S'agit-il de faire bonne figure dans cet ancien protectorat français? Ou s'agit-il d'un simple positionnement régional?

Comment agissent les Etats-Unis dans ce domaine? Comme l'UE, Washington a conclu avec la RDP Lao un Accord commercial en 1997, mais Vientiane ne bénéficie toujours pas du statut commercial normalisé dans ses échanges avec les Etats-Unis. Ce statut, plus connu sous le sigle, "NTR" (Normal Trade Relations), accorde des droits de douanes très avantageux aux pays bénéficiaires.

Pourtant, tout est en place pour l'octroi de ce statut et l'administration Bush plaide en faveur de son attribution, mais le Congrès fait blocage, jugeant que la situation de la Démocratie et des droits de l'Homme n'est pas encore satisfaisante au Laos et que Vientiane ne s'est pas montrée coopérative sur le dossier des deux Américains d'origine lao-Hmong disparus à la frontière lao-thai.

Un vif débat agite la diaspora laotienne sur ce dossier NTR, mais une chose est sûre, dans cette affaire les parlementaires américains ont fait preuve d'une intransigeance tout à fait exceptionnelle. Cette attitude mérite d'être relevée quand on sait que seuls sept pays sont encore privés du NTR : le Laos, l'Iran, l'Irak, la Libye, la Corée du Nord, Cuba et la Yougoslavie... Le fait que le Laos figure encore parmi ces pays, dont les relations avec les Etats-Unis sont particulières notamment depuis les attentats du 11 septembre, démontre la ferme volonté des élus américains de peser économiquement sur Vientiane pour faire avancer la démocratie et les droits de l'Homme au Laos.

Ainsi, à l'appel des autorités lao qui implorent : "donnez-nous d'abord ce statut, et nous ferons ensuite un effort sur la Démocratie et les droits de l'Homme", le Congrès a préféré attendre "des avancées concrètes et significatives" avant de donner son accord.

Pour les mêmes raisons, le Congrès des Etats-Unis continue de faire pression sur la Banque Mondiale et sur l'administration Bush sur le projet de barrage Nam Theun 2. Ce projet controversé de 1.200 millions de dollars, que le régime considère comme l'un des piliers de son Plan contre la pauvreté, est retardé d'année en année. Aux dernières nouvelles, un accord achat - vente d'électricité devrait être signé à la mi-octobre avec la Thailande, en vue de permettre l'achèvement des travaux en 2008. Mais rien n'est encore sûr pour ce projet, dont l'entrée en service était initialement prévue en 2000.

La différence des démarches est claire entre l'Union Européenne et les Etats-Unis. Mais, à la veille de notre colloque, des signaux encourageants nous sont parvenus de Bruxelles.

Ainsi, j'ai lu ces jours-ci que Mme AUNG San Suu Kyi ne s'oppose plus à l'aide étrangère à condition que celle-ci soit "bénéfique" pour le peuple birman, qu'elle soit "étroitement contrôlée", et réponde aux critères de "transparence" dans l'octroi des fonds et de "surveillance" dans leur utilisation. J'ai lu également que Bruxelles s'est déclarée en Birmanie.

S'agissant du Vietnam, lié au Laos depuis 1977 par un "Traité d'amitié et de coopération spéciales", la Délégation du Parlement européen chargée des relations avec l'ASEAN en visite du 7 au 11 septembre à Hanoi, a haussé la voix pour la première fois, menaçant de "prendre des initiatives" en matière d'aides communautaires, pour dans ce pays. Après la Birmanie et le Vietnam, nous espérons maintenant un geste similaire des Quinze en direction des dirigeants du Laos.

Enfin, à la lumière de tous ces éléments, j'aimerais conclure par ces quelques questions: Comment la communauté internationale peut mieux aider le peuple lao? Ne faudrait-il pas que l'Union Européenne repense sa politique d'assistance en renforçant le contrôle de l'utilisation des aides et en fixant des conditions plus contraignantes en matière de liberté? En un mot, le développement du Laos peut-il se faire, de façon efficace et équitable, sous ce régime de Parti unique ?

L'histoire de l'humanité a démontré que la liberté d'initiatives, le droit d'expression, de presse, le droit de débattre de la politique du pouvoir en place, le droit pour un peuple de changer pacifiquement les dirigeants au travers d'élections libres et démocratiques… ont été les facteurs déterminants pour le progrès des peuples, et ce sur tous les continents.

Dans l'immédiat, plus que des dollars ou des euros, ce sont sans doute ces libertés et ces droits qui manquent le plus au peuple Lao. Aider les Laotiens à conquérir la liberté, la démocratie et à réaliser la réconciliation nationale apparaît comme la priorité des priorités. Le temps viendra ensuite, où les Lao de l'extérieur aux côtés de leurs frères et sœurs de l'intérieur, pourront s'atteler ensemble au développement du pays, en s'appuyant sur les ressources nationales, mais aussi sur le soutien et les aides indispensables de la communauté internationale.

Mesdames, Messieurs, vos questions seront les bienvenues. Je vous remercie.