Lettre ouverte à Monsieur Guy VERHOFSTADT


Bruxelles, 13 janvier 2003
A Monsieur Guy VERHOFSTADT, Premier Ministre, 16, Rue de la Loi, 1000, Bruxelles.

Monsieur le Premier Ministre,

Au début du mois de décembre beaucoup de citoyens ont été choqués par les attaques dont le procureur Michel BOURLET a été l'objet de la part du sieur Nihoul et de son avocat. Une pétition lancée par la Coordination nationale du réseau de vigilance et de solidarité des comités blancs a recueilli en quelques jours près d'un millier de signatures de personnes manifestant leur indignation.
Bien que la plainte contre le procureur Bourlet ait été classée sans suite, nous avons l'honneur de vous transmettre le texte de la pétition qui vous était adressée ainsi que la liste des signataires, car leurs réactions porte un message qu'il n'est pas inutile, en ce début d'année, de rappeler avec force.
Il y a encore des citoyens dans ce pays pour qui la conduite de la justice doit aboutir à la vérité, et qui sont prêts à se mobiliser contre les manœuvres qui voudraient intimider ceux qui la recherche.
Nous voudrions attirer votre attention sur le fait que, 6 ans après la Marche Blanche, dans tout ce petit pays, des hommes et des femmes n'ont pas oublié que les institutions seules ne peuvent rien sans l'action d'hommes intègres et courageux, ni sans la vigilance des citoyens.
En vous priant d'agréer l'expression de notre respect, nous vous demandons d'accorder toute votre attention à cette démarche responsable et citoyenne,
Pour la Coordination Nationale du Réseau Comités blancs,
Carine 't KINT


Annexe 1. Le texte de la pétition. Annexe 2. Les listes des signataires


.Annexe 1.Lettre ouverte. Ce 30 novembre 2002.

A Monsieur Guy VERHOFSTADT, Premier Ministre, 16, Rue de la Loi, 1000, Bruxelles. A Monsieur Marc VERWILGHEN, Ministre de la Justice, Service public fédéral Justice, boulevard de Waterloo 115, 1000 Bruxelles

A Monsieur P. Marchal, premier président de la Cour de Cassation,
A Monsieur le président de la Commission sénatoriale de la Justice, Josy DUBIE,Maison des Parlementaires, Bureau 3101, Rue de Louvain, 21, 1009 Bruxelles A Monsieur le président de la Commission de la Justice de la Chambre, Fred ERDMAN, Maison des Parlementaires, 1008, Bruxelles.



Les signataires de cette lettre sont scandalisés par les récentes démarches du sieur NIHOUL et de son avocat Me De CLETY, qui viennent, ce 29 novembre 2002, de déposer plainte contre le Procureur du Roi Michel BOURLET, entre les mains du Procureur Général de Liège, Anne THILY.
Six années de patience après la Marche Blanche du 20 octobre 1996 !

Six années pendant lesquelles nous avons attendu que la justice se réhabilite aux yeux de plus de trois cent mille citoyens. Elle, qui s'était démonétisée elle-même par l'échec total de sa mission dont les conséquences directes furent la mort, dans de terribles conditions, de quatre enfants, Julie, Melissa, An et Eefje, aurait dû, selon les promesses du premier ministre de l'époque, et du roi lui-même, conduire l'affaire DUTROUX, NIHOUL et CONSORTS de telle sorte qu'au bout d' une enquête qui devait être exemplaire, irréprochable, elle puisse inspirer de nouveau le respect de tous. Après six ans nous sommes conduits à constater qu'une cascade de péripéties due à un seul homme, soutenu semble t'il par un grand nombre d'organes de presse, qui ont à son égard une complaisance suspecte, aboutit actuellement à une caricature, un cirque qui risque d'empêcher la justice de remplir son rôle dans un état de droit.
Que devient l'édifice judiciaire si tout inculpé, parce qu'il a la possibilité de porter plainte contre le représentant du ministère public, peut obtenir le dessaisissement de ceux qui ont pour mission de soutenir l'accusation contre lui ?
Outre que la plainte du sieur NIHOUL comporte en elle-même l'aveu qu'il se sent coupable devant le Procureur du Roi Michel BOURLET, et que seul le départ de celui-ci le réconforterait, elle est susceptible de réveiller la mobilisation des citoyens autour du constat d'une justice, qui après le dessaisissement du juge CONNEROTTE le 14 octobre 1996, a été incapable de restaurer son image et son autorité.
Ceux qui ont une responsabilité politique, ceux qui ont une responsabilité judiciaire, doivent être capables de montrer un sursaut ferme et salutaire. Quant à nous, nous demandons instamment au Procureur du Roi Michel BOURLET de ne pas céder, et de continuer à remplir sa fonction dans les dossiers de l'affaire DUTROUX, NIHOUL et CONSORTS, parce qu'il est un de ceux qui, pour nous, incarne mieux que quiconque l'idée d'une saine et sereine justice.