LES CHEFS D'ETAT AFRICAINS POUR LE DROIT A LA VIE ET A LA LIBERTE




SOMMAIRE: Cinq ans après la diffusion du Manifeste des Prix Nobel, la campagne du Parti radical pour l'approbation de lois qui se proposent comme objectif prioritaire de sauver de la mort par la faim des millions de personnes avait trouvé seulement, en partie, en Italie un résultat concret. Le Parlement italien avait, en effet, approuvé une somme de plus de mille milliards de dollars. Aucun acte concret, par contre, n'a été réalisé par les gouvernements et les Parlements des autres pays industrialisés de l'Occident qui maintiennent le niveau de l'aide aux pays du Tiers monde au-dessous de 0,70% du PNB. Avec le Manifeste signé, au mois de février 1986, par onze chefs d'état africains, on demandait que "soient assignés aux Nations Unies des pouvoirs et des forces pour assurer la réalisation des pactes mondiaux et interrégionaux de sécurité agricole et alimentaire".

NOUS
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qui avons été investis par les plus hautes autorités de l'Etat de nos pays qui assistent, ensemble et dans les mêmes conditions, malgré la diversité de leurs histoires, aux conséquences atroces du désordre international qui domine, qui est un désordre juridique, un désordre politique, un désordre institutionnel, un désordre économique, un désordre moral.
NOUS
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qui devons constater, étant désarmés, la transformation en une extermination épouvantable à cause de la misère et de la faim de la force - autrement - merveilleuse de la science et de la conscience humaine, capables aujourd'hui d'entreprises inimaginables dans l'univers et de révolutions humanistes et technologiques, avec la conquête, en peu de décennies, de notions plus nombreuses et plus importantes de celles accumulées durant l'histoire humaine.
NOUS
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quatre ans après le Manifeste-appel jusqu'à ce jour signé par 95 Prix Nobel, qui contribue toujours plus à animer et toujours plus doit contribuer à réaliser les objectifs, les espoirs, les luttes politiques de vie, de solidarité, d'interdépendance dans le monde.
Quatre ans après cette solennelle résolution du Parlement européen, voulue à une immense majorité par les représentants de centaines de millions de citoyens européens, qui indiquait au monde, et non seulement à l'Europe, des méthodes, des objectifs et des instruments appropriés à assurer aujourd'hui la voie du développement pour leur terre et leurs états, à travers la survie de dizaines de millions de femmes et d'hommes sur le point, autrement, d'être exterminés par la misère et par la faim.
Deux ans après l'historique résolution commune des députés européens et des représentants des 65 pays de l'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique réunis dans l'Assemblée paritaire ACP-CEE, qui demandait que la Convention de Lomé III soit destinée, en premier lieu, à assurer le droit à la vie et, en même temps et contextuellement, les droits humains, économiques, sociaux et culturels.
NOUS
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déterminés à opérer, en retenant qu'il faille immédiatement concevoir et exiger des réalisations conséquentes et appropriées même au travers d'une force cohérente à la loi morale et à celle du droit positif, désormais reconnue et rappelée par les principales institutions internationales, politiques, religieuses et par tous les peuples libres et responsables: les lois du droit à la vie et des droits humains et civils, des droits politiques, des droits à la santé, affirmés par des chartes, des traités, des déclarations, des pactes, tous non observés.
NOUS
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rappelant que le danger de l'holocauste nucléaire ne pourra être conjuré en ignorant l'atroce réalité de l'holocauste dû à la misère, la faim et l'exploitation en cours actuellement, que la réalité de la guerre depuis des décennies est quotidienne et tragique dans le Sud du monde et non seulement "menaçante" dans le Nord, comme trop de personnes semblent croire, quand elles se mobilisent contre le " danger" - et non contre la terrible réalité qui existe déjà de fait - de la guerre et de l'holocauste.
NOUS
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dans la pleine responsabilité de nos fonctions, implorant la lumière du dieu qui sous des noms divers habite et guide nos consciences, anime nos fois et nos convictions différentes et celles de tous nos peuples.

En raison et en vertu de ces prémisses
NOUS
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affirmons notre conviction et notre détermination à opérer et à exiger que l'on opère dès maintenant, pour que la plus grande partie des pays du Nord et du Sud, riches et pauvres, opulents et misérables, le plus grand nombre d'organisations et d'individus s'associent d'une manière formelle et contraignante: en associant indissolublement de façon simultanée le droit à la vie et le droit à la liberté, le droit à la paix et le droit à la justice, le droit à l'égalité dans l'interdépendance, repoussant définitivement la fausse alternative, pour soi-même et pour tous, entre le droit à la défense et à la sécurité des peuples et les droits humains et civils des personnes, entre la nécessité du développement et les exigences du droit et de la liberté.
En se donnant immédiatement des lois et des décisions qui soient partout priorité absolue pour la survie de ceux qui sont en train de mourir à cause de la faim et de la misère, à travers la reconquête de la vie, du travail, de la production de leur terre, faisant fleurir ce qu'aujourd'hui est et se développe comme un désert, arrêtant et inversant la route de l'exode désespéré et tragique par lequel se transporte et se propage la mort et non pas la vie, la misère et non le bien-être, le désordre et non l'ordre, par un grand projet - et ensuite un système de projets - l'intervention intégrée extraordinaire finalisée à ce but.
Pour donner une force cohérente à l'Organisation des Nations Unies pour la réalisation des droits et des résolutions relatives à la paix et à la sécurité internationales - avec le droit à la vie et au développement des populations victimes de l'extermination par la faim et la misère, droit subjectif qui doit être absolument considéré comme prioritaire et prédominant.
Pour que tous les gouvernements obtempèrent d'ici 1986 à la résolution du 24 octobre 1970 n.2626 attribuant 0.70% du propre PNB comme aide à la vie et au développement et prévoit des allocations additionnelles et extraordinaires pour les premiers grands projets d'intervention extraordinaire intégrée capable d'assurer la survie et le développement de millions de personnes sur le point d'être exterminées par la faim et la misère.
Pour qu'aux Nations Unies soient assignés des pouvoirs et des forces pour assurer la réalisation des pactes mondiaux et interrégionaux de sécurité agricole et alimentaire et de développement capables d'influencer et de contrôler les mécanismes pervers du protectionnisme, de la monstrueuse dette mondiale qui, désormais, menace souvent directement les économies mêmes des pays créditeurs et tend à en hypothéquer la politique générale à l'avantage des systèmes privés d'intérêts internes et internationaux souvent fondés sur des rentes de position sauvages, sur des profits iniques, sur des concentrations monopolistes et oligopolistes de production et de commercialisation.
NOUS SOUSSIGNES, en ce qui concerne les responsabilités spécifiques dont nous sommes actuellement investis, nous nous engageons à opérer pour qu'immédiatement, dans nos Etats, durant l'Assemblée générale des Nations Unies et dans les organismes et les institutions du système O.N.U. et dans tout autre siège institutionnel et politique, les objectifs énoncés soient respectés à travers les délibérations cohérentes et nécessaires et les orientations et les directives, dans cette direction, y compris celles dirigées à la Cour internationale de Justice en ce qui concerne les responsabilités de non respect et de non réalisation des engagements précédents et de ceux qui devraient être confirmés et survenir.
Liste des signataires
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M.Abdou Diouf
Président de la République du Sénégal
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M.Félix Houphouet-Boigny
Président de la République de Cote d'Ivoire
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M.Robert Mugabe
Premier Ministre de la République du Zimbabwe
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Sir Dawda K. Jawara
Président de la République du Zambia
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Général Seyni Kountche
Président du Conseil Militaire Suprême
Chef d'Etat du Niger
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Capitaine Thomas Sankara
Président du Conseil National de la Révolution
Président du Burkina Faso, Chef du Gouvernement
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Dr.Kenneth Kaunda
Président de la République du Zambia
Président de l'Organisation de l'Unité Africaine
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Général Moussa Traore
Président de la République du Mali
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M.El Hadj Omar Bongo
Président de la République du Gabon
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M.Lansana Conte
Président de la République de Guinée
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Général Gnassingbe Eyadema
Président de la République du Togo
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Dr.Quett K.J. Masire
Président de la République de Botswana
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M.Aristides Pereira
Président de la République du Cap Vert
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M.Swar Eldahab Abdel-Rahman
Président du Conseil Militaire de Transition
Président de la République du Soudan
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Capitaine Jerry J.Rawlings
Président de la République du Ghana
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M.Hissein Habré
Président de la République du Tchad
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M.André Kolingba
Président de la République Centrafricaine
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M.Paul Biya
Président de la République du Cameroun