Le non catégorique du Grand Imam d’El-Azhar, Sheikh Tantawoui

: Soheir el Imam
Le progrés

Le grand imam d’El-Azhar a reconnu dans une allocution faîte hier, lors de la conférence « StopFGM » qu’aucun texte religieux n’appelait à mutiler le corps de la femme. Tenue sous le patronage de Suzanne Mubarak, la conférence Afro-arabe « StopFGM » a invité les experts de 28 pays arabes et africaines a étudier ce dossier épineux sur l’excision des filles. Le « non » prononcé par l’Imam et Sheikh d’El-Azhar était un non catégorique, après une longue allocution autour de la clémence de la religion et de l’amour inné de l’être humain pour sa progéniture. Commentant des versets coraniques qui démontraient qu’Allah, le tout puissant, est plus proche de l’homme, plus clément et miséricordieux. L’iman a terminé ses paroles en disant « quant au khitan, mutilation congénitale des filles, le coran et la sounna n’y ont guère fait allusion. Demandez aux médecins ce qu’ils en pensent, s’ils vous conseillent de le faire, faites-le, si non faîte pas.
Au cours de l’inauguration et prenant la parole, Madame Moubarak, a déclaré que la conférence en elle-même, est un grand événement selon les militants qui défendent la femme et la fille. Elle a le mérité de toucher à un sujet tabou si longtemps ignoré et gardé sous silence. Réunis dans la grande salle d’un hôtel, les présents se faisaient une joie d’entendre enfin de si haut personnages traiter de ce sujet devant les caméras de télévisions et en présence d’un grand nombre de journalistes. Dans la salle aussi, on entendait des chuchotements répétés « il était temps ».
Le représentant du Pape Chenouda a par contre été droit au but. Montant sur le podium, il a déclaré que le taux de mortalité causé par ces pratiques barbares est effroyables ; allant jusqu’à 6000 âmes au quotidien. Son éminence a ajouté que le chiffre de celles qui souffraient à vie était dramatique et qu’il était temps d’arrêter ses mutilations. Plus axé sur l’interdiction, il a qualifié cet acte de « crime » et a souligné que ni l’ancien ni le nouveau testament n’avaient autorisé cette opération, les femmes et les filles ne devaient nullement, selon lui, subir ce genre de diminution. Dans son allocution, madame Moubarak a appelé à respecter les droits de l’homme sous toutes ses formules et exiger des représentant des 28 pays arabo-africains, dont la majeure partie sont ministres et responsables d’ouvrer pour rompre avec le silence qui étouffe ce crime intentionnel si mal vécu par la femme.
Assurant que la conférence avait pour but de revoir les lois et les structures adéquates de chaque pays, la Première Dame a souligné l’importance de l’enseignement dans la lutte contre les coutumes erronées. Pour sa part le représentant de l’ONU, à plutôt jugé que la bataille devait se faire au niveau de la conscientisation des peuples « nul loi ne peut ébranler les coutumes » a-t-il insisté.
Emma Bonino, membre du parlement européen en charge de l’action humanitaire a adressé du podium un appel à l’Imam, « veuillez répéter vos déclarations, ici faites, concernant ce sujet le plus possible » lui a-t-elle dit plusieurs fois en ajoutant. « Quand il s’agit de coutumes, ce mur si difficile à renverser, votre déclaration c’est énorme ». Au public présent, elle a ajouté sans sourire c’est un sujet « khalass », terminé.
Or la lutte de la représentante du parlement européen autour de ce thème dure depuis de nombreuses années. « Nous avons mené la lutte avec les ressortissants européens fidèles aux coutumes de leur pays d’origine, des loi sont là pour incriminer les pratiquants de cet acte montueux. Toutefois, pour eux, il fallait aller au-delà des sanctions juridiques directes, retravailler ses convictions erronées.
« Nous avons des conditions formelles que nous imposent le parlement européen dans nos rapports avec de nombreux pays en voie de développement. Nous estimons que toute violation à l’intégrité physique d’énormes fonds sont versés par le parlement européen explique-t-elle, « rien que pour cette dernière opération nous avons versé 700 milles euros ». le père ou la mère, lequel des deux est plus difficile à convaincre pour mettre fin à cette barbarie ? Cette question posée par les journalistes n’a pas surpris Moushira Khattab, secrétaire général du Conseil national pour la mère et l’enfant. « Malheureusement ce sont les vieilles femmes de la famille qui y tiennent pour elles, il s’agit de l’honneur de la fille, de sa dignité. Nous avons besoin du soutien des médias pour sensibiliser, changer et sauver des milliers de filles a-t-elle conclue.