LAOS: RAPPORT MLDH 2002


RAPPORT MLDH 2002

 

 

I - INTRODUCTION 

Population : 5 279 000 habitants

Superficie :236 800 km², entre la Birmanie, le Cambodge, la Chine, la Thaïlande et le Vietnam.

Moyenne de vie : 53,5 ans

Langue officielle : lao

Répartition ethnique : Lao (68 %), Lao Theung, incluant Khmu (22%), Lao Soung, incluant Hmong et Yao : (10 %).

République Démocratique Populaire Lao ( RDPL) depuis 1975, régime à Parti unique, le Parti Populaire Révolutionnaire Lao ( PPRL) constitué d’organisations filiales telles que le Front Lao pour la Construction Nationale, la Fédération des Syndicats Lao, la Jeunesse Populaire Révolutionnaire Lao et l’Union des Femmes Lao.

Peine de mort : OUI

Membre de l’ONU, ayant ratifié la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme  et signé en décembre 2000 le Pacte International relatif aux droits civils et politiques (PIDCP ou CCPR) ainsi que celui sur les droits économiques, sociaux et culturels ( PIDESC ou CESCR), le Laos reste un pays où les citoyens sont privés de leurs libertés d’expression, de manifestation, de religion et d’association.

Les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire obéissent aux directives du Parti unique.

Aux élections législative de février dernier, les laotiens devaient élire 109 députés parmi les différents candidats choisis et proposés par le Parti Unique de l’Etat. Selon les autorités laotiennes, 99,99 % des laotiens se sont déplacés pour choisir leurs élus et montrer qu’ils sont satisfaits à 99,99 % de leur Parti Unique et de sa politique.

La RDPL survit grâce aux aides des pays donateurs et de l’argent renvoyé au Laos par les laotiens vivant à l’étranger.

La corruption sévit à tous les niveaux et gangrène le pays.

Les prisonniers politiques, les objecteurs de conscience, les défenseurs des droits de l’homme, de nombreux chrétiens sont incarcérés dans des conditions inhumaines, dégradantes, inacceptables dans les prisons et des camps de travaux forcés.

Le recours à un système judiciaire aux standards internationaux est inexistant.

Le Ministère de l’Intérieur est l’instrument de contrôle du Parti Populaire Révolutionnaire Lao et de ses organisations filiales. La police nationale, en uniforme, veille sur la sécurité des laotiens. Le Ministère des Affaires Etrangères est responsable des étrangers travaillant au Laos et des diplomates en poste au Laos. Spécialement renforcées depuis l’année dernière, les milices et la police secrète, en civil, surveillent, contrôlent et encadrent cette même population dans les grandes villes comme dans les villages les plus reculés.

II- LIBERTES D’EXPRESSION ET DE MANIFESTATION

La RDPL ne tolère aucune opposition. Il n’est pas permis de critiquer le gouvernement ou le Parti unique. Les manifestations pacifiques pour appeler des changements démocratiques dans le pays sont interdites.

En 1990, deux membres du gouvernement communiste lao et un haut-fonctionnaire du ministère de la Justice -- MM Thongsouk SAYSANGKHI, Latsamy KHAMPHOUI et Feng SACKCHITTAPHONG, pour avoir adressé une lettre ouverte au président de la République et demandé un régime multipartite et démocratique, ont été arrêtés, envoyés dans le camp de travaux forcé N° 7 du Nord du Laos.

Le 26 octobre 1999, un début d’une manifestation pacifique organisée par plus de 500 personnes à Vientiane et autour de Vientiane, a été immédiatement suivie par des centaines d’arrestations et de disparitions dont celles de 5 leaders Thongpaseuth KEUAKOUN, Khamphouvieng SISA-AT, Sengaloun PHENGPHANH, Bouavanh CHANMANIVONG, KEOCHAY. ( voir paragraphe V)

Le 17 novembre 2000, dans la province de Champassak au Sud du Laos, une autre manifestation pacifique demandant encore des changements démocratiques, rassemblant près de 300 étudiants, enseignants, fonctionnaires, a encore été sévèrement réprimée. Une cinquantaine de personnes ont été arrêtées dont quinze noms nous ont été communiqués : Phommachanh PHANORATH, Savath KHANTHONG, Visiane BOUAPHANH, Bounma THAVISAY, Somchay PHISETH, Somphone VONGPHANH, Khamphanh NANTHAVONG, Khampha PANYA, PHETPHONGPHANH, Khamphanh KHAOSA-AT, Bay VONGSAY, Say KEOSAVANG, Bounmy NAMDY, Touy VONGSAVANG, Boungnong VANKHAM.

Le 26 octobre 2001, cinq européens du Parti Radical Transnational ont été arrêtés et incarcérés à Vientiane pendant 14 jours dans des conditions déplorables pour avoir voulu rendre hommage aux laotiens disparus du 26 octobre 1999, en distribuant des tracts et déroulant une banderole où était écrit ‘’ Démocratie au Laos’’.

Le 28 octobre 2001, à Paksé, au sud du pays, les autorités laotiennes ont arrêté plus de vingt personnes qui avaient voulu demander ‘’ démocratie et respects des droits de l’homme au Laos’. Incarcérés d’abord au centre de détention de la police spéciale de Champassak, amenés après dans un centre inconnu, ces personnes étaient des étudiants d’une école pédagogique, des enseignants, des fonctionnaires dont plusieurs travaillaient au Centre de l’Electricité de Paksé.

 

III – LIBERTE DE PRESSE

Le gouvernement exerce un monopole total sur la presse écrite et audiovisuelle.

Les quotidiens, hebdomadaires ou mensuels laotiens sont des portes-paroles de gouvernement et du Parti unique. Ils publient souvent les mêmes articles, mots pour mots.

Tous les journalistes laotiens au Laos sont des employés du Ministère de l’Information et de la Culture. Des publications en langues étrangères, comme Vientiane Times en anglais et Le Rénovateur en français, s’autocensurent ou rapportent essentiellement des traductions officielles des textes de KPL ( Khao San Pathet Lao), l’agence officielle du Ministère de l’Information du Laos . Et pourtant, Le Rénovateur est financé par la France et par un plan de développement soutenu par l’Agence Intergouvernemental de la Francophonie.

Il est interdit de critiquer la politique du Parti. Il est interdit de critiquer les pays amis du Laos tels que les gouvernements de la Birmanie, de la Chine, de la Corée du Nord, du Cuba et du Vietnam.

Les journalistes étrangers doivent avoir un visa spécial. Ce visa spécial ne permettra cependant pas d’avoir accès aux informations, de travailler librement et de voyager sans escorte officielle, un ‘’service’’ qu’il faudra, en outre, payer.

Le projet de loi sur la presse devant être étudié par cette législature fait mention d’une nouvelle ligne du Parti Populaire Révolutionnaire Lao.

L’article 2, paragraphe I, de ce projet de loi confirme que les informations doivent être ‘’ la voix du Parti et de l’Etat’’.

L’article 3, alinéas 4, paragraphe I, ‘’ interdit aux groupes ou aux individuels de se servir de leur droit d’expression pour parler ou écrire en public contre les intérêts de l’Etat’’.

L’article 4, paragraphe III, demande à la presse de ‘’ informer, faire la propagande, défendre la ligne et la politique du Parti, les lois de l’Etat... ‘’.

L’article 13, paragraphe IV, demande aux associations de journalistes de ‘’ être solidaires dans leurs professions pour servir la politique du Parti...’’.

L’article 24, paragraphe V, interdit aux journalistes de ‘’ critiquer et attaquer la RDPL’’.

Depuis le 24 octobre 2000, un décret du Comité National de l’internet du Laos interdit

‘’ à tout individu, toute organisation, toute société au Laos de mentir, de décevoir, ou de persuader les gens à l’intérieur ou à l’extérieur du Laos en vue de protester contre le Parti Populaire Révolutionnaire Lao et contre le gouvernement du Laos …… sous peine d’amende, de rééducation, d’expulsion ou de condamnation selon la loi de la RDPL’’.

Le gouvernement essaie de filtrer et de contrôler l’usage de l’internet. Le gouvernement a demandé aux propriétaires des ‘’ cyber cafés’’ de veiller à ce que leurs lieux ne soient pas fréquentés par des ‘’ mauvais éléments’’.

Dernièrement, nous remarquons de timides articles dans KPL sur la corruption des fonctionnaires désignant en particuliers les services de douane et de contribution, sur les

enseignants et les fonctionnaires ne recevant pas régulièrement leur salaire, sur l’impossibilité des jeunes à poursuivre leurs études ou à obtenir un travail parce que les places sont réservées aux enfants des membres du Parti unique.

Est -ce pour calmer la population qui ne supporte plus l’injustice et le train de vie luxueux des cadres du Parti et de leurs familles ?

Est-ce une tentative d’éviter un soulèvement social incontrôlé et incontrôlable ?

 

IV - L’ADMINISTRATION DE LA JUSTICE

Si certains articles de la Constitution (articles 30 et 31) garantissent les droits fondamentaux des Laotiens, l’article 3, en revanche, reconnaît, institue et impose le monopole du Parti unique, démontrant une incompatibilité évidente avec les valeurs démocratiques et les Conventions Internationales que la République Démocratique Populaire Lao a signées.

A - Constitution et Code Pénal : des dispositions contradictoires

1 - Si certains articles de la Constitution ( artice 30 et 31) de la RDPL (1991) garantissent les droits fondamentaux des laotiens, en proclamant que "les citoyens lao jouissent du droit à l’inviolabilité de leur personne et de leur domicile" (Art 29), que "les citoyens lao sont libres de pratiquer une religion ou de n’en pratiquer aucune" (Art 30) ou encore que "les citoyens lao jouissent des libertés d’expression orale et écrite, de réunion, d’association et de manifestation" (Art 31),

cette même Constitution de la RDPL ( 1991) stipule dans son article 3 que "le droit du peuple d’être maître de la Patrie multiethnique est exercé et garanti par le fonctionnement du système politique dont le Parti Populaire Révolutionnaire Lao constitue le noyau dirigeant".

Ce qui, de fait, reconnaît, institue et impose le monopole du Parti Communiste, démontrant ainsi une incompatibilité évidente avec les valeurs démocratiques et les Conventions Internationales que la RDP Lao a signées, ( CESCR et CCPR en 2000).

2 - Si le Code de procédure pénale de la RDP Lao ( 1990) établit des règles bien définies : droits du détenu d’être informé des accusations à son encontre, de présenter des preuves, de revoir les documents de son dossier après la clôture des investigations, d’avoir un représentant légal pour sa défense, de porter plainte sur la manière dont son cas a été mené, de faire appel (Art 18), garde à vue de 72 heures maximum (Art 46), délai maximum d'un an pour la détention provisoire (Art 50), "emprisonnement de 6 mois à 2 ans pour "quiconque arrête ou séquestre illégalement autrui" (Art 91), peine de 3 à 5 ans d'emprisonnement
en cas d' "abus de pouvoir" (Art 143),

ce même Code prévoit, en son article 59, "une peine de prison de 1 à 5 ans, quiconque fait de la propagande contre la RDP Lao, falsifie la politique du Parti et de l’Etat, propage de fausses nouvelles (…) visant à affaiblir le pouvoir de l'Etat". Quant à l’article 66, il stipule que : "quiconque organise ou participe à un rassemblement ayant pour but de manifester , de contester, dans le but de semer des troubles engendrant des préjudices à la société est puni d'un emprisonnement de 1 à 5 ans".

Il est à remarquer que ces deux articles sont utilisés pour justifier les arrestations arbitraires à l’encontre des défenseurs des droits de l’Homme, des minorités religieuses, des minorités ethniques et des opposants au Parti unique, tout ce qui constitue un danger pour le Parti unique étant considéré comme une grave menace contre la sécurité nationale et passible de peine allant jusqu’à 14 ans de prison.

 

B- Prisons : détention sans procès, tortures, corruption, absence de soins.

Les témoignages des anciens prisonniers laotiens ou étrangers, sans exception, font état d’arrestations arbitraires, de tortures, de traitements inhumains et dégradants, de corruption systématique, révélant la non-application de la procédure judiciaire légale.

1 – Incarcération plus d’an an, sans procès, violant l’article 50 du Code Pénal Lao.

Dans les prisons laotiennes, des personnes sont détenues plus d’un an, plus de 5 ans, ou plus de dix ans, sans procès, ignorant souvent la raison de leur arrestation. Pour beaucoup, les familles et les proches ne savent même pas qu’ils se trouvent en prison.

Thongpaseuth KEUAKOUN, Khamphouvieng SISA-AT, Sèng-Aloun PHENGPHANH, Bouavanh CHANHMANIVONG et KEOCHAY, les cinq leaders de la Manifestation pacifique des étudiants et enseignants du 26 octobre 1999 à Vientiane n’ont jamais pu être visités par leurs familles depuis leur arrestation dans la matinée du 26 octobre 1999. Leurs proches ignorent s’ils sont encore vivants.( Voir paragrapheV)

Des centaines de prisonniers politiques, sont en prison, sans procès, depuis plusieurs années.

De nombreux détenus étrangers : européens, africains, américains, chinois, thaïlandais, indiens, sri lankais, sans argent, ne peuvent pas contacter leur ambassade. Ainsi, dans la prison de Phonetong, banlieue de Vientiane, un Thaïlandais, croupit depuis 18 ans, sans procès, sans avoir eu la possibilité d’informer sa famille et son ambassade.

Le Mouvement Lao pour les Droits de l’Homme est en possession d’une longue liste de personnes emprisonnées dans les différentes prisons et les camps de travaux forcés au Laos.

S'agissant des Chrétiens, depuis deux ans, des intimidations accompagnées de violences et suivies d’arrestations arbitraires se multiplient, surtout hors des grandes villes.

Le Mouvement Lao pour les Droits de l’homme détient liste d’une cinquantaine de Laotiens actuellement en prison dans tout le Laos pour avoir refusé de renoncer à la pratique du christianisme, violant l’article 30 de la Constitution Lao et l’article 18 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.

2 - Les tortures commencent dès les premiers interrogatoires dans les bureaux de police.

En relation avec la Manifestation pacifique du 26 octobre 1999, Khamphet VONGSAY, 55 ans, agent de sécurité du "marché du kilomètre 52", au nord de Vientiane, a été interpellé par la milice et incarcéré à la prison de PhoneHong le 20 novembre 1999. Il a été relâché début 2000 pour être arrêté de nouveau en septembre 2000. A ce jour, sa famille ne parvient pas à savoir où il est détenu et craint qu’il ne soit déjà mort. Pendant la courte période de sa libération, Khamphet VONGSAY rapportait qu’il était isolé dans une cellule sans ouverture, avec ses deux jambes constamment bloquées dans un carcan en bois et ses deux mains menottées. Pendant des mois, il était questionné 2 à 3 fois par semaine, subissant des coups de pied ou (dépendant des humeurs du jour des autorités pénitentiaires) des coups de massue entouré de fil de fer barbelé à la tête, à la poitrine, aux genoux. Souvent, il crachait du sang et s'écroulait inconscient sous la douleur, ne pouvant plus faire usage de ses jambes.

Autre exemple, cinq Européens, membres du Parti Radical Transnational, ont été incarcérés pendant 14 jours à la prison de Phonetong à Vientiane en octobre-novembre 2001, pour avoir déroulé une banderole et distribué des tracts pro démocratie afin de marquer le deuxième anniversaire de la Manifestation du 26 octobre 1999. Durant deux jours, un député européen a eu ses jambes bloquées et ses mains menottées, un autre militant ( russe) a eu sa tête fracassée contre le mur, et un autre ( député du Piémont, Italie) a reçu des coups de pied à l'épaule. Dès que les autorités laotiennes ont eu connaissance de leurs identités, les coups se sont arrêtés.

On peut facilement imaginer les traitements infligés habituellement aux prisonniers "anonymes".

3 - La corruption est le maître du sort du prisonnier. L’argent sert de moyen pour informer sa famille ou son ambassade, pour obtenir des visites, pour pouvoir manger un peu mieux que les aliments servis en prison, pour recevoir de temps à autre des cachets d’aspirine pour soulager ses peines, pour obtenir le déplacement d’une cellule noire vers une cellule avec fenêtre, pour obtenir, quelque fois, un procès.

Une étudiante,ayant participé à la Manifestation pacifique du 26 octobre 1999 (actuellement réfugiée aux Etats-Unis) nous a confié, en octobre 2000 :

"  Il y a 3 ans, mon petit frère qui avait 20 ans a été arrêté pour un délit qu’il n’a pas commis. Aujourd’hui, il est toujours dans la prison de Samkhé. Avec maman, nous avons pu le visiter deux fois. Lui, normalement costaud, est devenu tout maigre. Il ne lui reste plus que la peau et les os. Pendant nos visites, il n’a pas le droit de lever la tête, ni de parler, mais seulement le droit de répondre à certaines questions qui nous sont autorisées à lui poser. Maman a fait tous les bureaux et services possibles pour qu’on lui fasse un procès. On lui a répondu que si elle voulait que le procès se fasse, il faudra donner 50.000 baths (monnaie thaïlandaise, soit 8.852 FF ou 1.141 US $, ou environ 8.730.000 kips ). Mon père gagnant 110.000 kips par mois, jamais nous n'aurons les 50.000 baths".

Au début du mois de juillet 2002, son frère attendait toujours son procès et arrivait à peine à marcher.

Fin septembre 2002, elle nous a avisé que son frère a été libéré, sans procès, après avoir payé un responsable de la prison 200 $ par mois pendant 2 ans.

4 - Les soins médicaux ne sont pas accordés aux prisonniers

En 1990, deux membres du gouvernement de la RDPL, Thongsouk SAYSANGKHI et Latsamy KHAMPHOUI, et un haut fonctionnaire du ministère de la Justice Fèng SAKCHITTAPHONG ont été arrêtés. Incarcérés à Vientiane, isolés dans des cellules sans lumière, ils ont ensuite été envoyés dans une prison de la province de Houaphanh, au nord du Laos dans un camp tristement célèbre pour ses cachots souterrains, ses tortures et ses traitements inhumains. En 1992, ils ont été jugés au cours d'un simulacre de procès. Très affaibli, diabétique, laissé sans soins malgré les appels de diverses organisations internationales pour les droits de l’Homme, Thongsouk SAYSANGKHI est mort en février 1998. Les deux autres, âgés aujourd’hui de plus de 62 ans, sont dans un état de santé alarmant, et se sont vus refuser tous soins médicaux. . Leurs familles ne sont pas autorisées à leur envoyer des médicaments et n'ont pu les visiter brièvement qu'à trois reprises, en 12 ans de détention.

Après avoir demandé en vain leur libération, à plusieurs reprises, le 29 mai 2002, l’UNESCO a lancé un appel public au gouvernement de la RDP Lao afin que Latsami KHAMPHOUI soit libéré à ‘’titre humanitaire’’.

Ainsi, après les tortures et les privations de soins médicaux , on laisse mourir les prisonniers. Et le rapport très documenté d’Amnesty International, publié le 26 juillet 2002, ne fait que confirmer ces exactions et ces horreurs.

Le Mouvement Lao pour les Droits de l’Homme dispose d’une liste de laotiens et des étrangers morts en prison suite aux tortures et aux privations de soins.

C- Les dysfonctionnements de la justice

Il existe une pratique arbitraire des lois par l’appareil judiciaire au Laos, violant le Code Pénal Lao, la Constitution Lao et les normes internationales, portant gravement atteinte aux fondements même de la Justice et aux droits de l’Homme. Une procédure judiciaire légale, conforme aux normes internationales est inexistante. Le droit de connaître ses propres droits et le droit à la défense ne sont pas reconnus.

* Thongsouk SAYSANGKHI, Latsamy KHAMPHOUI et Feng SAKCHITTAPHONG, arrêtés le 8 octobre 1990, ont comparu devant un "tribunal populaire" le 4 novembre 1992, accusés de "préparation à des révoltes" ( article 52), "propagande contre la RDPL" ( article 59), "réunions de masse avec intention de créer des troubles" ( article 66), et "diffamation et calomnie", "fauteurs de troubles en prison" (article 159). Ils ont toujours nié ces accusations et réclamé l'assistance de leur avocat. Des avocats laotiens et étrangers qui ont souhaité prendre leur défense ont vu leur demande rejetée. Sans avocat, sans défense, sans avoir le droit de se défendre eux-même, ils ont été condamnés à 14 ans de prison, après une parodie de "procès populaire".

* Pour les 5 Européens, arrêtés le 26 octobre 2001 et incarcérés pendant 14 jours, il a fallu la pression quotidienne du Parlement Européen et de l’Union Européenne, il a fallu un déplacement spécial de la vice-ministre italienne des Affaires étrangères à Vientiane, il a fallu le concours d'un avocat de renom, également député européen, pour obtenir un procès. Accusés notamment de "propagande calomnieuse contre la RDP Lao, falsification de la politique du parti et de l'Etat, propagation de fausses nouvelles (…) visant à affaiblir le pouvoir de l'Etat" (Art 59), et de "rassemblement ayant pour but de manifester , de contester dans le but de semer des troubles engendrant des préjudices à la société est puni d'un emprisonnement de 1 à 5 ans… " (Art 66), ils ont été jugés, condamnés et expulsés en moins de deux heures dans une procédure surprenante et inédite, dans laquelle l'avocat a plaidé avant le réquisitoire du procureur du peuple.

D – Arrestations arbitraires, disparitions.

100 000 laotiens ont été envoyés dans des goulags laotiens à partir de 1975. Plus de 30 000 personnes y ont péri assassinées ou dans la torture, parmi lesquels Sa Majesté le Roi Sri SAVANG Vatthana, Sa Majesté la Reine KHAMPHOUI, Son Altesse le Prince Héritier Vong SAVANG, des ministres, des officiers supérieurs et fonctionnaires du gouvernement royal, de nombreux représentants de la minorité Hmong et d’autres minorités ethniques.

Nous n’avons aucune preuve que les cinq leaders de la manifestation pacifique du 26 octobre 1999, Thongpaseuth KEUAKOUN, Sengaloun PHENGPHAN, KEOCHAY, Bouavanh CHANMANIVONG et Khamphouvieng SISA-A, arrêtés et disparus dans la matinée du 26 octobre 1999, sont encore vivants ou sont tous vivants. (Voir paragraphe V)

En relation avec la manifestation pacifique du 26 octobre 1999, Khamphet VONGSAY, 55 ans, gardien de sécurité du marché km 52 au Nord de Vientiane, interpellé par la milice et incarcéré le 20 novembre 1999, puis relâché début 2000 et arrêté de nouveau en septembre 2001. Est-il toujours vivant ?

Nous restons sans nouvelle des personnes arrêtées après la manifestation pacifique du 17 novembre 2000 dans la province de Paksé. : sont-ils encore vivants ? Sont-ils tous vivants ?

 

 

 

 

V - Les cinq leaders de la manifestation pacifique du 26 octobre , sont-ils encore vivants ? Sont-ils tous vivants ?

Thongpaseuth Keuakoun, né en 1960, du village de Nongsano, Sikhotabong, Vientiane,

Khamphouvieng Sisaat, né le 1 avril 1960, du village de Phonesavanh, Vientiane, Sengaloun Phengphanh, né en 1972, du village de Vattay, Vientiane,

Bouavanh Chanhmanivong, né en 1960, habitant dans le centre de Vientiane,

Kèochay , né en 1967, de Vientiane,

les cinq leaders de la manifestation pacifique du 26 octobre 1999, composée d’étudiants, d’enseignants et de fonctionnaires, appelant à des changements démocratiques au Laos, arrêtés devant le Palais Présidentiel dans la matinée du même jour, sont-ils tous vivants ?

Pendant deux ans, les autorités de la RDPL ont nié l’existence de cette manifestation, comme elles ont nié l’existence de ces cinq personnes et nié de les avoir arrêtés.

Puis, suite à l’action des cinq Européens, membres du Parti Radical Transnational, à Vientiane le 26 octobre 2001 le vice-premier ministre, ministre des Affaires Etrangères laotien, M. Somsavad Lengsavat avait laissé partir ces mots, en novembre 2001, à son homologue italien : " ces personnes seraient jugées prochainement. "

Lors de la rencontre, le 13 juin 2002 à Strasbourg, entre la Délégation du Parlement Européen chargée des relations avec les pays de l'ASEAN et une délégation de l'Assemblée Nationale de la République Démocratique Populaire Lao conduite par la vice-présidente de l’Assemblée Lao, l'absence de démocratie et les graves violations des droits de l'Homme au Laos ont été les préoccupations principales de l'ensemble des députés européens présents à cette rencontre. Au cours de cette réunion interparlementaire, les eurodéputés ont exprimé leurs vives préoccupations sur le sort des leaders du Mouvement du 26 octobre 1999.

Se perdant dans des réponses confuses et contradictoires un député lao, M. Samane SOUVANNASAO, vice-président à la Commission de lois et de justice avait, sans se rendre compte, reconnu de facto les cinq personnes en disant :

"M. Seng-Aloun (Seng-Aloun PHENGPHANH), c'est l'une des cinq personnes qui avaient été arrêtées en octobre 1999, représentant des étudiants qui manifestaient à l'époque. Ces cinq personnes qui avaient été arrêtées en octobre 1999 (…) ont été poursuivis en justice et "c'est le 29 juin 2001 qu'il y a eu un jugement".

Selon M. Samane, "ces personnes sont vivantes, elles sont emprisonnées (…) dans la prison de Samkhé.’’( à Vientiane)

A la demande de visite des détenus formulée par un député européen, M. Samane SOUVANNASAO avait opté pour une surprenante "pirouette", en faisant valoir avec embarras que ces leaders d'étudiants avaient été condamnés pour "un crime ordinaire" et que si la Délégation du Parlement Européen "demande à aller les voir, elle devrait alors aller voir plein de personnes en prison"...

Et le député lao, vice-président à la Commission de lois et de justice à l’Assemblée de la RDPL, rajoute : ‘’….. Nous avons un système politique unifié, nous n'avons pas une séparation des pouvoirs aussi stricte, mais peut-être que nous considérons que cela n'est pas particulièrement important …

A propos du refus d'autorisation à Amnesty international de se rendre en prison, là, j'imagine que c'est l'attitude politique du gouvernement en général. C'est le gouvernement qui décide qui peut se rendre, à quel moment et dans quelle prison… "

Quant à la demande de communication d'une copie du "procès verbal de toute la procédure au tribunal, dont les déclarations de la défense'' formulée par le même eurodéputé, le représentant de la délégation RDP Lao s'est contenté de répondre par une vague promesse:

" Les publications du jugement, par exemple, vous ne les trouverez peut-être pas effectivement, mais à partir de maintenant nous essayons de publier tous ces documents pour que tout un chacun puisse y accéder’’.

Le 4 octobre 2002, le vice-premier ministre et ministre des Affaires Etrangères du Laos, M. Somsavad Lengsavad, dans une interview accordée à RFA, contredisant les déclarations faites par Mr Samane SOUVANNASAO  au Parlement Européen de Strasbourg le 13 juin 2002, a de nouveau affirmé qu’il y n’ a eu aucune manifestation le 26 octobre 1999 à Vientiane . Il a néanmoins confirmé que Thongpaseuth KEUAKOUN, Sengaloun PHENGPHANH, KEOCHAY, Bouavanh CHANMANIVOING et Khamphouvieng SISA-AT ont bien été arrêtés, mais ‘’ il n’y a avait pas de manifestation, pas d’étudiants. C’étaient des créateurs de troubles sociaux ‘’. A la question demandant s’ils avait été jugés, le ministre des Affaires Etrangères répondit qu’ils ont été jugés, en 2001, mais qu’il ne se souvient plus de la date.

De telles réponses ne font qu'accroître nos inquiétudes sur le sort de ces combattants de la liberté. D'autant plus que depuis près de trois ans, aucun de leurs proches n'a pu les rencontrer. Rien ne permet de croire que ces cinq leaders sont encore vivants ou qu'ils sont tous vivants.

 

VI- LIBERTE RELIGIEUSE

Le Ministère de l’Intérieur, à travers le Front Lao pour la Construction Nationale, encadre et dirige les moines bouddhistes. Le clergé bouddhique a dû adopter une nouvelle charte en avril 1998. Le Front Lao pour la Construction Nationale exige que les moines étudient le marxisme-léninisme, envoient des rapports hebdomadaires au Ministère de l’Intérieur, obéissent aux directives du Parti de l’Etat et enseignent un "bouddhisme revu et corrigé" par le Font Lao pour la Construction Nationale.
Les laotiens sont libres d’aller à la pagode, mais maintenant, l’essentiel est de servir les intérêts du Parti unique et de soutirer de l’argent à ceux qui vont à la pagode.
Récemment, le gouvernement a autorisé plusieurs pagodes bouddhistes à recevoir des aides financières provenant de l’étranger. On incite également la diaspora laotienne à l’étranger à se mobiliser pour envoyer de l’argent à la pagode du village natal de chacun.

Malgré les différentes déclarations officielles des autorités laotiennes, la pratique du christianisme et des religions autre que le bouddhisme, est difficile, risquée, et trop souvent, impossible, a part pour le ‘’ Lao Evangelical Church ‘’ et le ‘’ Seventh –Day Adventist Church‘’ qui ont choisi de faire allégeance au Parti Populaire Révolutionnaire Lao.

Depuis deux ans, la répression des minorités religieuses a pris une autre dimension, en particuliers envers les protestants. Il est interdit de distribuer des documents religieux, autres que des documents bouddhiques approuvés par le gouvernement . Ceux qui le font sont arrêtés et condamnés pour ‘’ incitation aux troubles sociaux et à la sécurité nationale ‘’.

A la fin de 2001, suite à une visite au Laos de personnalités américaines sur les questions religieuses, la RDPL a libéré plusieurs Chrétiens, pour en arrêter d’autres immédiatement après.

Les chrétiens sont empêchés, par la force, de se rendre à leur église. Les portes des églises sont barricadées et de nombreuses églises fermées. Ces deux dernières années, plus de 100 églises existantes depuis le début du 20ème siècles au Laos ont été fermées dont toutes les églises de Hin Heup, province de Vientiane, toutes les églises de Muong Feuang, province de Vientiane, toutes les églises de Champhone, province de Savannakhet, l’église de Sayphouthong, province de Savannakhet, plusieurs églises de Songkhone, province de Savannakhet, toutes les églises de Khamkeut, province de Borikhamsay.

A Muong Feuang et Ban Nam Lao, province de Vientiane, les autorités ont démoli les 2 églises avec des bulldozers, puis ont détruit et amené tous les débris de l’église pour que aucun morceau de bois ne puisse être réutilisé.

Les Chrétiens sont forcés à renoncer, par écrit, à leur religion. Ceux qui le refusent sont arrêtés, emprisonnés, isolés et torturés.

Pour les chrétiens incarcérés à cause de leur religion, les peines de prison varient. Certains ont été condamnés à 12 ans et 15 ans de prisons pour ne pas avoir accepté de renoncer, par écrit, à leur foi, comme . Ceux qui sont libérés après avoir signé un acte de renonciation de leur religion, restent surveillés par les autorités locales et ne sont pas libres de leurs activités et de leurs mouvements.

Certains Chrétiens, prisonniers pour leur foi, sont forcés d’aller travailler pour les champs et les rizières des non Chrétiens.

Dans deux provinces, des Chrétiens, dont les autorités ont interdit de se rendre à leurs champs et leurs rizières, sont forcés de s’enfuir et de quitter leur village.

Le 20 août 2002, , les autorités ont refusé une aide australienne de développement rural au village de Viengsamay, province de Vientiane, le chef de ce village ayant laissé un villageois devenir Chrétien. Ainsi le village n’a pas pu obtenir une récompense du Parti dans la lutte contre les ‘’ mauvais éléments ‘’ et les ‘’ religions étrangères’’.


A ce jour, dans tout le Laos, plus de 100 chrétiens sont en prison pour la pratique de leur religion , principalement dans les provinces de Vientiane, Savannakhet, Luang Prabang, Luang Namtha, Phongsaly, Attapeu et dans la Zone Spéciale de Oudomsay.

Pour être libérés, les Chrétiens doivent signer un acte de renonciation à la pratique de leur religion.

En octobre 2001, dans la Zone Spéciale de Oudomsay, pour avoir pratiqué leur religion, Thongchanh a été condamné à 15 ans de prison et Gnot à 12 ans de prison.
A Sayabouri, le pasteur Thongla, constamment agressé depuis des années, a été finalement trouvé assassiné en novembre 2001.

En février 2002, dans la province de Vientiane, un autre pasteur a été emprisonné pour avoir ignoré les menaces des autorités et réparé son église.

En mars 2002, deux pasteurs ont été arrêtés dans la province de Savannakhet, pour avoir voulu, selon les termes officielles, ‘’ propager le Christianisme’’.

En avril 2002, 11 chrétiens ont été arrêtés dans la province de Bokèo, pour avoir eu, en leur possession, des Bibles et des documents religieux.

Le mois de juin 2002 a vu une vague d’arrestations de chrétiens dans plusieurs provinces du Laos.

Le 22 juin, dans la province de Vientiane, pour la pratique de la religion chrétienne, 2 hommes ont été arrêtés, dont un, torturé et gravement blessé.

Toujours en juin 2002, au village de Ban Pa Kha, province de Luang Namtha, un capitaine de police a arrêté quatre personnes de l'ethnie Yao, en les accusant de ‘’croire et faire croire aux autres Laotiens la religion de Jésus’’.

Le 13 juin 2002, une lettre signée par le vice-gouverneur et du chef de police de Muong Nong, province de Savannakhet , demandait aux autorités locales du village de Lalong Kao de délocaliser une famille d’une minorité ethnique de 12 personnes ( de 87 ans à 1 an).

Le chef de cette famille et son épouse , déjà déplacés en 1999, puis emprisonnés pendant un an, ont converti plus de 100 personnes au Christianisme et représentent une menace ‘’ de sécurité sociale’’ pour les autorités locales.

Le 18 juin, dans la province de Savannakhet, pour la pratique de la religion chrétienne, trois personnes ont été arrêtées au village de Dong Phoung. Les derniers rapports que nous avons reçus nous signalent qu’ils ont été torturés et ont leurs deux jambes bloquées en permanence dans un carcan en bois.

Le 22 juin, puis le 24 juin, également dans la province de Savannakhet, 23 autres personnes ont été arrêtées dont trois femmes.

Le Mouvement Lao pour les Droits de l’Homme dispose une liste actualisée des Chrétiens arrêtés, emprisonnés et disparus au Laos.

VII– MINORITE ETHNIQUE

La Constitution de la RDPL ( 1991) stipule que ‘’ l’Etat applique une politique de solidarité et d’égalité entre les diverses ethnies’’ ( Art. 8). Le Parti et le gouvernement ont des membres issus des minorités ethniques.

La Constitution n’autorise pas l’enseignement des langues des minorités ethniques ‘’la langue lao et l’écriture lao sont la langue et l’écriture officielles’’(Art.7).

Parmi les minorités ethniques au Laos, la minorité Hmong, formant un peu moins de 10% de la population au Laos, rencontre le plus de discriminations.

La plupart des Hmongs ont servi les américains durant la guerre du Vietnam. Il existe une importante communauté Hmong exilé aux Etats-Unis depuis 1975.

L’anti-communisme bien connu des Hmong d’une part, le fait que les Hmongs sont souvent des Chrétiens, d’autre part, font qu’ils sont regardés avec méfiance par les autorités.

Dans notre liste des personnes arrêtées et disparues pour la pratique de la religion chrétienne, beaucoup sont des Hmongs.

Utilisant comme raison les déforestations ( culture par brûlis), au nom aussi de la lutte antidrogue, des villages entiers de Hmongs et de Khmu ont été délocalisés des montagnes vers les vallées et les plaines.

Ces peuples de montagnes, ayant vécu depuis des siècles sur les hauteurs, ignorant les pratiques des cultures de riz en plaine, peu habitués à la chaleur et aux maladie des plaines, vers une autre forme de cultiver le riz, rencontrent d’énormes problèmes d’adaptation et de santé.

Les forces armées du gouvernement attaquent régulièrement les villages de Hmongs enclavés dans les montagnes de la région Spéciale de Saysomboune, tuant hommes, femmes et enfants.

 

VIII- CORRUPTION

La misère de la population qui peine avec environ 15 US$ par mois contraste avec le train de vie outrageusement luxueux des membres du gouvernement, des membres du Polit bureau et de leurs proches.

Les membres du gouvernement, du Parti et leurs proches possèdent hôtels, discothèques, menuiseries, casinos, sociétés civiles diverses, formant un réseau et un engrenage de corruption sans fin.

Le gouvernement perçoit des aides financières des pays donateurs pour lancer des campagnes contre la prostitution pendant que les familles des membres du gouvernement et du Parti sont propriétaires des discothèques employant les mineur(e)s et les poussant à faire commerce de leurs corps, d’où la difficulté extrême à combattre vraiment le trafic des mineur(e)s vers la Thaïlande. Le trafic des enfants, dès l’âge de 13 ans, concerne autant les villes que les villages et les minorités ethniques. Les restaurants, les karakoés, les ‘’  bars à bières’’ servent de façades à un commerce de prostitution d’enfants.

Des lois interdisent de couper les bois et de détruire les forêts. Au-dessus des lois, les familles des membres du gouvernement et du Parti utilisent sans pudeur les hommes et les équipements de l’Etat pour couper et détruire les bois et forêts.

Le Laos est le troisième producteur d’opium après l’Afghanistan et la Birmanie.

Le trafic du ‘’ ya ba’’ ( amphétamine), fabriqué au Laos pour être envoyé ailleurs via la Thaïlande, est devenu un fléau national parmi les très jeunes laotiens, dès l’école primaire, dans tous les milieux. Dans ce régime traité de ‘’ narco et klepto communisme’’, dans un pays où tout en permanence est surveillé et contrôlé, comment de tels trafics peuvent être possibles ?