LAOS: LES AUTORITES DE VIENTIANE INTENSIFIE LA REPRESSION DES POPULATIONS LAO-HMONG DE LA ZONE DE SAYSOMBOUNE


Strasbourg, le 14 janvier 2004. Selon des informations diffusées par des médias internationaux et relayées par le Mouvement Lao pour les Droits de l’Homme, les autorités de la République Démocratique Populaire Lao ont entrepris un véritable siège de la “Zone Spéciale de Saysomboune” et l’ont attaqué à plusieurs reprises et avec une rare violence au cours du mois de décembre. Selon ces sources, au cours des dernières semaines, près de 3.000 personnes, en majorité des enfants, des femmes et des personnes âgées, seraient mortes de faim ou sous les bombardements de l'artillerie laotienne. Il s'agit là de l'énième épisode de la féroce répression – bombardements, interdictions de tout contact avec l’extérieur, empoisonnement des rivières, épandage de produits toxiques sur les cultures, ... - dont sont victimes les milliers de Laotiens appartenant pour la plupart à l'ethnie Hmong, qui vivent ou survivent depuis 28 ans dans cette enclave de la province de Xiengkhouang. Il s’agit des mêmes populations que celles qui avaient fait l’objet de l’enquête des journalistes Thierry Falise, Vincent Reynaud et Karl Mua au cours de laquelle ceux-ci avaient été arrêtés par les autorités laotiennes et lourdement condamnés au terme d’un procès-farce.

Question d’Olivier Dupuis, député européen, radical, à la Commission:

“La Commission a-t-elle réagi officiellement à cet énième épisode de terreur des autorités de Vientiane à l’égard de ces populations Lao-Hmong ? La Commission entend-elle signifier aux autorités de Vientiane que la poursuite de la coopération EU-Laos dépendra de l’arrêt de cette campagne de répression extrêmement violente contre les Lao-Hmong et de la bonne volonté dont elles feront preuve pour faciliter l’accès de cette région aux représentants des Nations Unies et d'organisations humanitaires internationales ? Enfin la Commission n'estime-t-elle pas que la dégradation constante de la situation des droits fondamentaux au Laos et la violation systématique des principes sur lesquels se fonde l'Accord de Coopération UE-RPDL, impose la convocation immédiate d'une réunion du Conseil de coopération, initialement prévue pour le mois de novembre dernier mais qui n'a pas eu lieu "faute de questions importantes à discuter"?”

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