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L'adhésion des Etats des Balkans à l'UE s'annonce difficile
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A l'exception de la Croatie, les pays de la région cumulent trois types de handicaps.
Bruxelles de notre bureau européen. La réélection attendue, dimanche 16 janvier, du président croate Stipe Mesic devait couronner quatre années de transformation politique et économique qui ont conduit la Croatie aux portes de l'Union européenne (UE). Pour les Européens, qui se veulent les garants de la sécurité dans la région, la modernisation des pays de l'ex-Yougoslavie et de l'Albanie, stimulée par la perspective de leur adhésion, apparaît comme un test majeur.
A Bruxelles, le 17 décembre 2004, les chefs d'Etat et de gouvernement des Vingt-Cinq ont exprimé leur volonté d'ouvrir en mars les négociations d'adhésion avec la Croatie et leur conviction que "l'avenir des pays des Balkans est dans l'Union européenne". Toutefois, à l'exception de la Slovénie, entrée dans l'Union en mai 2004, et de la Croatie, ces pays sont encore loin de répondre aux critères européens. Leur intégration s'annonce plus difficile que celle des dix Etats, dont huit ex-communistes, devenus membres en 2004.
Afin de préparer leur entrée, l'Union a mis en place un "processus de stabilisation et d'association", c'est-à-dire une politique de soutien aux réformes jugées indispensables à leur adhésion. Cette assistance, accompagnée d'une importante aide financière, concerne tous les domaines de l'action publique. Elle doit permettre la signature d'accords de stabilisation et d'association avec les pays qui auront suffisamment avancé dans la voie des réformes. De tels accords ont été conclus avec la Croatie et la Macédoine. Ils sont en cours de discussion avec l'Albanie. Avec la Bosnie et la Serbie, on n'en est aux études de faisabilité.
L'UE s'appuie sur l'expérience des négociations avec les pays d'Europe centrale, mais elle constate que les problèmes posés par les Etats des Balkans sont nettement plus ardus. Une chercheuse britannique, Judy Batt, estime, dans une récente publication de l'Institut d'études de sécurité (Chaillot Paper, n°70), que ces Etats se distinguent de ceux qui ont adhéré en 2004 sur trois points, au moins.
L'HÉRITAGE DES GUERRES
Le premier porte sur leur culture politique. Les pays des Balkans, à part la Croatie, ont tous appartenu à l'Empire ottoman. On peut se demander, dit-elle, dans quelle mesure cet héritage les différencie des pays issus de l'empire des Habsbourg. "La question de savoir si cette région fait vraiment partie de l'Europe et si elle peut s'y intégrer n'est pas nouvelle", ajoute-t-elle. Certes, il ne faut pas tomber dans le piège du déterminisme historique, contredit par l'exemple de la Grèce, de la Bulgarie et de la Roumanie. Mais l'un des effets de cette longue tradition est que ces peuples, au contraire de ceux d'Europe centrale, sont sceptiques à la fois sur leur "vocation européenne" et sur la volonté de l'Europe de les accueillir.
La deuxième différence, explique Mme Batt, concerne la nature de ces Etats. "Seuls les Etats-nations ont réussi l'épreuve de l'intégration européenne", écrit-elle, citant le sociologue bulgare Ivan Krastev. Or ni les pays de l'ex-Yougoslavie ni l'Albanie ne sont vraiment assurés de leur identité nationale. La Serbie est doublement fragilisée par la faiblesse de ses liens avec le Monténégro et par l'incertitude du statut futur du Kosovo. La Bosnie-Herzégovine, placée sous protectorat, n'a pas surmonté ses divisions. L'éclatement de la Macédoine a été évité in extremis. Même l'Albanie est menacée par ceux qui rêvent d'une "grande Albanie". Sans doute les pays d'Europe centrale ont-ils dû affronter des situations analogues, comme le prouvent, entre autres, la séparation de la République tchèque et de la Slovaquie ou les revendications des minorités hongroises, mais ces questions ont été résolues sans violence ni conflits armés.
Le troisième handicap des Balkans est l'héritage des guerres des années 1990, qui les ont isolés du reste de l'Europe, ont détruit leur économie et ravagé leur société. Les conséquences de ces affrontements sont la cause principale des difficultés actuelles. Au-delà des dévastations matérielles, les guerres ont donné aux militaires un pouvoir excessif et enrichi une poignée de potentats locaux qui n'ont pas intérêt à la pacification. L'une des conditions posées par l'Union à l'adhésion de ces Etats est qu'ils coopèrent activement avec le Tribunal international de La Haye.
Sous la pression de l'UE, les Etats devenus membres en 2004 sont passés par les phases successives de la stabilisation, de la transition et de l'intégration. Il en va de même de la Bulgarie et de la Roumanie, qui adhéreront en 2007. Pour l'Albanie et les pays de l'ex-Yougoslavie, note Judy Batt, ces trois phases doivent être simultanées, afin de se renforcer l'une l'autre.
***
Stipe Mesic devrait être réélu en Croatie
Le président sortant, le centriste Stipe Mesic, devrait remporter facilement le deuxième tour de l'élection présidentielle en Croatie, dimanche 16 janvier, indique un sondage publié vendredi 14 janvier. M. Mesic est crédité de 56,2 % des voix, contre 24 % pour Jadranka Kosor, la candidate conservatrice du parti au pouvoir, selon ce sondage, réalisé auprès de 1 157 personnes, pour le compte du quotidien Jutarnji List et de la chaîne privée RTL. M. Mesic, 70 ans, avait raté de peu une victoire dès le premier tour de scrutin, le 2 janvier, avec 48,92 % de suffrages. La vice-premier ministre Jadranka Kosor, 51 ans, avait obtenu 20,3 % de voix. Mme Kosor est la candidate du parti de la Communauté démocratique croate (HDZ). M. Mesic a succédé en 2000 à Franjo Tudjman, qui a dirigé la Croatie d'une main de fer depuis son indépendance en 1991 et jusqu'à sa mort en décembre 1999. Fondé par Franjo Tudjman, le HDZ, rénové en un parti conservateur proeuropéen, a fait son retour au pouvoir lors des législatives de novembre 2003. - (AFP.)
Bruxelles de notre bureau européen. La réélection attendue, dimanche 16 janvier, du président croate Stipe Mesic devait couronner quatre années de transformation politique et économique qui ont conduit la Croatie aux portes de l'Union européenne (UE). Pour les Européens, qui se veulent les garants de la sécurité dans la région, la modernisation des pays de l'ex-Yougoslavie et de l'Albanie, stimulée par la perspective de leur adhésion, apparaît comme un test majeur.
A Bruxelles, le 17 décembre 2004, les chefs d'Etat et de gouvernement des Vingt-Cinq ont exprimé leur volonté d'ouvrir en mars les négociations d'adhésion avec la Croatie et leur conviction que "l'avenir des pays des Balkans est dans l'Union européenne". Toutefois, à l'exception de la Slovénie, entrée dans l'Union en mai 2004, et de la Croatie, ces pays sont encore loin de répondre aux critères européens. Leur intégration s'annonce plus difficile que celle des dix Etats, dont huit ex-communistes, devenus membres en 2004.
Afin de préparer leur entrée, l'Union a mis en place un "processus de stabilisation et d'association", c'est-à-dire une politique de soutien aux réformes jugées indispensables à leur adhésion. Cette assistance, accompagnée d'une importante aide financière, concerne tous les domaines de l'action publique. Elle doit permettre la signature d'accords de stabilisation et d'association avec les pays qui auront suffisamment avancé dans la voie des réformes. De tels accords ont été conclus avec la Croatie et la Macédoine. Ils sont en cours de discussion avec l'Albanie. Avec la Bosnie et la Serbie, on n'en est aux études de faisabilité.
L'UE s'appuie sur l'expérience des négociations avec les pays d'Europe centrale, mais elle constate que les problèmes posés par les Etats des Balkans sont nettement plus ardus. Une chercheuse britannique, Judy Batt, estime, dans une récente publication de l'Institut d'études de sécurité (Chaillot Paper, n°70), que ces Etats se distinguent de ceux qui ont adhéré en 2004 sur trois points, au moins.
L'HÉRITAGE DES GUERRES
Le premier porte sur leur culture politique. Les pays des Balkans, à part la Croatie, ont tous appartenu à l'Empire ottoman. On peut se demander, dit-elle, dans quelle mesure cet héritage les différencie des pays issus de l'empire des Habsbourg. "La question de savoir si cette région fait vraiment partie de l'Europe et si elle peut s'y intégrer n'est pas nouvelle", ajoute-t-elle. Certes, il ne faut pas tomber dans le piège du déterminisme historique, contredit par l'exemple de la Grèce, de la Bulgarie et de la Roumanie. Mais l'un des effets de cette longue tradition est que ces peuples, au contraire de ceux d'Europe centrale, sont sceptiques à la fois sur leur "vocation européenne" et sur la volonté de l'Europe de les accueillir.
La deuxième différence, explique Mme Batt, concerne la nature de ces Etats. "Seuls les Etats-nations ont réussi l'épreuve de l'intégration européenne", écrit-elle, citant le sociologue bulgare Ivan Krastev. Or ni les pays de l'ex-Yougoslavie ni l'Albanie ne sont vraiment assurés de leur identité nationale. La Serbie est doublement fragilisée par la faiblesse de ses liens avec le Monténégro et par l'incertitude du statut futur du Kosovo. La Bosnie-Herzégovine, placée sous protectorat, n'a pas surmonté ses divisions. L'éclatement de la Macédoine a été évité in extremis. Même l'Albanie est menacée par ceux qui rêvent d'une "grande Albanie". Sans doute les pays d'Europe centrale ont-ils dû affronter des situations analogues, comme le prouvent, entre autres, la séparation de la République tchèque et de la Slovaquie ou les revendications des minorités hongroises, mais ces questions ont été résolues sans violence ni conflits armés.
Le troisième handicap des Balkans est l'héritage des guerres des années 1990, qui les ont isolés du reste de l'Europe, ont détruit leur économie et ravagé leur société. Les conséquences de ces affrontements sont la cause principale des difficultés actuelles. Au-delà des dévastations matérielles, les guerres ont donné aux militaires un pouvoir excessif et enrichi une poignée de potentats locaux qui n'ont pas intérêt à la pacification. L'une des conditions posées par l'Union à l'adhésion de ces Etats est qu'ils coopèrent activement avec le Tribunal international de La Haye.
Sous la pression de l'UE, les Etats devenus membres en 2004 sont passés par les phases successives de la stabilisation, de la transition et de l'intégration. Il en va de même de la Bulgarie et de la Roumanie, qui adhéreront en 2007. Pour l'Albanie et les pays de l'ex-Yougoslavie, note Judy Batt, ces trois phases doivent être simultanées, afin de se renforcer l'une l'autre.
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Stipe Mesic devrait être réélu en Croatie
Le président sortant, le centriste Stipe Mesic, devrait remporter facilement le deuxième tour de l'élection présidentielle en Croatie, dimanche 16 janvier, indique un sondage publié vendredi 14 janvier. M. Mesic est crédité de 56,2 % des voix, contre 24 % pour Jadranka Kosor, la candidate conservatrice du parti au pouvoir, selon ce sondage, réalisé auprès de 1 157 personnes, pour le compte du quotidien Jutarnji List et de la chaîne privée RTL. M. Mesic, 70 ans, avait raté de peu une victoire dès le premier tour de scrutin, le 2 janvier, avec 48,92 % de suffrages. La vice-premier ministre Jadranka Kosor, 51 ans, avait obtenu 20,3 % de voix. Mme Kosor est la candidate du parti de la Communauté démocratique croate (HDZ). M. Mesic a succédé en 2000 à Franjo Tudjman, qui a dirigé la Croatie d'une main de fer depuis son indépendance en 1991 et jusqu'à sa mort en décembre 1999. Fondé par Franjo Tudjman, le HDZ, rénové en un parti conservateur proeuropéen, a fait son retour au pouvoir lors des législatives de novembre 2003. - (AFP.)
Inscriptions et contributions 2013
| Giuseppe R. Roma | 590 € |
| Salvatore P. Capistrello | 200 € |
| Giancarlo B. Torino | 30 € |
| Marco B. Merano | 20 € |
| Davide B. Prato | 50 € |
| Giuseppe P. Grottammare | 50 € |
| Maurizio T. Roma | 1.000 € |
| Rosa A. Firenze | 590 € |
| Giuliano G. Sondrio | 590 € |
| Sergio Pasquale R. Cremona | 500 € |
| Total | 326.746 € |
Inscriptions et contributions (online) 2013
Revue de presse
12/01/2005
Le Monde
Rafaële Rivais
Bruxelles menace de retarder l'adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie
13/12/2004
Caucaz-Europe News
Anne-Marie Mouradian
Union européenne -Turquie: quel impact pour le Sud-Caucase ?










