La succession de Kofi Annan esquissée au Conseil de sécurité de l'ONU


Le monde

Le Conseil de sécurité des Nations unies a procédé, lundi 24 juillet, à un premier vote "blanc" sur les quatre candidats officiels au poste de secrétaire général de l'organisation. Les discussions visent à trouver un successeur à Kofi Annan, dont le mandat expire le 31 décembre. Aucune indication n'a été donnée sur les résultats de ce vote indicatif.

Les quatre candidats officiels sont tous originaires d'Asie, de nombreux pays estimant qu'après M. Annan, un Ghanéen, le poste doit aller à un Asiatique, en vertu d'une règle tacite d'alternance entre les groupes géographiques. Il s'agit du ministre des affaires étrangères sud-coréen, Ban Ki-moon, du diplomate sri-lankais Jayantha Dhanapala, du premier ministre adjoint thaïlandais, Surakiart Sathirathai, et du secrétaire général adjoint de l'ONU chargé de la communication, l'Indien Shashi Tharoor.
Le vote, qui s'est déroulé à bulletins secrets, présentait aux quinze pays membres du Conseil trois options pour chacun des concurrents : "encourager" sa candidature, "ne pas l'encourager", ou se dire "sans opinion".
L'ambassadeur des Etats-Unis, John Bolton, a indiqué que ses collègues des pays ayant présenté un candidat seraient informés de son score, ainsi que de la tendance générale du vote, "afin qu'ils puissent en tirer les conclusions qu'ils voudront". Ce vote, a-t-il ajouté, peut ouvrir la voie "à la présentation d'autres candidatures ou au retrait d'une ou plusieurs des candidatures existantes". Jean-Marc de La Sablière, ambassadeur de France à l'ONU, qui préside le Conseil ce mois-ci, a indiqué que pour le moment aucun nouveau vote blanc n'était programmé.

RÔLE PRÉPONDÉRANT DES CINQ "GRANDS"
Les deux diplomates, de même que leurs treize collègues du Conseil, se sont refusés à donner la moindre indication sur le résultat du vote, conformément à un accord passé entre eux. Ils ont notamment refusé d'indiquer si l'un des quatre candidats émergeait du lot.
Ce vote blanc constitue une première étape dans un processus qui devrait mener à la sélection d'un nouveau secrétaire général de l'ONU, si possible fin septembre ou début octobre, a encore indiqué M. Bolton.
Aux termes de la Charte des Nations unies, le secrétaire général est élu par l'Assemblée générale, mais sur recommandation du Conseil de sécurité, dont cinq des quinze membres sont permanents et dotés du droit de veto (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie). Dans la réalité, ce groupe des cinq "grands" a un rôle prépondérant.
Plusieurs diplomates ont indiqué que le Conseil souhaitait que d'autres candidats se manifestent, tout en démentant qu'un tel souhait signifie un manque d'enthousiasme vis-à-vis des quatre concurrents actuels.