La Commission des Droits de l'Homme de l'Onu épinglée

Irwin Arieff
Reuters

Nations Unies. Une instance nommée par le Secrétaire général de l'Onu pour proposer des réformes a accusé la Commission des Droits de l'Homme de se détourner de son objectif de défense des droits et de chercher plutôt à protéger ses membres accusés d'exactions.

La Commission, où sont représentés 53 pays, souffre d'une "érosion de sa crédibilité et de son professionnalisme", dit le rapport du groupe, qui a formulé mardi 101 recommandations.

Il préconise que la Commission soit élargie afin que chacun des 191 membres de l'Onu y dispose d'un siège, que son budget soit augmenté et que 15 experts indépendants complètent son personnel.

En outre, les gouvernements devraient nommer des spécialistes des droits de l'Homme pour siéger à la Commission, à Genève, et non des diplomates professionnels.

Les membres sont élus pour trois ans par l'Assemblée générale de l'Onu et les candidatures sont le plus souvent présentées par des blocs régionaux.

Parmi les membres actuels figurent Cuba, le Pakistan, l'Arabie saoudite, le Soudan et le Zimbabwe, qui font tous l'objet de critiques pour leur gestion des droits de l'homme.

Nombre de pays en développement affirment que les pays occidentaux pointent des exactions pour des raisons politiques et ils rejettent nombre de résolutions dirigées contre l'une ou l'autre nation.

Ils soulignent que les résolutions dénoncent le plus souvent des pays en développement mais que les exactions des gardiens américains à la prison irakienne d'Abou Ghraïb n'ont pas été évoquées.

Reste à voir si des résolutions critiquant des atteintes aux droits de l'homme seraient plus facilement adoptées par une Commission élargie.

La semaine dernière, des gouvernements hostiles aux résolutions épinglant un pays pris séparément ont fait front commun à l'Assemblée générale de l'Onu pour rejeter des résolutions dénonçant les atteintes aux droits de l'homme au Zimbabwe et au Soudan.

Les pays visés avaient fait valoir que les Européens et les Américains nourrissaient des arrière pensées politiques en proposant ces textes.