(EU) PE/FEMMES: APPEL À SIGNATURES POUR LA LUTTE CONTRE LES MUTILATIONS GÉNITALES FÉMININES - EMMA BONINO INSISTE SUR LE RESPECT DES DROITS HUMAINS DE LA FEMME


Agence Europe

Bruxelles, 12/12/2002 (Agence Europe) - Dans le cadre de la campagne "Stop MGF: campagne internationale pour éradiquer la pratique des mutilations génitales féminines 2002/2003", lancée en coopération avec huit ONG africaines et le Réseau européen pour l'élimination des pratiques nuisibles, les associations internationales Aidos et No Peace without Justice (dont le Secrétaire général est l'élu européen de la Lista Bonino Gianfranco Dell'Alba) ont organisé les 10 et 11 décembre, à Bruxelles, une conférence intitulée "Stop aux mutilations génitales féminines". A cette occasion, un appel a été lancé pour lutter contre cette coutume "qui porte atteinte aux droits et à la dignité de millions de femmes dans le monde". L'appel est parrainé notamment par les députées Mary Banotti, Emma Bonino, Anna Karamanou, Elena Valenciano ainsi que par Rashida Al Hamadani (Directrice générale de l'administration du Comité national des femmes, Yémen), Maître Mame Bassine B.Niang (Ministre-Commissaire aux Droits de l'Homme, Sénégal) et Edna Adan Ismail (Ministre des Affaires familiales et du Développement social, Somaliland).
On compte aujourd'hui dans le monde environ 130 millions de femmes ayant subi des mutilations génitales féminines, une pratique traditionnelle répandue dans 28 pays africains et certains pays asiatiques, et chaque année plus de 2 millions de fillettes et jeunes filles en sont victimes. Les signataires de l'appel demandent principalement: 1) aux chefs d'Etat, aux gouvernements et aux parlementaires des pays où les MGF se pratiquent traditionnellement de garantir le respect des droits des femmes et des petites filles et de légiférer pour que les MGF soient considérées comme une violation des droits fondamentaux de la personne humaine; 2) aux gouvernements et aux parlementaires des pays d'accueil d' harmoniser le cadre législatif existant en matière de MGF, de considérer la possibilité d'octroyer des permis de séjour et une protection aux victimes de cette pratique et de reconnaître le droit d'asile aux femmes, jeunes filles et petites filles risquant de subir des MGF.
"Le problème des MGF est un problème principalement africain qui doit trouver des solutions africaines", mais "les droits des femmes doivent être interprétés d'une manière large, et ne sont limités par des frontières géographiques", a insisté devant la presse Emma Bonino, parlementaire européenne et ancienne Commissaire à l'aide humanitaire. La présidente de l'Association italienne Femmes et Développement (Aidos), Daniela Colombo, a affirmé que "cette campagne a une valeur ajoutée à tout ce qui se passe en Afrique et dans les pays occidentaux", en signalant qu'un portail avait été créé (www.stopfgm.org) afin de mettre en réseau toutes les informations sur cette pratique. Pour Edna Adan Ismail (Somaliland), "l'objectif est que nos générations mettent un terme aux MGF." "C'est un problème international, vos hôpitaux sont remplis de nos femmes et de nos enfants qui souffrent de telles mutilations", a-t-elle averti. La représentante de l'association de femmes nigérianes TAMWA a appelé à "sensibiliser les hommes pour qu'ils disent non à ces mutilations", et l'Ambassadrice Moushira Khattab (Egypte) a souligné: "Il y a violation des droits des petites filles qui n'ont rien à dire (…). La médicalisation du problème tout comme l'approche religieuse s'avèrent inefficaces. Seule une approche sociale et culturelle peut apporter des résultats". Selon elle, "la Commission doit jouer un rôle actif dans la mise en oeuvre de cet appel, mais cette campagne ne doit pas être une campagne européenne importée en Afrique". Pour Maître Mame Bassine B.Niang (Sénégal), "cette campagne doit être menée comme celles qui ont abouti à l'abolition de la peine de mort".