Droits de l'homme. La Chine demande aux USA de réfléchir


Reuters

La Chine a demandé aux Etats-Unis vendredi d'y "réfléchir à trois fois" avant de soutenir une résolution critiquant les droits de l'homme en Chine lors de la session annuelle de la Commission des droits de l'homme des Nations unies le mois prochain. Lorne Craner, le secrétaire d'Etat adjoint pour la démocratie, les droits de l'homme et le travail, avait annoncé le mois dernier que les Etats-Unis envisageaient sérieusement de soutenir une résolution contre les pratiques de la Chine en matière de libertés publiques. Cette décision a été confirmée mercredi par un haut fonctionnaire américain. "Nous sommes contre la demande par les Etats-Unis d'une résolution contre la Chine sur les droits de l'homme à la session de la Commission des droits de l'homme", a déclaré le ministère des Affaires étrangères chinois dans un communiqué. "Nous espérons que les Etats-Unis réfléchiront à trois fois avant d'agir et utiliseront des moyens constructifs pour gérer les différends de la façon qui convient de façon à maintenir la stabilité et le développement des relations bilatérales et la coopération sur les questions régionales et internationales".

Les relations entre les Etats-Unis et la Chine, souvent tendues par des désaccords sur les droits de l'homme, le commerce et Taiwan, se sont améliorées ces dernières années. La Chine a soutenu la campagne mondiale des Etats-Unis contre le terrorisme et amené la Corée du Nord à la table des négociations multilatérales sur la question de ses ambitions nucléaires. La Commission des droits de l'homme, dont le siège est à Genève, entame le 16 mars sa session annuelle qui doit durer six semaines. Un blâme de la Commission met en lumière la conduite d'un pays, mais ne débouche pas sur des sanctions concrètes. Les Etats-Unis n'avaient pas soutenu de résolution contre la Chine l'an dernier en raison des importantes réformes entrprises par Pékin.

Mais, en l'absence de la matérialisation des promesses de changement, les Etats-Unis envisagent de déposer une résolution sur la Chine, et, même si elle n'est pas votée, les griefs auront au moins été exposés, a expliqué un fonctionniare à la presse. Lorne Craner estime particulièrement préoccupantes les dernières arrestations de militants pour la démocratie, d'avocats qui défendent les dissidents ou de militants anti-sida. Selon Amnesty International, plusieurs centaines de milliers de personnes sont détenues en Chine en violation des libertés fondamentales. La torture et les mauvais traitements sont courants et la liberté d'expression et d'information très limitée.