Deux responsables chrétiens arrêtés à Xépone. La répression religieuse continue


Mouvement Lao pour les Droits de l'Homme

Deux responsables chrétiens ont été arrêtés pour la pratique de leur foi, à la mi-août 2006 dans le district de Xépone, dans le sud de la République démocratique populaire Lao (RDPL), selon des informations fiables parvenues au Mouvement Lao pour les Droits de l'Homme (MLDH).

Selon ces informations, M. A-KOUAM, 60 ans, et M. A-VIENG, 35 ans – responsables de la communauté chrétienne au village de Ban Saveth, forte d'une centaine de fidèles appartenant à la minorité ethnique Tri -- ont été arrêtés le vendredi 11 août 2006, quelques jours avant la fête de l'Assomption, et sont actuellement détenus à la prison de Xépone, province de Savannakhet.

Selon ces mêmes sources, l'arrestation et l'incarcération des deux responsables chrétiens par les autorités provinciales avaient pour but "d'empêcher la propagation de la religion chrétienne dans la région, notamment auprès des minorités ethniques".

Ces tristes faits démontrent, une fois encore, que la liberté de croyance reste extrêmement limitée en RDPL, en dépit des affirmations publiques des dirigeants du régime, et que les religions minoritaires restent la cible d'intimidations, de tracasseries, de menaces, d'arrestations, et très souvent de violences tant physiques que morales.

Le Mouvement Lao pour les Droits de l'Homme exprime sa vive indignation et condamne fermement ces nouvelles violations des droits fondamentaux de la population laotienne, contraires aux Conventions internationales signées par la République démocratique populaire Lao, et contraires à l'article 30 de la Constitution de la RDPL traitant de "la liberté religieuse".

Le MLDH demande avec insistance aux dirigeants de la RDPL, en particulier au nouveau Premier ministre M. Bouasone BOUPHAVANH, de mettre fin à toute répression religieuse dans le pays, et de libérer, immédiatement et sans conditions, MM. A-KOUAM et A-VIENG, ainsi que tous les prisonniers détenus en raison de leur opinion ou de leur croyance.

Le Mouvement Lao pour les Droits de l'Homme appelle les pays donateurs, en particulier l'Union Européenne et ses Etats membres, les Nations Unies, les Etats-Unis, le Japon, l'Australie, l'ASEAN et les Institutions financières internationales, à reconsidérer leurs relations avec la RDPL et à accentuer leur pression, y compris économique, sur ce régime totalitaire afin que la liberté de croyance et les droits fondamentaux des Laotiens soient pleinement respectés.