Conseil des droits de l'homme des Nations Unies: Déclaration d'Antonio Stango


Conseil des droits de l'homme des Nations Unies
XXIème session (10-28 Septembre 2012)
Article 3 - Débat général, 14 septembre
 
Merci Monsieur le Président.
Le Parti Radical Nonviolent Transnational et Transparti apprécie beaucoup la possibilité d'interagir avec l'ensemble des agences de l'ONU attachées à la promotion des droits de l'homme. Nous saluons en particulier la nomination d'un Rapporteur Spécial pour la promotion de la vérité, la justice, la réparation et la non-répétition. Nous considérons d'une grande importance le droit à la vérité en tant que droit de l'homme coutumier qui relève d'une pratique diffusée, soutenue par une considérable opinio juris.
 
Jusqu'à présent, le droit à la vérité a été officiellement appliqué dans au moins deux cours: en Argentine (cas Hairabedian) et au Brésil (Lund contre Brésil).
 
Selon le NRPTT le droit de connaître la vérité sur des événements publics et institutionnels trouve une application explicite dans le contexte de la guerre en Irak, initiée en 2003 par George Bush et Tony Blair.
 
À cet égard, nous croyons qu'il est nécessaire de souligner et de soutenir l'important travail de l'«Enquête Irak» (Iraq Inquiry), présidée par Sir John Chilcot au Royaume-Uni.
De même aux Pays-Bas en 2009, la "Commissie Davids" a enquêté sur l'implication des troupes néerlandaises.
 
En outre, certains politiciens influents australiens ont récemment appelé à la réalisation d' une enquête similaire, basée sur le modèle Chilcot.
 
Ces enquêtes peuvent être considérées comme des «commissions vérité» qui sont ou ont été impliquées dans la reconstitution des événements tragiques dans plusieurs pays, par exemple les commissions vérité en Afrique du Sud, saluées par des personnalités telles que l'archevêque Desmond Tutu, qui a déclaré récemment que G. Bush et T. Blair devraient être jugés pour leur actions envers l'Irak.
 
Malheureusement, ces études ont également montré que les gouvernements détiennent des informations qui sont essentielles pour établir la vérité, par le biais des catégories connues comme «informations classifiées». Par exemple, Blair a seulement parlé pour la première fois explicitement d'un changement de régime le jour même de l'invasion de l'Irak.
 
De la même manière, la vérité devrait être également recherchée sur le gouvernement de Berlusconi, qui a soutenu l'invasion, bien qu'il se soit officiellement engagé auprès du Parlement italien à promouvoir l'exil de Saddam Hussein.
 
Ces commissions constituent une occasion pour les gouvernements de promouvoir activement la recherche de la justice et de la vérité, et la meilleure façon d'obtenir la non-répétition consiste en premier lieu à établir la vérité.
 
C'est la raison pour laquelle nous voulons exprimer notre soutien au Rapporteur Spécial, M. Pablo De Greiff;  nous souhaitons travailler avec lui et avec tous les acteurs et toutes les agences des Nations Unies impliqués dans la promotion de la vérité.